D'UN CHEF D’ÉTAT-MAJOR PERMANENT
voitures chargées en guerre, qui se laissent conduire tranquillement pendant quatre jours par vingt-cinq cavaliers prussiens, sans qu’il leur vienne seulement à l’idée de se débarrasser de leur escorte, de briser au besoin ou de brûler leur matériel et de rejoindre les leurs!
5° Je terminerai par un fait qui n’est pas le moins grave de ceux que je viens de citer. Dans les ambulances que j’ai visitées à Nachod, à Küniginhof, à Pardubitz et à Jicin, j’ai pu m’assurer que la conduite des officiers autrichiens envers leurs soldats n’était pas exempte de reproches. Ils se trouvaient là, soignés et traités à côté des hommes de leur nation et souvent de leur propre bataillon, sans môme s’enquérir de leurs besoins ou paraître s’intéresser à eux. Officiers et soldats vivaient dans la même ambulance comme étrangers les uns aux autres, et j’ai entendu plus d’une fois les Prussiens apprécier en termes sévères la conduite des officiers autrichiens.
De pareils faits ne sauraient être attribués uniquement à la démoralisation qu’engendrent de grands désastres militaires; ils révèlent, comme je l’ai déjà dit, un abaissement des caractères et une véritable décadence morale.
ÏSOTE