‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 35 sur 214 · Bartsch, t. XIV n · texte numérisé non relu

Bartsch, t. XIV n

HAPHAEL ET L’ANTIQUITÉ.

qu’on les regarde davantage. Le corps du jeune homme est d’un dessin irréprochable; la nymphe montre, par le mouvement qui l’entraîne, l’inclination de son cœur; et le petit Amour est ravissant.

Ailleurs, c’est un jeune berger qui surprend une jeune fille et l’arrache au sommeil 1. Rien de plus délicat que ces deux petites figures. Plus les sujets sont difficiles et scabreux, plus le Sanzio y apporte de ménagements, de délicatesse et de goût.

Les preuves par lesquelles Raphaël a manifeste sa prédilection pour les enfants sont innombrables et infiniment touchantes. Avec quelle verve il a surpris les affections, les naïves douleurs, les joies et les jeux de l’humanité naissante! Quand on regarde cette nuée d’Amours qui semblent nés spontanément et comme d’eux-mêmes, on est convaincu que le Sanzio dessinait d’instinct ces délicieux petits êtres, en se laissant aller à son penchant naturel. « Apelle, dit Pline, avait une « habitude à laquelle il ne manquait jamais : c était, « quelque occupé qu’il fût, de ne pas laisser passer un « seul jour sans s’exercer en traçant quelques dessins2. » D’où le proverbe : Nulla dies sine linea. De même, Raphaël dut, tous les jours de sa vie, dessiner des enfants ; il y trouvait certainement du bonheur; son esprit et son âme se reposaient ainsi, et puisaient à cette source féconde la fraîcheur et l’inspiration.

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