POPULATION DE LA COTE NORD EN
De l’Anse aux Blancs Sablons à la Rivière Coacoochoo inclusivement, pop., 648.
De la Rivière Coacoachoo à Portneaf, il n’y avait, en 1852, de pêcheurs résidants (et pendant la saison de la pêche du saumon seulement) que ceux employés par la compagnie de la Baie d'Hudson à ses divers postes de pêche à saumon, lesquels pouvrient être au. nombre de 150, La population de cette partie de la côte se composait en ouvre, à la même époque, des chefs et des commis des postes de traite de la dite compagnie, des Sauvages de la tribu des Montagnais, et de quelques familles canadiennes établies dans les postes du Roi ; le tout se montant aux chiffres suivants :
Population des blancs, 110 ; des sauvages, 500 ; ajoutez les pêcheurs, 150—l'otal 760. TABLEAUX comparatifs de la population de la côte Nord du fleuve et du golfe St. Laurent
en 1852 et en 1861 :
Population de l’Anse aux Blancs Sablons à Coacoachoo en 1861, 804; en 1852, 648.—
Augmentation, 156.
Population de Coacoachoo à Portneuf en 1861, 3609 ; en 1852, 760.—Angmentation, 2849. Population totale de la côte Nord en 1861,4413; en 1852, 1408.—Augment. totale, 3005.
On voit par ces tableaux, que la population de la côte Nord du fleuve et du golfe St. Laurent a plus que triplé depuis 1851, c’est-à-dire pendant une période de dix années. Mais ce qu’on ne peut manquer de remarquer, c’est que cette augmentation s’est opérée sur la partie ouest de la côte principalement; c’est là, en effet, que ce sont portés les pécheurs depuis que la loi (16 Vict., chap. 92) leur a permis de fonder des établissements de pêche sur la côte du Labrador, sans être molestés, comme auparavant, par les employés de la compagnie de la Baie d'Hudson, grâce au service de la protection des pêcheries.
En 1852 et avant cette époque, il n’y avait pas un seul établissement de pêche à la moruc ou autre (excepté les stations de pêche à saumon exploitées par la compagnie de la Baie d'Hudson) entre la Rivière Coacoachoo et Portneuf ; maintenant, ils s’y comptent par centaines, Sur toute cette étendue de côte de milles, on ne rencontrait en 1852 que les postes de la compagnie et quelques maisons éparses cà et là; maintenant, on pout \ compter près de 300 maisons, et il y a même de petits villages, comme ceux de Natashquan
et de la Pointe-aux-Esquimanx, tous deux fondés par des Acadiens venus des Iles-de-la- Madeleine.
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En 1852, et même quelques années plus tard, il n’y avait pe. un + ml étnblissement sur la côte, entre le havre de Mingan et la Baie des Sept-[les, et à ne + y pret pas un vintal de morue, excepté sur le banc de Mingan et dela Rivière S'. Jean, que : péchours es Etats-Unis avaient l'habitude de fréquenter depuis longtemps; maintemwmt, il n'+ # pas une rivière, une anse, une crique qui ne soient occupées, et il s'y prend, tous les de 50000 à 35000 quintaux de morue, sans compter les autres poissons. Voilà quelques uns des résultats de la cessation du monopole, exercé autrefois pe la compagnie de la Baie d'Hudson, dans les postes du Roi et sur la plus grande partie u, ls côte du Labrador :—
TABLEAUX comparatifs des produits de la pêche de la côte Nord du fleuve et du golte St, Laurent, en 1852 et 1861:
Quantité de moruc prise dans l’anse aux Blancs Sablons à Coacoachoo, en 1861.quint. 9,535
Do do do do en1852. «“ 9,4 Augmentation,,....,...., ter ivésesanste À 55 Quantité de morue prise de Coacoochoo à Portneuf, en 1861......,...,......... quint.42,133 Do do do 00 ‘en SO Bistrot 4 *500 Augmentation, oo os à soveoosenenssessnene 6 41,633 Quantité de morue prise sur la côte Nord en 1861... .quint.1,668 Do do do en 1852... séniédirdnarieeses. > 16 0 980 Augmentation... shsérsiienestes. © AÆUGSE Quantité d'huile de morue produite sur la côte Nord en 1861,.......,..,.,.gallons. 43,858 do do do 11 0 À 15 PPS EEAENOE RSS | 4,800 Augmentation. ....sssssscssssese 39,058
La pêehe au loup-marin, au moyen de rets, n’a pas donné depuis quelques années des produits aussi abondants qu’autrefois sur la partie de la côte nord du Golfe $t. Laurent où on la pratique, c’est-à-dire, depuis l’Anse aux Blancs Sablons jusqu’à Coacoachoo ; ainsi, tandis qu’elle produisait en 1852, 43950 gallons d'huile, elle ne produisait en 1861 que 26,294.—Diminution, 17,656.
On attribue cette diminution au fait que la côte étant presque partout établie, ces animaux amphibies craignent maintenant de s’en approcher, comme ils faisaient autrefois lorsqu’elle était comparativement déserte, et se tiennent au large où nos pêcheurs ne peuvent plus les atteindre aveo leurs engins de pêche,
On prétend aussi que ces animaux ne se trouvent plus dans le golfe en aussi grand nombre qu’autrefois, et que cela est dû à la grande boucherie que l'on fait tous les ans sur les banquises, soit sur les côtes de Terreneuve, soit dans le golfe St. Laurent, de leurs petits pour en tirer la graisse dont on fait l’huile et les peaux.
Cependant, comme plusieurs pêcheurs de la Pointe aux Ésquimaux et de Natashquan font la chasse au loup-marin dans le golfe, la production de l’huile de loup-marin sur la côte nord a fourni un montant presque égal à celui de l’année 1892, c'est-à-dire 40,859 gallons
Ne connaissant pas le produit de la pêche du saumon sur toute la côte nord en 1852, je ne puis faire de tableaux comparatifs de cette pèche; mais ses produits ont certainement augmenté en valeur depuis cette époque. Je puis dire la même chose de la pêche du hareng.