‹ Rapports militaires, écrits de Berlin, 1866-1870Chapitre 52 sur 150 · PASSAGE nu PIED DE PAIX AD PIED DE G l EU RE · texte numérisé non relu

PASSAGE nu PIED DE PAIX AD PIED DE G l EU RE

Le tableau B a fait connaître les effectifs que la Confédération du Nord entretient sous les drapeaux en temps de paix. Pour passer du pied de paix au pied de guerre, on complète les bataillons, escadrons, batteries, etc., en rappelant les hommes de la réserve.

Je reviendrai à ce sujet sur un détail très-important, que j’avais déjà signalé en 1866 dans un travail intitulé Note sur l’organisation militaire de la

Prusse : c’esl qu’aujourd’liui la Prusse peut porter tous ses corps d’armée au complet de guerre par lé seul rappel des réserves, c’est-à-dire sans recourir à la landwehr. La réorganisation militaire de 1860 a eu principalement pour but d’atteindre à ce résultat, et on y est parvenu en augmentant de deux ans la durée du temps de réserve. Aujourd’hui la landwehr est destinée à la défense des places de l’intérieur : elle ne serait appelée à combattre avec l’armée en deuxième ligne que dans des cas extrêmes, et la Prusse n’y puiserait, en principe, que pour organiser les compagnies de chemins de fer. Les compagnies de porteurs de blessés, le service télégraphique, etc.

Il est d’ailleurs facile de s’assurer que la Prusse peut porter tous les corps d’armée de la Confédération au pied de guerre par le rappel des seules réserves prussiennes. Si on compare en effet les deux tableaux B et C , on trouve que :

1° Pour compléter 1 bataillon d’infanterie il faut rappeler en moyenne 690 combattants, donc pour 368 bataillons ( 350 de ligne -j- 18 de chasseurs) il faut 690 fois 368 ou 180,320 combattants;

2“ Pour compléter 1 escadron de cavalerie il faut 13 hommes, donc pour 380 escadrons : 6,960 hommes;

3° Pour compléter les 13 régiments d’artillerie de campagne, il faut 6,123 hommes;

h° Pour compléter les 13 bataillons de pionniers, il faut 1,5Ù7 combattants.

Le total des combattants h. rappeler s’élève ainsi au chiffre rond de 193,000 hommes.

Or quel est l’effectif des réserves dont la Confédération peut disposer? Le chiffre exact , facile à préciser pour l’ancienne Prusse, est assez difficile à déterminer pour les États qu’elle s’est annexés et pour ceux qui avec elle constituent la Confédération, car aucun de ces États n’avait en 1806 l’organisation militaire prussienne.

Mais n’envisageât -on que la Prusse d’avant 1866 , comme son contingent annuel était de 63,000 hommes , elle disposerait aujourd’hui de quatre fois 63,000 ou 252,000 hommes de réserve, qui, admît-on même la forte déduction de h sur 100 pour les pertes d’une année à l’autre, donneraient plus de 200,000 hommes. On voit donc que la Prusse pourrait compléter les corps d’armée de toute la Confédération avec ses seules réserves.

Au cas d’une guerre, la Prusse agirait sans aucun doute, comme en 1866, où elle organisa avec soin le plus grand nombre possible de troupes de dépôt : elle lèverait par anticipation la moitié ou la totalité d’un contingent, et conserverait, pour l’instruire, une partie de ses réserves. Si cette partie était insuffisante comme nombre, elle recourrait aux hommes des premières années de la landwehr.

Du reste, je ne saurais trop insister sur un point : c’est qu’aujourd’hui que la landwehr n’a plus à combattre par régiments embrigadés avec ceux de la ligne, comme avant la réorganisation de 1860, il n’est d’aucune importance de rechercher dans quelle proportion on l’emploierait à compléter au pied de guerre les effectifs des bataillons de ligne, si les circonstances l'exigeaient. Quoi qu’il arrive, cette proportion sera plus faible qu’en 1866, où elle ne s’éleva qu’a un dixième. Or ces landwehriens, intercalés ainsi en petit nombre dans les rangs des hommes d’un bataillon, valent non-seulement les meilleurs soldats, mais tous les officiers m’ont dit qu’en 1866 ils s’étaient montrés généralement supérieurs aux autres.

Il est donc oiseux de se demander dans quelle proportion figureraient dans l’armée fédérale les hommes de l’armée active, les réserves et la landwehr. Comme je l’ai dit déjà dans mon Rapport du 23 avril dernier, l’ensemble des forces militaires de la Prusse présente ce caractère d’homogénéité particulier, que tous les hommes sont ou des soldats en activité ou d’anciens soldats de trois ans de service effectif, et si on regarde comme les meilleurs contingents celui qui se trouve dans sa troisième année de service et ceux des deux premières années de la réserve (hommes de 23, 24 et 25 ans), on reconnaîtra également que les réserves de troisième et quatrième année (hommes de 26 et 27 ans) et les landwehriens

de première et de deuxième année (hommes de 28 et 29 ans) constituent d’aussi bons soldats què les conscrits de première et de deuxième année.

Pour se représenter approximativement l’ensemble des forces que la Confédération mobiliserait pour une grande guerre, il n’y a pas à se perdre dans des détails d’elTectifs, ni dans des suppositions. L’armée fédérale peut se comparer à une immense machine dont toutes les parties se ressemblent et sont régulièrement construites d’avance afin de pouvoir être assemblées le plus rapidement possible. Comme composition , les différents corps d’armée sont à peu près calqués les uns sur les autres. L’imprévu ou des changements opérés au moment d’entrer en action porteraient le trouble dans le fonctionnement de cette machine. Toujours est- il que la Confédération compléterait ses corps d’armée au pied de guerre par le rappel des réserves, ou, s’il était nécessaire , par celui d’une partie de la landwehr.

Si donc on ne considère que les combattants , que l’on compte l’effectif des corps d’armée à 36,000 hommes, la garde à 39,000 hommes, on voit que la Confédération de l’Allemagne du Nord aura sur pied, d’abord :

La garde, à 39,000 combattants 39,000 h.

12 corps d'armée, à 36,000 combattants. . 432,000

La division liessoise, à 1 2,000 — . . 12,000

Total. . . 483,000 h.

et en chiffre rond, les non-combattants compris,

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