INTRODUCTION
Il est un fait d'observation, sinon banal du moins courant, que la tuberculose du larynx et la grossesse peuvent évoluer de concert l’une précédant l’autre, ou s’établissant à sa suite. Est-ce là une simple coïncidence ? Cette localisation de l'infection bacillaire pendant la gestation admet-elle simplement l’étiologie applicable aux localisations laryngées chez l’homme ou chez la femme non enceinte, ou bien est-il possible de donner de cette coexistence une raison permanente ?
Dans la question des rapports réciproques de la grossesse et de la tuberculose du larynx il nous semble logique de voir un nouvel exemple venant s'ajouter à la série de faits déjà anciens qui ont établi une relation entre les organes génitaux et le larynx.
Tout le monde sait que le timbre de la voix change au moment de la puberté, c’est-à-dire à l’époque du développement des organes génitaux. On connaît les effets que produit l’émasculation sur la voix de
l’homme. L’ablation des testicules pratiquée chez l’en-
fant ou leur arrêt de développement détermine dans le développement du larynx un arrêt qui se traduit par la voix dite « eunuchoïde ».
Chez la femme cette sympathie entre le larynx et les organes génitaux est toute aussi évidente, mais les manifestations en sont plus variées.
Bien qu’il soit permis de les supposer on n’a pas encore mis en évidence leurs relations anatomiques et la communication par la moelle épinière reste encore une hypothèse. Au contraire ces rapports s’affirment au point de vue physiologique.
L'absence des ovaires ou leur ablation précoce influet-elle sur le développement du larynx ? Ce côté de la question ne nous est pas connu. Mais à propos de l’ovariotomie chez l'adulte, Moure rapporte deux observations intéressantes. Chez les deux femmes la voix, après l’opération, était devenue plus grave et plus forte et dans un des cas avait passé du soprano au mezzo grave.
Les troubles du larynx consécutifs aux troubles génitaux ont été fréquemment signalés. Au Congrès de médecine de Londres de 1881, Bayer communiquait le cas d’une femme aphone quirecouvra la voix après qu'on eut redressé son utérus fléchi. Une autre souffrait d’une toux incoercible contre laquelle tous les remèdes avaient été vains. Elle disparut par la guérison d’une métrite concomitante, et le redressement d’une antéversion. La toux recommençait dès que le pessaire était enlevé pour disparaître avec sa mise en place.
Les relations des affections laryngées avec la mens-