LA TRINITE. EGLISE DE SAN SEVERO, A PEROUSE
Raphaël à Florence (suite) : Portraits. — Retour à Pérouse en i5o5 : la fresque de San Severo ; le Retable de Saint-Antoine; la Madone Ansidei. — Nouveau voyage à Urbin vers i5o6 : Portraits. — Les Trois Grâces. — Voyage à Bologne. — Retour à Florence. — La Mise au tombeau. — Départ pour Rome.
ans ce chapitre, il nous faut revenir en arrière pour étudier, d'une part, les compositions — autres que les Madones — exécutées par le jeune maître; de l'autre, les ouvrages destinés à l'Ombrie; car, pendant toute cette période, l'existence de Raphaël est partagée entre les compositions sacrées et les compositions profanes, de même qu'elle l'est entre Pérouse, Urbin et Florence.
En même temps que Raphaël cherchait à renouveler l'idéal de la Vierge et de l'enfant Jésus, il s'efforçait de représenter avec plus de fidélité la nature vivante et de lutter avec elle sur un terrain où tout ce qui s'appelait noblesse, poésie, imagination, ne lui serait plus d'aucune utilité, et où il serait réduit au seul secours de son pinceau : je veux parler de ce genre difficile entre tous, le portrait. Nous l'avons vu reproduire par le crayon ou par la plume, avec une précision que ne désavoueraient pas les réalistes modernes, les modèles destinés à lui fournir les types nécessaires à ses compositions religieuses, sauf à modifier ses esquisses au moment de procéder à l'exécution de l'œuvre définitive; ici cette ressource lui faisait défaut. Placé devant un modèle déterminé, il n'avait
plus le droit de sacrifier ou d'altérer le moindre détail : la ressemblance physique était la première des conditions qui s'imposaient à lui, et cependant son