Marullus, un des favoris de Laurent, épousa Alessandra
dyle, s'efforcent de vulgariser la langue grecque. Leonardo Aretino et Warsile Ficin traduisent en latin Platon, Xénophon et Plutarque. Grâce à Bernardo Cennini, rimprimerie s'établit à Florence* : les œuvres de Virgile, avec les commentaires de Servius, sont publiées en 1472; viennent presque aussitôt les Dispuiationes camaldulenses de Cristoforo Landino*, qui publie aussi les œuvres d'Horace en 1483% tandis que Chalcondyle et Cretensis s'attachent à Homère, dont la première édition, dédiée à Pierre de Médicis, fils de Laurent, paraît en 4488. Laurent réunit à grands frais des médailles et des inscriptions, confie à Politien le soin de classer toutes ses collections, et, pour les compléter, fait fouiller la Péninsule, la Grèce et l'Orient par des savants tels que Hieronimo Donato, Ermolao Barbare, Paolo Cortesi, Jean Lascaris, etc. Il confie la garde des sceaux de la république à Bartolommeo Scala, digne successeur des Benedetto Accolti, des Poggio Bracciolini, des Carlo Marsuppini, des Leonardo Aretino et des Coluccio Salutati * . Luca Signorelli, Sandro Botticelli, Dome-
Scala, renommée pour sa science. Alessandra élait aimée de Politien. De là vinrent les querelles entre ers deux savants.
4. Rernardo Cennini, orfèvre florentin, fut assisté de ses deux Gis, Domenico et Pietro.
2. Ces disserlalions critiques sur les ouvrages de Virgile furent dédiées à Frédéric de Montefeltro, duc d'Urbin.
3. Politien joignit à cette édition une ode en Thonneur d'Horace.
4. Coluccio Salutati, que Poggio nomme « le père commun et le
nico Ghîrlandajo, Cosimo Rosselli, Filippino Lippi, Francesco d'Agnolo, Donatello, Verrocchio, Beiiedetto da Majano, Mino de Fiesole, Antonio Pollajuolo, Baccio Pintelli, Léon-Baptiste Alberti, Giuliano da San- Gailo*, sont ses peintres, ses sculpteurs et ses architectes de prédilection.
^ A la fin de sa vie, Laurent de Médicis avait conquis un tel renom de sagesse et d'habileté, qu'on le regardait comme l'arbitre de toutes les grandes affaires de la Péninsule. La paix de Bagnolo, qui sauva la maison d'Esté en 1484, fut son œuvre ; le roi de Naples, menacé par les barons insoumis, lui dut ep i486 la pacification de ses États; et Boccolino dei Gozzoni qui, révolté contre Innocent VIII, allait ouvrir la marche d'Ancône aux Turcs en 1487, fut ramené par lui dans le devoir. Cependant, à cette grande situation politique il préférait les lettres, les arts, la philosophie, et il feignit de vouloir se démettre de la toute-pnissance ; mais les Florentins voyaient en lui la sauvegarde des intérêts matériels dont ils étaient esclaves désormais, et si quelques républicains osaient encore lever la tête, le peuple aussitôt se précipitait contre eux. En 1481, un certain Frescobaldi tente de tuer Laurent, et il est
maître de tous les savants », avait été secrétaire de la république au commencement du w* siècle.
4. Laurent de Médicis, tout en aimant et en protégeant Baccio Pintelli et Léon-Baptiste Alberli, n'employa guère que Giuliano da San-Gallo, auquel il Gt faire le couvent des Âugustins, en dehors de la porte San-Gaiio, et la villa de Poggio a Gajano.
impitoyablement massacré. Baldinotto Baldinotti renouvelle cette tentative en 1485, et son sort est le même. Laurent de Médicis fut à la fois un grand oppresseur et un grand corrupteur ; mais ce qui plaidera toujours pour lui, c'est que son règne fut pour Florence un temps de prospérité sans pareille et d'incomparable splendeur. Le gouvernement absolu n'était-il pas devenu celui qui convenait le mieux dès lors aux Florentins? Sur le point de mourir, Laurent fit appeler Savonarole ; mais, dès que le moine lui parla dedonnerau peuple la liberté, il lui tourna le dos comme à un utopiste, et l'événement bientôtlui donna raison, Laurent le Magnifique mourut le 8 avril 1494, âgé seulement de quarante-quatre ans, dans cette résidence de Cargegi où, trente années auparavant, était mort aussi Côme, son illustre aïeul. Son fils Pierre, incapable de porter le fardeau du pouvoir, fut forcé de fuir devant la révolution triomphante ; et, quatre ans après, Savonarole, abandonné à son tour par ce même peuple qui l'avait acclamé, paya de sa vie la généreuse tentative qu'il avait faite contre l'impossible. . . Laurent le Magnifique avait eu de Clarice Orsini sept enfants : Pierre, né en 147!, qui épousa en 1487 Alphonsine Orsini et succéda à Laurent en 1494; Louise, qui avait été fiancée à son cousin Jean de Médicis^; Madeleine, mariée en 1487 à Francesco Cibo; Lucrèce, mariée à Jacopo Sal-
4. Jean de Médicis fut le père de Giovanni délie Bande Nere. Son aïeul avail été Laurent, frère de Côme l'Ancien, surnomttié le Père de la Pairie.
PORTUAITS DE LÉON X. 237
viali; Julien, marié en d.515 à Philiberte de Savoie*; Contessina, mariée à Pierre Ridolfi; Jean, qui fut Léon X.
Tel avait été le père et tels avaient été les aïeux de Léon X, hommes de Renaissance s'il en fut, tous inféodés aux lettres et aux arts. Pas un des savants de leur temps qu'ils n'eussentprotégé, pas un artiste qu'ils n'eussent patronné. Les plus beaux monuments et les plus belles œuvres en tout genre parlaient d'eux partout et avec éloquence. L'église de San-Lorenzo, qu'ils avaient adoptée, était devenue pour eux comme une nécropole. Jean de Médicis, le vrai chef de la famille au début du xv' siècle, y a son tombeau, monument plein de charme et de simplicité, tout imprégné des grâces dont les quatirocentisii florentins paraient modestement la mort. Deux génies déploient un cartel au milieu d'un élégant sarcophage, et nous y font lire cette inscription :
COSMVS ET LAVRENTIVS DE MEDICIS. Y. CL.
lOHANNESAVERABDI.F.ET PICABDAE ADOVA
BDK F. CARISSIMIS PARENTIBVS HOC SEPVLGURVM
FACIVNDVM CURARVNT OBIIT AVTEM lOHAN