‹ Raphaël (volume 3)Chapitre 88 sur 105 · LA PETITE SAINTE FAMILLE DU LOUVRE · texte numérisé non relu

LA PETITE SAINTE FAMILLE DU LOUVRE

jadis, étend les mains pour saisir les fruits que lui apporte le petit saint Jean. La joie qu'il laisse éclater rappelle les plus gracieuses d'entre les idylles composées à Florence. Mais l'influence romaine reprend tous ses droits dans les figures de sainte Anne et de la Vierge. Malgré la tendresse qu'elles montrent l'une pour l'autre (Marie a passé le bras autour du cou de sa mère), ainsi que pour l'enfant,

elles ont une gravité, une élévation, que l'on chercherait en vain dans les compositions de la période antérieure.

Un riche paysage, orné de ruines, au milieu desquelles on aperçoit saint Joseph, encadre la scène si vivante et si recueillie du premier plan. A l'époque à laquelle Raphaël y travaillait, les lauriers des peintres flamands semblent l'avoir empêché de dormir. Nous l'avons déjà vu, dans la Délivrance de saint

ÉTUDE POUR LA SAINTE FAMILLE DE FRANÇOIS Ie (Musée des Offices.)

Pierre, rechercher les effets de lumière les plus compliqués. Même préoccupation dans la Madonnd delï hnpannata du palais Pitti. Dans la Perle, enfin, ces tendances nous ont valu un superbe effet d'aurore, devant lequel Vasari déjà s'est extasié, et qui nous montre que le Sanzio, avant tout attaché à sa réputation de peintre, n'entendait rester étranger à aucun des secrets, à aucun des raffinements du coloris.

Dans le tableau du Louvre, célèbre depuis plus de trois siècles sous le nom de Sainte Famille de François Pr (i5i8), Marie se présente également à nous

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