Quant à Julien, il n'avait alors que quinze ans
2. Ugolino Verini a consacré un poème élégiaque en vers Matins à Lucrezia Donati ; Politien Ta célébrée sous le nom de
Lucrezia ; Valori dit qu'elle descendait de Curtio Donati.
3. Clarice était ûlle de Jacopo Orsini. Elle mourut en 4488. Son frère, Rinaldo Orsini, fut archevêque de Florencr; et eut pour successeur Côme Pazzi, Gli de Bianca Medici et neveu de Laurent.
Cesare Petrucci et Giorgio Ginori ont facilement raison de cet acte de rébellion, que le malheureux Nardi paie aussitôt de sa tête. L'année suivante (1471), Sixte IV est élu pape et Laurent s'empresse d'aller le complimenter à Rome. Il est nommé trésorier pontifical, les sources d'alun de la Tolfa lui sont données et il acquiert à vil prix les joyaux réunis au Vatican par Paul II ; mais Sixte IV affecte de ne voir en lui qu'un marchand et lui refuse la pourpre, qu'il sollicitait pour Julien. Une haine implacable surgit alors entre les Rlédicis et les délia Rovere. En llli72, le sac de Volterre suscite de nouveaux ennemis à Laurent*. Quelques années après, les Pazzi proposent au pape et aux neveux du pape, Pierre et Jérôme Riario, de confondre leurs griefs et de s'unir pour en tirer vengeance * . La conjuration éclate en plein dôme de Florence, pendant l'office divin , le î26 avril 1478, avec la complicité de l'archevêque Salviati. Au moment de l'élévation, les conjurés se précipitent sur les Médicis, tuent Julien, mais ne font que blesser Laurent, qui parvient à s'échapper'.
4. La ville de Volterre se prétendit lésée dans ses droits par le privilège accordé aux Médicis sur les solfatares d'alun et se révolta. Elle fut assiégée, capitula, ouvrit ses portes, et, contre la foi jurée, fut mise à sac par ordre de Laurent de Médicis. Cette manière de triompher de ses ennemis et de s'en venger au prix d'un parj ure fit partie de l'héritage politique que Laurent légua à Léon X.
2. On a dit que Laurent de Médicis avait injustement empêché les Pazzi de recueillir un héritage qui leur venait des Borromées, afin de s'opposer à l'agrandissement de leur fortune et d'éviter qu'ils renouvelassent ce qu'avaient tenté jadis les Albizzi.
3. Le condottiere pontifical Montesecco, à qui avait été confié le
Florence aussitôt prend les armes, et les assassins, traqués comme des fauves, sont impitoyablement massacrés. Presque en même temps, Sixte IV, comme pour affirmer sa complicité, lance une bulle contre rÈtat florentin et s'allie au roi de Naples pour envahir la Toscane. Laurent voit d'un œil sûr l'imminence du péril, et, par un trait de génie, le conjure. Il court à Naples, se livre lui-même à un ennemi qui faisait profession de grandeur d'âme, et le place ainsi dans l'alternative de triompher sans honneur ou de se couvrir de gloire en lui ouvrant les bras. Le roi de Naples, en effet, reçut Laurent avec les plus grands honneurs. Il l'entendit avec admiration dépeindre l'état politique de la malheureuse Italie, et voulut avoir désormais pour allié celui dont la veille encore il méditait la perte. Sixte IV, à la nouvelle de ce revirement, fut épouvanté, et, voyant d'un autre côté les Turcs qui menaçaient la Péninsule, il fit la paix avec Laurent. La conjuration des Pazzi eut de désastreux effets pour ce qui restait des libertés publiques à Florence. Les ennemis des Médicis furent enfermés dans la forteresse de Volterre, tandis qu'aux seuls partisans de Laurent fut restreint le droit de suffrage. L'omnipotence de Laurent fut dès lors incontestée. Fondée sur la terreur, elle s'appuyait aussi sur une sorte d'idolâtrie populaire. Le des-
meurtre de Laurent, fui saisi d'horreur en présence de cet homicide sacrilège et refusa l'entreprise. W ne la paya pas moins de sa vie. Ce fut Maffei, frère de Thislorien Raffaele de Volterre, qui fut chargé de tuer Laurent et qui le manqua.
potisme régnait sous le masque de la république ; au nom de la liberté, tous les droits étaient confisqués, et le peuple, qui se paie de mots sans comprendre les choses, acclamait avec enthousiasme le maître qui l'avait enchaîné.
Laurent, d'ailleurs, sut couvrir de fleurs le joug sous lequel il avait courbé ses compatriotes. Florence était devenue, grâce à lui, le centre littéraire de l'Europe. Poète et savant lui-même, il eut avec lui les savants et les poètes. Passionné pour les arts, les artistes aussi l'eurent en grande affection. Au lieu du classique panem et circemes, il donna au peuple des fêtes, où brillèrent l'esprit et le goût. « Son génie, si vigoureux et si flexible, dit Pic de la Mirandole, semblait avoir été formé pour réussir dans tous les genres. » Les Sonnets^ ^ les Selve d'amore*y VAmbra^, la Caccia col falcone^y les Orazioni e Laude^ ^ YAUercazione^y la Nencia da Barberino'^ , la Rappresentazione di
\ . Les sonnp.ts de Laurent de Médicis, mêlés de canzoni et de sestine, sont tous consacrés à Tamour.
2. Poème en octaves rimées, qui fut imilé par Benivieni, Serafîno d'Aquila, Politien, Lodovico Martelli, etc.
3. Ambra est le nom d'une petite île formée par la rivière d'Ambro, près de la maison de Laurent, à Poggio a Cajano. La destruction de cette résidence par un débordement de l'Ambre forme le sujet du poème.