AIT
Tandis que Rokitansky et l'école viennoise soutiennent l'incompatibilité, Andral, Fauvel, Gairdner, Gallard nient cet antagonisme, Laënnec insiste même sur la fréquence des coïncidences.
Alors se fait jour la thérapeutique emphysématogène de Ramadge et de Frey dans le traitement de la tuberculose pulmonaire.
De 1860 à 1870 (G. de Mussy et Pidoux), l’antagonisme fait de nouveaux progrès, mais reste très discuté quant à son origine diathésique.
Jusqu'en 1878, peu de documents à signaler.
Vers 1878 commence la deuxième période, Les formes s’individualisent mais n'arrivent pas à se dégager complètement. On peut signaler Les travaux de Grancher sur l'emphysème réticule, ceux de Renaut sur la tuberculose fibreuse. Ces études préparent la voie à la thèse de Bard sur la forme fibro-emphysémateuse.
Hirtz donne alors sa classification de l’emphysème tuberculeux, cet auteur distingue : la forme partielle chronique, la forme généralisée chronique et la forme aiguë généralisée dans la phtisie rapide.
En 1880, il semble que la notion diathésique soit momentanément éclipsée.
La troisième période s'ouvre vers 1890, mais le cRORSeS paraît faire peu de progrès.
À ce moment Potain, et dans les années qui suivent, publie une série d'articles, mais il ne caractérise pas suffisamment la forme tuberculo-emphysémateuse et attribue à l’arthritisme une part si importante dans la manifestation emphysémateuse qu'il considère l'apparition de cette affection plutôt comme néfaste chez le tuberculeux.
Cette idée est reprise et développée La Sarda et Vires (1894). La diathèse arthritique et la tuberculose sont antagonistes ; or l'emphysème reconnait une origine arthritique, il s'ensuit que l'emphysème et la tuberculose sont des processus qui s’exeluent.
Grasset souscrit complètement à cette manière de voir.
Les auteurs qui viennent ensuite ne semblent pas avoir une notion exacte de cette forme d'emphysème, sauf toutefois Schweisguth, et surtout Bard qui parlent d'emphysème généralisé.
En 1901, Mosny et son élève Martin (thèse de Paris), développant une idée de Landousy et aussi de Hanot, ne voient dans l’'emphysème post-bacillaire qu'une manifestation de tubereulose larvée. |
Cette conception est peu après combattue par Bernheim et Rueff (thèse de Nancy, 1904).
Depuis, Hirtz (1907), dans ses leçons à l'hôpital Necker, considère l'emphysème tuberculeux comme une manifestation de défense de l'organisme.
On peut constater, par ce rapide exposé historique, que les auteurs parlent indifféremment de toutes les variétés d'emphysème, chacun s’efforçant d'ériger en principe ses observations personnelles.
Il nous parait nécessaire, avant toutes choses, de bien préciser quelle variété d'emphysème nous avons en vue dans ses rapports avec la tuberculose pulmonaire.
Nous éliminerons ainsi, dès maintenant, l’emphysème développé à la périphérie des cavernes.
Il ne s’agit pas non plus de l'emphysème généralisé qui se produit au cours des phtisies granuleuses aiguës, où il constitue une complication secondaire, conséquence de la dyspnée.
Ces deux variétés d'emphysème sont d'ordre purement mécanique, c’est ce qu'on ap; clle l’'emphysème compensateur, conséquence habituelle d'une lésion intrà ou extra-pulmonaire s'opposant au libre passage de l'air dans une portion plus ou moins étendue du parenchyme pulmonaire.
Le seul emphysème qui nous occupe est : « l'emphysème chronique généralisé s'accompagnant ou non d'asthme ou de bronchite chronique ».
Cet emphysème se traduit par des signes qui nous sont bien connus : déformations thoraciques caractéristiques et durables, murmure vésiculaire diminué surtont aux sommets, inspiration
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rude, humée, expiration prolongée et sifflante, dypsnée habituelle; symptômes qui permettent facilement le diagnostic d'emphysème.
C'est pour cette forme que se pose véritablement la question d'origine. Ÿ a-t-il une sorte d'état pathologique hybride constitué par l'emphysème et la tuberculose, ou bien ces affections sont-elles des manifestations différentes d'un agent identique ?
L'accord, sur ce point, n'est pas fait et les opinions émises sont des plus diverses. Les uns se bornent à noter la coexistence des deux affections, mais n'en tirent aucune conclusion. Les autres ne voient dans l’emphysème post-tuberculeux qu'une manifestation arthritique; ils incriminent le réveil de la diathèse sous l'influence de la bacillose.
Signalons en passant, à ce sujet, que l'antagonisme établi depuis longtemps entre l'arthritisme et la tuberculose est actuellement fortement battu en brèche, bien des cas d’arthritisme reconnaitraient une origine bacillaire.
N'est-il pas plus raisonnable, comme le dit M. le D° Mongour, de considérer ce processus pathologique comme une manifestation tuberculeuse ?
C'est ainsi que se présente le problème, et c'est dans ce sens que nous avons essayé de le résoudre en nous basant sur les méthodes nouvelles d'examen et d’expérimentation.
Nous adopterons donc le plan suivant : la première partie comprendra l'exposé de nos observations personnelles; puis, nous ferons remarquer la similitude qui existe très souvent entre l'aspect clinique présenté par un emphysémateux et celui que réalise un tuberculeux. Nous en déduirons déjà une preuve en faveur de la thèse que nous soutenons ; nous nous adresserons ensuite à l'anatomie pathologique, à l'expérimentation, à la thérapeutique qui toutes fournissent des arguments à l’origine tuberculeuse du processus emphysémateux.
Enfin, dans une dernière partie, nous étudierons dans une vue d'ensemble la forme emphysémato-tuberculeuse ainsi individualisée.