PETRARQUE
poétique d'Horace et l'élève de la poétesse Myrtis de Béotie. De Pétrarque, on ne voit que la tête, qui est presque de face, tournée légèrement vers la gauche, coiffée de la cape et parée du laurier dont elle fut couronnée à Rome le jour de Pâques de l'année 13/;!. Les traits, réguliers et nobles, empreints de bienveillance et de sérénité, révèlent un homme parvenu à son apogée moral aussi bien qu'à tout son développement physique. Les yeux, qui regardent vers la gauche, sont intelligents et doux. Les joues sont soigneusement rasées; un certain embonpoint leur donne l'apparence de la santé, mais ne leur imprime rien de lourd. L'ombre et la lumière enfin se posent avec calme sur ce beau visage, dont le sentiment est grave, mélancolique même, sans tristesse cependant. Si ce portrait est vrai de tous points selon la nature, c'est que la nature avait été prodigue de ses dons en faveur de Pétrarciue.
Que Raphaël ait voulu, dans cette figure, représenter Pétrarque, cela ne paraît pas douteux, tant la tradition est constante relativement à ce portrait, tant aussi le visage du poète se rapproche d'un type universellement convenu. Raphaël a-t-il trouvé des documents originaux? N'a-t-il pas eu lui-même sa part, sa très grande part, dans la création d'une image presque conventionnelle, qui a passé depuis pour authentique? Il est difficile de le dire avec précision. Il n'en est malheureusement pas du portrait de Pétrarque comme de celui de Dante. Si les preuves sont irrécusables en faveur de celui-ci, elles sont sans valeur pour celui-là.
Simone Memmi% au point de vue des relations amicales, a pu être pour Pétrarque ce que Giotto avait été pour Dante. Pétrarque, dans deux de ses sonnets^ et dans une de ses lettres familières % témoigne de son intimité avec Simone. Sur la demande de Pétrarque, Memmi avait fait le portrait de Laure. Peut-être fit-il aussi celui de Pétrarque; mais, si ce portrait a existé, qu'estil devenu? Le portrait généralement cité comme celui de l'auteur des Sonnets j, dans la fresque représentant r Eglise militante et l'Eglise triomphante h Santa-Maria- Novella\ est d'une authenticité plus que douteuse. En admettant que cette fresque soit de Simone Memmi ^