‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 64 sur 407 · Le Jugement de Salomon · texte numérisé non relu

Le Jugement de Salomon

Petite peinture du plafond, sur fond d’or.

A droite, Salomon, assis sur son trône, vient de prononcer le jugement. Un jeune homme, vu de dos, tient, de la main gauche, l'enfant qu'il va couper en deux. Sur le devant, la fausse mère est à genoux, tandis que la vraie mère accourt pour empêcher l'exécution de la sentence.

Gravures : Remy Vuibert, 1635, petit in-folio. — P. Scalberg, 1637. A l’eau-

forte. Petit in-folio. — Nic.-F. Bocquet, 1690, in-folio. — Pietro Anderloni sculp., 1845, grand in-folio. — Au trait, par Franc. Giangiacomo.

Études pour le tableau.

a.) Une esquisse à la pointe d’argent se trouve dans la collection d'Oxford.

b.) Une esquisse de Ja femme à genoux au premiér plan est dans la collection Albertine, à Vienne. +

c.) Une petite copie de ce tableau, par Nicolas Poussin, se trouve dans la collection Lamberg, à l’Académie de Vienne.

11. Alexandre le Grand faisant déposer les œuvres d'Homère dans le tombeau d Achille.

L'un des deux tableaux en grisaille, sous le Parnasse, à gauche.

Le jeune conquérant, debout à droite, ordonne à un homme barbu de mettre un volume dans un sarcophage, dont le couvercle est soulevé par un Jeune homme presque nu. Six guerriers se tiennent debout derrière Alexandre ; et à gauche, on voit six hommes, dont trois regardent avec Curiosité dans le tombeau.

Depuis Bellori jusqu’à Montagnani, on a cru que cette belle composition représentait la découverte des livres sibyllins dans le tombeau de Numa Pompilius. Bartsch décrit ainsi la gravure de Marc-Antoine, d’après ce tableau : « Alexandre fait déposer les œuvres d’Homère dans le sarcophage de Darius. » Mais nous adoptons l'explication qu'Ernest Platner a donnée

le premier dans sa Description de Rome, explication satisfaisante sous tous les rapports.

GRAVURES : Marc-Antoine. Bartsch, t. XIV, n° 207. — Cop. À. Dans le bas : Rafa. Vrb. Inue. — Cop. B, du côté opposé. — Cop. C, du côté opposé, à l’eauforte, sans aucune signature. — Étienne de Laulne; petite feüille. H. 8”, 8”; 1. 5”. — Landon, n° 158,

Un dessin à la sanguine, d’une très-belle exécution, d’après la gravure de Marc-Antoine, fut vendu 400 florins à la vente du feu roi de Hollande, et passa en Angleterre.

72. L'empereur Auquste défendant de brüler l’Énéide de Virgile.

Peint à grisailles, sous le Parnasse, à droite,

L'empereur couronné de lauriers s’avance vers Plautius Tucea et Varius, amis de Virgile, et les empêche de jeter dans les flammes, selon les dernières volontés du poëte, son poëme inachevé de l’Énéide, On voit huit autres figures à droite.

Taja crut reconnaitre, dans cette composition, la destruction des livres des Sibylles ; Bellori accepta, sans examen, l'explication donnée par Taja; mais des écrivains postérieurs mirent en avant une nouvelle explication que nous avons adoptée.

La plupart des auteurs italiens de nos jours, qui ont écrit sur les arts, se sont ligués, en quelque sorte, pour attribuer à Polidore de Caravage toutes les grisailles de Raphaël et de son école ; c’est une opinion que Montagnani avait avancée au sujet de la grisaille que nous venons de décrire. Cette opinion n’a pourtant pas le moindre fondement, puisque, selon Vasari, Polidore de Caravage ne vint à Rome que sous Leon X, alors que son maître, Raphaël, était occupé à peindre les Loges, et quand déjà depuis longtemps la décoration de la Stanza della Segnatura était achevée.

Nous ne connaissons qu’une gravure d’après cette composition ; elle se trouve dans l'ouvrage de Montagnani sur les Stances.

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