‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 42 sur 214 · UN HOMME TERRASSANT UN LION · texte numérisé non relu

UN HOMME TERRASSANT UN LION

Ce n’est pas Hercule aux prises avec le lion de Némée, car le héros grec étouffa son adversaire 1 ; ce n’est pas non plus Samson, car le douzième juge d’Israël était très -jeune encore quand il terrassa le lion. Ce sera, si l’on veut, un gladiateur dans la force de l’âge. C’est avant tout un dessin conçu tout à fait dans le goût de l’antique. L’athlète est vu de profil et nu. Il a plié sous son genou les reins vigoureux de la bête féroce, et de ses deux mains il brise la mâchoire redoutable. Le mouvement est d’une impétuosité terrible. Les traits sont animés; tous les muscles sont tendus, il n’en est pas un qui ne prenne part au combat, et les bras sont d’une force à laquelle rien ne peut résister. Pour bien saisir la variété du génie de Raphaël , il faut placer un dessin comme celui-ci à côté des nombreuses études de vierges et d’enfants. On re-

1. Une gravure, trop insuffisante pour qu’on puisse juger du dessin original, attribue à Raphaël une composition oii I on voit Hercule étouffant le lion de Némée. Hercule est vu de face; le lion, vu de dos, saisit avec ses griffes la cuisse du héros. (Bartsch, t. NIÉ

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