‹ Raphaël (volume 2)Chapitre 9 sur 100 · JOUEUR DE LUTH · texte numérisé non relu

JOUEUR DE LUTH

(Université d'Oxford.)

qucvillées, sur lesquels sont assises les divinités de l'Olympe, ou de ces chars microscopiques écrasés sous le poids des personnages qu'ils supportent !

Les fresques du « Cambio » étaient, selon toute vraisemblance, complètement terminées en l5oo. Après diverses pérégrinations, le Pérugin revint se fixer à Florence, où nous le retrouvons en i5o2.

La critique s'est ingéniée à démêler, dans les ouvrages sortis, de 1499 à l502, de l'atelier du Pérugin, la main du maître et celle de l'élève.

Si, devant un certain nombre de peintures, les connaisseurs les plus exercés éprouvent quelque embarras, il est difficile, par contre, lorsqu'il s'agit de dessins, de confondre les productions de l'élève avec celles du maître : celles-ci sont infiniment plus archaïques. Considérez, par exemple, la position des pieds chez le f^-3 X$£) iî Pérugin et le manque d'équilibre W?."*^t qui en résulte : jamais Raphaël n'a poussé l'invraisemblance à

ce point. Autre différence caractéristique : les plus beaux dessins du Pérugin abondent en négligences de toute sorte. Raphaël, au contraire, a, dès le début, apporté dans ses moindres travaux l'esprit de scrupule et de probité auquel il est resté fidèle jusqu'à la fin.

Il serait fastidieux de passer en revue tous ceux des dessins de Venise, de Lille, d'Oxford, dans lesquels Raphaël s'est inspiré de son maître (il lui a pris, entre autres, la technique de ses dessins à la plume, avec leurs hachures serrées, leurs effets vigoureux). Tantôt il copie ses cartons, voire ses esquisses; tantôt il met à contribution ses peintures mêmes. Dans ce pieux travail d'assimilation, il s'applique à la fois à reproduire les physionomies souffreteuses, qui sont comme la signature du Pérugin, et ses draperies chiffonnées ou tourmentées à l'excès. Le corps humain lui-même ne lui apparaît qu'à travers les leçons du Pérugin.

En résumé, lorsque Raphaël se sépara de son maître,

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en i5o2, il avait appris de lui tout ce que le vieil Um-

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(Académie de Venise.) brien pouvait lui enseigner. La peinture à l'huile et

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