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VOITURES SPÉCIALES

Nous avons encore à parler de quelques spécimens particuliers de voitures exposées dont nous avons renvoyé la description à la fin de cet rapport, tant à cause de leurs dispositions spéciales que de leur application limitée.

g 1. — Bureaux ambulants des postes. .

Le bureau ambulant de l'administration française ne présente aucune disposition nouvelle ; il répond aux besoins du service tel qu'il est compris en France. Nous nous arrêterons plus longtemps sur le spécimen de bureau de l'administration anglaise, qui nous paraît répondre à toutes les exigences d'un service complet et rapide; c'est ainsi qu'on y trouve les moyens de laisser et de déposer les dépêches pendant la marche des trains, même à des vitesses de 70 kilomètres à l'heure. Les dispositions usitées et représentées par le spécimen que la Grande-Bretagne a exposé sont en pratique depuis longtemps ; elles ont la sanction de l'expérience, et nous n'avons pas trouvé qu'il pût leur être fait d'objections sérieuses.

De nombreuses tentatives ont été faites en France pour arriver au résultat auquel on s'est arrêté en Angleterre ; on a toujours échoué, par .suite de la difficulté d'amortir la quantité de mouvement acquise par les paquets de dépêches abandonnés par le train, et par cet autre difficulté de prendre, au repos,

avec des appareils animés de grande vitesse, des paquets de 20 à 30 kilogrammes. L'appareil anglais a résolu le problème par le dépôt, dans chaque cas , du paquet dans une sorte de boîte en filets qu'on développe en saillie, quand le train va passer à la station, et qu'on replie quand on l'a franchie.

L'espace nous manque pour décrire en entier le système simple, économique et très-complet, exposé par l'Angleterre. Nous nous bornons à dire que nous croyons qu'il donne la solution longtemps cherchée du problème.

Signalons encore le large développement que l'administration anglaise a donné à l'installation de ses bureaux ambulants ; c'est ainsi qu'elle réunit entre elles, de manière à n'en faire qu'une seule, trois voitures attelées ensemble, communiquant à leurs extrémités par des ponts jetés sur les tampons et abrités par des espèces de cages en cuir en forme de soufflet hermétiquement appliquées contre les parois des baies de communi- • cation. Cette installation est complète ; on y voit les appareils à potence pour prendre les dépêches, et les filets placés sur le trottoir de la station pour les y recevoir; elle donne enfin une idée parfaite du service dans son ensemble et dans ses moindres détails.

La Prusse nous a présenté aussi le môme système à filets pour prendre les dépêches en marche seulement, car le fourgon exposé n'offre aucune disposition pour les laisser. La pratique en Prusse est, paraît-il, de jeter les dépêches au passage des trains sur les trottoirs de la gare. Évidemment, il y a là une lacune que l'appareil anglais comble d'une façon satisfaisante.

g 2. — Voitures pour le transport des blessés.

La guerre civile qui a désolé pendant quatre ans l'Amérique du Nord a provoqué la construction de voitures spéciales de transport. L'Exposition nous présente un modèle au quart d'exécution d'une voiture pour les blessés, pouvant

contenir trente lits, une pharmacie, des salles pour les chirurgiens et pour les garde-malades.

Cette voiture, longue de 18 mètres environ, est portée sur deux trucs à quatre roues. On y accède par les deux extrémités au moyen de plate-formes larges et commodes; dans toute la longueur de la caisse règne à l'intérieur un passage de un tiers environ de la largeur, destiné au service. Les lits sont suspendus sur des brancards au moyen de menottes en caoutchouc, et placés sur trois étages. Il y a donc de chaque côté de la voilure, pour les trente lits, cinq divisions avec trois lits superposés. La hauteur de la caisse est de 2n»16; en outre, il y a audessus un lanterneau qui règne dans presque toute la longueur de la voiture, et par lequel on ventile l'intérieur de la caisse. Cette voiture mérite de fixer fattention.

§ 3. — Voitures à liïs .

Le Canada a envoyé à l'Exposition une voiture à lits qui est destinée au chemin du Grand-Tronc. Ce système de voiture est très en usage dans ces pays à longs parcours où on est plusieurs jours en voyage. Il est certain que dans les conditions d'exploitation où se trouv ent certains chemins de 1er d'Amérique, il faut songer à d'autres voitures que celles employées en Europe.

11 est incontestable que, pour faire le trajet de la ligne qui traversera 1* Amérique, de New- York à un point de la côte de la Californie, trajet de près de 5,000 kilomètres, devant durer sept jours, il conviendra d'avoir des voitures spéciales qui oflreat toutes les commodités d'un appartement, avec des installations semblables au moins à celles qu'on trouve sur les paquebots. Ce sera un matériel tout différent de celui que nous employons.

La voiture du chemin du Grand-Tronc indique la voie qu'il faut suivre pour le matériel de ces chemins à longs parcours, construits la plupart à travers des terres incultes, et quelquelois à travers des pays encore habités par des peuplades sauvages.

il AT KHI EL ROULANT. — VOITUnES ET WAGONS. 507

| 4. — Voitures pour lo chemin du Mont-Denis.

L exploitation du chemin de fer provisoire par la route du Mont-Cenis, concédé à MM. Fell et O, doit se faire sur une voie étroite de i mètre avec un rail central ; la locomotive possède, outre sa puissance d'adhérence, une puissance égale qu'elle emprunte à la pression de galets horizontaux agissant sur ce rail. Les voitures destinées à l'exploitation de ce petit tronçon, qui aura 79 kilomètres de longueur, seront construites à la façon des omnibus et communiqueront les unes avec les autres par bout, au moyen de ponts jetés sur les tampons. Le chemin étant en rampe niaxima de 0,n088, chaque voiture portera un frein à sabots, agissant sur les roues, et un autre frein de sécurité armé de mâchoires qui embrasseront le rail central, quand elles seront mises en mouvement. Des galets fixés aux châssis serviront à guider la voiture dans les courbes, pour l'empêcher • le dérailler.

La voiture de première classe exposée par la Compagnie du chemin de fer du Mont-Cenis, et construite par MM. Chevalier et Chei4us, indique toutes les dispositions ingénieuses adoptées. Cette voiture pèse vide 3,600 kilogrammes, et peut contenir 12 voyageurs ; son prix est de 4,500 francs.

Nous terminons notre travail par plusieurs tableaux donnant :

1° Les dimensions principales des voitures exposées;

2° Les dimensions principales des wagons exposés ;

3" Les prix, poids et chargements maximum des voitures et wagons exposés;

•4° Les poids et prix de ces véhicules par v oyageur transporté ;

5° Les dimensions principales des roues montées sur essieu, employées dans les chemins de fer français et dans quelques autres pavs.

(Voir la conclusion à la suite des tableaux.)

Tableau N° 1.

Dimensions principales des voitures exposées

NOMS des

exposants.

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