‹ Rapides du Long-Sault, fleuve Saint-Laurent [microforme]Chapitre 131 sur 158 · II. Etudes des Crues Causes par les Glaces · texte numérisé non relu

II. Etudes des Crues Causes par les Glaces

En 1904, John R. Freeman dirigea des études sur les conditions des glaces, de Cornwall à la partie supérieure de l’île Long-Sault. En 1907, J. W. Rickey conduisit des recherches semblables, à partir de l’endroit où s’arrêta M. Freeman jusqu’à Morrisburg. Les Résultats de ces investigations sont consignés sur les graphiques C-8-X et A-84-M.f. Les rapports suivants furent faits par les personnes mentionnées à C. W. Judson qui effectua cette dernière investigation.

BENs. Nicnois, Officier des douanes des E.U. à Louiseville Landing, déclare que, jusqu’à dernièrement, presque tous les engorgements de glace ont été causés par les glaces des baies poussées de l’île Croil vers le nord, près de Farran Point. Cette opéra- 4: tion a été effectuée après la formation d’un pont de glace, du côté ; sud de l’île Croil, soit naturellement par la mouvement des glaces Br formées dans les baies, entre la pointe MeLoud et celle de Duval, FE ti soit par la coopération des habitants des environs. +:

Une loi a été promulguée, il y a vingt ou vingt-cinq ans, qui décrète que c'est un délit de construire un pont de glace en amont de ces points. Chaque hiver, le shérif du comté de St. Laurent nomme un gardien spécial pour empêcher la construction d’un pareil pont.

*Rapport ex parte par J. W. Rickey, ingénieur en chef du Long Sault Development Company, laquelle a demandé la permission de barrer le Long-Suult. t Les graphiques non pas été inérés,

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M. Nichols déclare que ces gardiens sont choisis parmi les habitants de cette localité, à qui le pont peut-être profitable, et, comme le lancement de la glace s'opère toujours pendant la nuit, ces gardiens n'ont jamais, parait-il, empêcher la construction de ces ponts.

M. Cook, percepteur des Douanes Canadiennes à Aultsville, Ont., dit que les neuf dixièmes des amoncellements de glace sont formés par un pont entre la partie supérieure de l’île Croil et la rive nord, et presque tous doivent leur formation aux glaces du côté de l’île Croil poussées en cette direction.

M. Cook affirme que le pont de 1887, qui fut la cause des plus hautes eaux connues entre Aultsville et Morrisburg, fut construit par les résidants de ces environs, et que presque tous, sinon tous les petits amoncellements de glace provenaient de la même cause.

CHas WurTrAKeR, éclusier à Morrisburg, Ont., dit qu’il a habité Morrisburg presque toute sa vie, et que, en général, presque tous les amoncellements de glace doivent leur origine aux glaces lancées de l’île Croil vers la rive principale.

Il se peut qu’il y ait eu des exceptions à cette règle, mais M. Whittaker n’en connaît aucune.

Cas. SrarTa, éclusier à Farran Point, Ont., dit que depuis quinze ans aucun pont n’a été construit en cet endroit.

Les ponts de glace de 1887 et 1905 furent causés par les glaces de la baie Brown, qui se mirent en mouvement et se massèrent à un endroit tout à proximité, en aval.

La glace se forme de chaque côté, de sorte que le chenal principal ne paraît pas plus long qu’un crique moyen, et les nouvelles glaces qui descendent d'en amont y séjournent souvent auelque temps.

La glace de la baie Brown part habituellement chaque semaine durant l’hiver—ce mouvement a pour cause les variations du niveau de l’eau, que l’on doit attribuer aux vents. (Le dernier énoncé susdit n’est pas confirmé C. W. J.)

Si la température est très basse, la glace atteint dans la baie une épaisseur suffisante pour se maintenir et former un pont, lorsqu’elle se lance sur cette pointe.

Avant l'élargissement du canal, on n’éprouvait guère de difficultés en cet endroit. Mais à présent les courants ont tellement changé que la glace à un point en aval de la baie, à proximité de l’est de Farran Point, s’avance beaucoup plus loin qu’autrefois, et détermine la formation d’un pont.

Les glaces de Whalen Bay et d’une baie d’en aval du hautfond de Sturgeon, forment souvent un pont en se détachant et se massant à la tête du canal de Farran Point. Cette formation doit aussi son origine à l'élargissement du canal.

M. Jerry WiisON, qui demeure à 33 milles à l’ouest de Louiseville Landing, dit que son grand père, Samuel Warner, s'était établi là entre 1790 et 1795. Samuel Warner déclara à M. Wilson que le seul pont de glace depuis ce temps et 1879 se forma temporairement en 1840.

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M. Grorce W. LAWRENCE, qui demeure tout près à l’ouest de M. Wilson, dit que, d’après ses mémoires, des amoncellements de glaces se sont formés dans le fleuve St. Laurent au cours des hivers de 1887, 1895, 1898, 1901 et 1905.

M. James BraproRp déclare que son grand père s'établit à Louiseville vers 1805, et qu’il apprit de lui que le premier amoncellement, ou pont de glace, se forma en 1879; que, avant cette date, l’eau ne s'était pas congelée vis-à-vis de l’île Croil ni en amont. Les auteurs des déclarations susmentionnées ont tous vécu plusieurs

années sur le bord du fleuve, et ils sont donc parfaitement qualifiés pour donner une opinion sur ce sujet.

Toutes les inondations qui menacent Morrisburg sont causées par un commencement de pont de glace qui “prend” à l’île Croil et, des déclarations susdites il appert:

(a) Que presque tous les ponts de glace, entre l’île Croil et la rive principale, ont été formés artificiellement par les habitants riverains.

(b) Que l’inondation de 1887, la pire connue, eut pour cause un pont de glace artificiel.

(c) Que les changements apportés au canal de Farran Point ont augmenté les chances de formation des amoncellements de glace.

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