‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 17 sur 214 · PAN ET LE PETIT SATYRE · texte numérisé non relu

PAN ET LE PETIT SATYRE

Un petit Satyre tient de la main droite une grappe de raisin, et de la main gauche cherche à en introduire un grain dans la bouche de Pan. Le dieu champêtre est assis à terre, au pied d’un arbre. Il pose une de ses mains sur l’épaule de l’enfant, et de l’autre il porte un vase, sans doute rempli de vin. On reconnaît tout de suite, dans cette figure aux pieds de chèvre, au nez épaté, avec des cornes au front, le plaisant bouffon du cycle de Bacchus. Rien de plus fin, rien de plus spirituel que cette réminiscence qui semble empruntée aux petits bronzes antiques les plus précieux. Quant au jeune Satyre, il appartient à cette nombreuse famille d’enfants potelés et vigoureux dont

\ . On voit, avec cette signification, dans quelques grands cratères antiques, des masques d’une beauté extraordinaire. — Voir la coupe dite des Ptolémées. (Clarac, pl. cxxvn.)

2. Barlsch désigne cette estampe sous ce titre : Le Satyre et l’Enfant. Mais ce prétendu Satyre est un Pan, tandis que l’enfant a tous les caractères d’un petit Satyre. — Bartsch, t. XIV, n° 281. n- 3

le caractère se révélait d’une manière précoce par une malice immodérée. A peine né, il montre à l’égard de Pan sa supériorité naturelle, et se permet avec lui toute espèce de familiarité. Quand on regarde cet enfant, on se rappelle aussitôt la mine moqueuse du petit Satyre dans le bas-relief Giustiniani1, et en même temps on reste sous le charme des grandes beautés dont Raphaël a été si prodigue envers l’enfance dans la plupart de ses compositions. Ici nul doute n’est possible, et le nom du Sanzio est écrit pour tous, au bas de cette estampe, à côté du nom de Marc-Antoine.

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