II. — PKOGKÈS D’ASSIMILATION
Comme on sait, les troupes des divers Étals de la Confédération de l’Allemagne du Nord se sont modelées presque entièrement sur celles de la Prusse, pour ce qui concerne les règlements, les manœuvres, l’armement et l’habillement. La Prusse ne s’est crue forcée à quelques concessions que pour les seules troupes du royaume de Saxe (1 2e corps d’armée) et du duché de Hesse (25' division), lesquelles ont
conservé certains détails d’administration particuliers. Mais sous ce rapport même l’assimilation avec les troupes prussiennes se complète de plus en pins, comme le prouve le fait suivant. Dans l’armée prussienne la dépense affectée à l’ordinaire du soldat se compose, par homme et par jour, de deux parties : l’une invariable fixée k 19 centimes ; l’autre variable par trimestre dans chaque garnison, selon le prix des denrées, et qui constitue un supplément à l’ordinaire ( Verpflegungs Zuschuss 1 ). On publie chaque trimestre, pour la durée du trimestre, le tableau de ces suppléments à l’ordinaine pour toutes les villes de garnison de la Confédération de I AIIemagne du Nord. Celui qui se rapporte aux trois premiers mois de l’année 1870 montre que pour Berlin, par exemple, le supplément à l’ordinaire est de 15 centime.'', d ou il résulte que la dépense de l’ordinaire du soldat à. Berlin s’élève à 19 + 15 ou 3ti centimes. Or le fait que je veux signaler, c’est que le tableau çfficiel des suppléments k l’ordinaire, aussi bien que celui qui fixe les quotités de pain et de fourrage, portent, pour la première fois, l’indication des garnisons du royaume de Saxe et du duché de Hesse. On doit en conclure que la Saxe et la Hesse ont fait
1. Ces suppléments h l'ordinaire diffèrent beaucoup, à une même époque, selon les lieux. Le supplément est de 4 à 5 centimes dans la Prusse orientale, et de 30 centimes dans la province du Rhtn. A Berlin il est aujourd’hui de 13 centimes.
un pas de plus pour conformer le système d’administration de leurs troupes au système prussien , et que le travail d’assimilation qui s’opère depuis trois ans dans les différentes parties dont se compose l’armée fédérale approche de plus en plus de son achèvement.