‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 41 sur 407 · UP CG CP · texte numérisé non relu

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DE SON ÉPOQUE FLORENTINE. 53 indique l’époque de l'exécution de cette Sainte Famille, c’est-à-dire l’année 1506, et cette date était autrefois marquée, dit-on, dans la bordure du vêtement de la Vierge sur sa poitrine.

Ce n’est pas à dire cependant que cette Sainte Famille atteigne la perfection du dessin de la Mise au tombeau; au contraire, les deux enfants de la Sainte Famille laissent à désirer sous le rapport du dessin, mais il est possible aussi qu'on doive attribuer à la restauration subie par le tableau une partie de ces critiques.

Nous savons par Vasari que Raphaël peignit cette Sainte Famille à Florence pour Domenico Canigiani , et nous voyons par l’Inventario delle robe della Tribuna dal 1589 al 1634, que les princes de la famille de Médicis le possédèrent ensuite. Voici comment ce tableau y est décrit: — «41589, fol. 30. Un quadro in tavole d’una nostra Donna con figlio in collo, S. Anna, un S. Giov. e S. Giuseppe, alto Br. 2 4/2, larg. 2 1/8, di mano di Raff da Urbino. »

Il est catalogué deux fois dans des inventaires postérieurs; dans celui de 1635 et dans celui de 1638, en ces termes: «41635. Fol. 48. N° 477. Una Madonna a sedere con nostro Sig. a sedere in collo nudo et mostra ragionare con S. Giovanni tenuto in collo da S. Elisabetta et un san Giuseppe ritto appoggiato a un bastone con più angiolini in aria, di mano de Raffo da Urbino. Alto Br 2 1/2 largo Br. 2 1/8 il tutto in cirea. »

Le mariage d'Anna Maria, fille de Cosme LIL, avec Johann Wilhelm, électeur du Palatinat, fit entrer ce tableau, comme présent de fiançailles, dans la galerie de Dusseldorf et de là à la Pinacothèque de Munich.

Il fut malheureusement très-usé par le nettoyage que lui fit subir un Français, restaurateur de tableaux, nommé Colin, qui avait entrepris ce travail sous la direction de l'inspecteur Grégoire, depuis valet de chambre de l’électeur Karl Theodor. Les anges notamment furent tellement gâtés, que plus tard le directeur de la galerie, Krahe, se crut obligé de les faire disparaître entièrement, en les couvrant du tou du ciel.

Gravures : par Giulio Bonasone, avec cinq anges dans les nuages (Bartsch, t. XV, p. 128, n° 65) ; — par René Boivin, du côté opposé, avec des changements dans le paysage et six anges dans le haut (le monogramme du graveur se trouve dans le bas à droite), petit in-fol. ; — par Gius. Calendi, avec les anges, in-fol. ; — par J.-Th. Prestel, au pointillé, petit in-fol.— De même, sans les anges, par Cossé; — par K. Russ, du côté opposé, avec des changements dans le paysage et cinq anges; aquatinta, in-fol.; — par Carl Hess, 1804, sans les anges, petit in-fol.; — par Samuel Amsler, 1836, sans les anges, grand in-fol. — Une gravure, laquelle toutefois nous est inconnue, a été décrite dans le Catalogue de Tauriscus Euboeus (comte Lepel), avec cinq anges à gauche (?), et portant cette inscription : Sacra Christi Familia, in Roma, presso Agapilo Franzetti a Torsaguigna. — Très-faible, par un anonyme, dans l’Almanach du Bas-Rhin (allemand), de 1802, in-12. — Les têtes lithographiées séparément, par F. Piloti; cinq feuilles in-foi.

PEINTURES DE RAPHAEL Dessins pour ce tableau.

a). Une composition dessinée à la plume pour les deux femmes et les enfants se trouve dans la collection Albertine à Vienne. GRAYÉ : par Bartsch. — Lith. par Fendi.

b). Une autre composition à la plume, pour tout le-groupe, se trouve dans la collection Reéiset à Paris. — Le saint Joseph tourné à droite, dans ce dessin, est un peu trop grand en comparaison des autres figures.

Un troisième dessin , sur papier bleu, de la collection Gelosi, actuellement à Oxford, n’est pas authentique. Il en est de même d’un quatrième dessin, qui se trouvait dans la maison Cavaceppi à Pérouse. Ce dernier dessin est très-soigneusement terminé à l’aquarelle et rehaussé de blanc. Il est cité dans l’Antologia pittorica (p. 69) et dans le Guida al forestiere per la citlà di Perugia, 1784 (p. 258). Pungileoni dit que ce dessin est ün calque ; que l’auditeur Filippo Cavaceppi le donna plus tard à l’archevêque Berioli à Urbin, et que celui-ci le donna, en 1818, à la princesse Charlotte de Galles.

Anciennes copies.

Il existe plusieurs anciennes copies de ce tableau. La plus remarquable est celle du marchese Carlo Rinuceini à Florence. Ce fut par l’entremise du peintre Ignatius Hugford, que le marquis Rinuccini acquit cette copie en 1767, de la famille Antinori de San Gaetano, pour la somme de 16,000 scudi, dit-on. C.-F. von Rumohr dit que le tableau du marquis Rinuccini est une copie dans la manière néerlandaise et que cette copie est bien au-dessous de l’original conservé à Munich. De plus, selon M. von Rumobhr, ce tableau aurait beaucoup souffert et serait tout barbouillé de retouches. II ne croit pas, bien entendu, à l'authenticité de l'inscription : A. D, DXVI. DIE XXVII. MEN. MAR., qui s’y trouve, et qui a été certainement ajoutée par un faussaire dans un but de tromperie.

Une autre ancienne copie se trouve encore dans la sacristie de l’église San Frediano à Florence.

Une troisième copie, peinte par Sassoferrato, était dans la galerie Lucien Bonaparte. (Voy. Choix de gravures à l'eau-forte d’après les peintures, etc. de la galerie de Lucien Bonaparte, n° 23).

Nous avons rencontré chez le sculpteur Bystroem, à Stockholm, une quatrième copie, avec des changements dans le paysage.

Une petite copie ancienne, à l’aquarelle sur papier, que nous avons vue au garde-meuble du grand-duc à Florence, fut probablement faite au moment où l'original allait être envoyé en cadeau de noces à l'électeur Jean Guillaume.

Enfin nous citerons encore un semblable dessin, colorié à l’eau, qui était, dit-on, autrefois dans la collection de l’empereur Rodolphe II à Prague et qui s’est trouvé dans la succession du comte Franz von Sternberg

Manderscheid. H, 41”; 1. 8” 7°”. Voy. le Stuttgarter Kunstblatt, du 22 mars 1832.

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