‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 208 sur 327 · TREIZIÈME ARCADE · texte numérisé non relu

TREIZIÈME ARCADE

IJ Adoration des bergers. — L'Adoration des mages. — Le Baptême du Christ. — La Sainte Cène.

Douze petites fresques en camaïeu doré, placées sous les socles des fenêtres, complétaient le vaste cycle de la Bible de Raphaël. Ces compositions, aujourd'hui presque entièrement détruites, ont pour auteur Perino del Vaga : onze d'entre elles représentent des sujets tirés de l'Ancien Testament [Dieu sanctifiant le Dimanche, — le Sacrifice d'Abel,

— V Arc-en-ciel, etc.); la douzième a pour sujet la Résurrection du Christ. On en trouvera la description dans l'ouvrage de Passavant.

L'ornementation des Loges passe à juste titre pour le plus éclatant triomphe de la peinture décorative. L'harmonie de l'ensemble n'est égalée que par l'infinie variété des détails. Tantôt on admire une netteté absolument classique, tantôt la fantaisie domine; d'un coup de baguette, l'ordonnateur de ces merveilles sait nous transporter dans un monde

enchante. Les arts, l'industrie, la nature, ont été également mis à contribution; les grotesques alternent avec les paysages, les fleurs avec les poissons et les oiseaux (d'après Vasari, Jean d'Udine introduisait dans ses décorations une foule d'animaux rares faisant partie de la ménagerie de Léon X), les armes avec les instruments de musique, les tableaux de genre avec les scènes mythologiques. On chercherait en vain, dans le vaste domaine des impressions plastiques, une note qui ne résonne pas dans cette symphonie sans rivale. Pour en renforcer

JIJSKl'll EXPLIQUANT LES SONGES DE 1- H A R A O N

encore l'etîet, le maître a appelé la sculpture au secours de la peinture : d'innombrables bas-reliefs se développent sur les pilastres, dans les embrasures, sur les voiltes, mariant le ton mat du stuc aux couleurs éclatantes prodiguées de tous côtés.

Les ornements des Loges consacrent le principe que Raphaël inaugura, vers la même époque, dans ses cartons de tapisseries : à ses yeux, la bordure est indépendante du tableau principal et ne relève que de la fantaisie de l'artiste. Le temps n'est plus où il se croyait obligé de mettre les sujets de la prédelle en rapport avec ceux du retable; il a hâte de s'assurer un cadre dans lequel il puisse déverser le trop-plein

Page 1