‹ Rapports militaires, écrits de Berlin, 1866-1870Chapitre 50 sur 150 · C. La réserve d'artillerie · texte numérisé non relu

C. La réserve d'artillerie

Les dispositions que j’indique ici ne sont pas conformes à celles qu’enseignent les livres écrits sur cette matière, mais elles sont adoptées aujourd’hui, depuis la suppression du canon de 12 lisse dans l’armée prussienne.

L’artillerie d’un corps d’armée se compose des 15 batteries ( toutes portées à. 6 pièces) du régiment d’artillerie de campagne qui lui est affecté en temps de paix.

Ces 15 batteries sont groupées en quatre divisions, et, quand la mobilisation a lieu :

La lrc division d’artillerie montée ( h batteries) est attachée à la 1" division d’infanterie;

La 2e division d’artillerie montée ( h batteries) est attachée à la 2' division d’infanterie;

1 batterie à cheval ( quelquefois 2 ) est attachée aux 2 brigades de cavalerie , et les 6 batteries restantes (2 à cheval , 2 de h et 2 de 6 ) sont laissées à. la réserve d’artillerie.

Les batteries divisionnaires ne marchent chacune

qu’avec 16 voitures, savoir : 6 pièces, 6 caissons, 1 forge, 2 chariots de parc et 1 chariot de bagages.

La réserve d’artillerie se compose :

1“ Des 6 batteries mentionnées ci-dessus ;

2° De 9 colonnes de munitions.

Un corps d’armée a donc aujourd’hui :

8 batteries aux deux divisions d’infanterie;

1 ou 2 batteries aux brigades de cavalerie ;

5 ou 6 batteries à la réserve.

Total : 15 batteries ou 90 pièces.

La proportion , comme on voit, n’est pas tout à fait de 3 pièces par 1,000 hommes pour un corps d’armée de 36,000 hommes.

Les Prussiens n’ont donc pas, à la guerre, une artillerie plus nombreuse que la nôtre, mais ils la répartissent autrement dans le corps d’armée, puisqu’ils ont deux fois plus de pièces divisionnaires que nous, et, par contre,. une réserve d’artillerie beaucoup plus faible. Cette faculté qu’ont ainsi les Prussiens de pouvoir entrer en action avec une artillerie divisionnaire double de la nôtre mérite d’être prise en sérieuse considération , et j’en ai fait plusieurs fois le sujet de mes entretiens à Paris. Nous devons aviser aux moyens de pouvoir lutter, dès les premières phases d’une bataille, contre une artillerie qui, indépendamment de sa portée et de sa justesse plus grandes, sera, en outre, deux fois plus nombreuse. A quoi nous servira une plus forte réserve , si , dès

l’origine ou dans les premières périodes des combats, notre artillerie de division ne peut pas soutenir la lutte?

D. Le bataillon de pionniers.

Dans l’armée de la Confédération du Nord , le corps des pionniers réunit le service du génie à celui des pontonniers. A la guerre il est en outre chargé de la réparation et de la destruction des chemins de fer, ainsi que du service télégraphique.

1 1 y a par corps d’armée :

Le bataillon proprement dit ; 1 équipage de ponts de bateaux ; 1 équipage de ponts d’avant-garde ; 1 équipage d’objets et d’outils de campement; 1 compagnie de chemins de fer; et de plus, par armée, I équipage pour le service télégraphique.

J’ai fait connaître la composition de ces divers équipages dans mes Rapports de l’année 1866, ainsi que celle du train des subsistances, du train des ambulances et des services divers ( intendance, trésorerie, postes, imprimerie, etc.).

Je donne maintenant deux tableaux détaillés des effectifs de la garde et de quelques autres corps d’armée sur le pied de guerre 1 .

Les régiments de cavalerie n’y sont comptés qu’à

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