‹ Rapports militaires, écrits de Berlin, 18661870Chapitre 23 sur 133 · DIVISION DD TERRITOIRE EN DISTRICTS DITS DE BATAILLON DE LANDWEIIR · texte numérisé non relu

DIVISION DD TERRITOIRE EN DISTRICTS DITS DE BATAILLON DE LANDWEIIR

Le territoire de la monarchie prussienne d’avant 1866 se trouve divisé en huit grandes circonscriptions militaires, dans chacune desquelles se recrute et stationne un corps d’armée de toutes armes ; mais ces circonscriptions ne correspondent pas exactement aux huit provinces de la Prusse, comme on le croit généralement en France, où on admet que chaque province fournit un corps d’armée. C’est ainsi, par exemple, que le deuxième corps se recrute dans trois provinces : en Poméranie et dans une partie des provinces de Prusse et de Posen ; que le cinquième se recrute moitié dans la province de Posen, moitié dans celle de Silésie, etc.

La division administrative des provinces en districts de gouvernement (on compte 25 de ces districts pour les 8 provinces) n’a rien de commun non plus avec la division des grandes circonscriptions en districts militaires, laquelle sert de base au recrutement de toutes les forces de la Prusse.

Le nombre de ces districts militaires fut fixé en 1842 d’après celui des régiments d’infanterie de ligne

et de fusiliers que comptait alors l’armée active, savoir :

3Î régiments d’infanterie de ligne à 3 bataillons,

8 régiments de fusiliers *.

On divisa le territoire de la monarchie de telle sorte qu’il y eut un district par bataillon d’infanterie de ligne et un par régiment de fusiliers, ce qui fit un total de 96 8 ou 104 districts. On les appela

districts de bataillon de landwehr, pour les distinguer des 25 districts de gouvernement et parce que chacun devait fournir, lors d’une mobilisation :

t bataillon de landwehr du 1" ban, i bataillon de landwehr du 2' ban,

4 escadron de landwehr.

Sur les 104 districts de bataillon, 96 fournissaient, par groupes de trois, au recrutement des 32 régiments d’infanterie de ligne, et les 8 autres fournissaient à celui des 8 régiments de fusiliers. Les hommes, après avoir servi trois ans sous les drapeaux , rentraient dans leurs foyers , en position de congé, avec l’obligation de servir encore deux ans dans la réserve et quatorze ans dans la landvvehr.

Les 3 bataillons de landwehr du premier ban , 1. Il y avait en outre 5 régiments d’infanterie de la garde.

afférents à un groupe de 3 districts, étaient enrégimentés, de même que les 3 bataillons du second ban. Bataillons et régiments portaient, pour chaque district, les mêmes numéros de bataillon et de régiment que le régiment de ligne correspondant.

Le district de bataillon de landwehr est la véritable unité territoriale de recrutement et de contrôle. Il est subdivisé, pour la facilité des opérations, en plusieurs districts de compagnie. C’est par district de bataillon de landwehr que s’opère le recrutement de l’armée et que se tiennent les registres de contrôle des hommes de la réserve et de ceux de la landwehr. Un dépôt permanent est constitué dans chaque district de bataillon de landwehr. En temps ordinaire il est chargé de la tenue des contrôles ; il a sous sa garde, avec mission de les entretenir en bon état, les manteaux, les effets d’équipement et les fusils des hommes de la landwehr; il rappelle et rassemble ces hommes et ceux de la réserve à l’époque des manœuvres ou des exercices annuels, et c’est lui qui prend, en cas de mobilisation, toutes les mesures préparatoires pour porter 1 armée du pied de paix au pied de guerre, en hommes et en chevaux *.

A la réorganisation de l’armée en 1860, on créa

1 . Voir pages 35 et 36 pour la composition de ces dépôts permanents. ( Note des Éditeurs.)

36 nouveaux régiments d’infanterie de ligne, ce qui fit un total de 32 -f- 36 ou 68 régiments formant 34 brigades; mais, comme on ne changea rien à la division en districts de bataillon de landwehr, il s’ensuit que 3 bataillons de landwehr, qui correspondaient précédemment îi un régiment d’infanterie de ligne, ne correspondirent plus qu’à une brigade. Les numéros des régiments de nouvelle formation n’étaient donc pas représentés dans la landwehr.

NÉCESSITÉ d’une NOUVELLE ORGANISATION DE LA LANDWEHR.

Le premier soin de la Prusse, après la paix de 1 866, fut de constituer militairement les pays qu’elle venait de s’annexer, le Hanovre, le Schleswig-Holstein et la Hesse ; et, avant même de songer à l’organisation civile, elle divisa le territoire de ces pays en districts de bataillon de landwehr. Toutefois cette division ne pouvait être que provisoire, puisqu’il importe toujours qu’elle concorde autant que possible avec la division territoriale administrative, laquelle ne devait se faire que plus tard.

Comme l’administration civile vient d’être définitivement organisée, on a donc modifié aussitôt la division en districts de bataillon de landwehr dans les provinces annexées, où se recrutent les trois nouveaux corps d’armée, les 9*, 10e et 11*.

D’un autre côté on avait reconnu que l’extension du système militaire prussien aux petits États de la Confédération de l’Allemagne du Nord obligeait h, des changements assez notables dans la division en districts de plusieurs circonscriptions militaires de l’ancienne Prusse (celle d’avant 1866). On a donc procédé pour toute l’étendue de la Prusse actuelle 5 un remaniement complet de la division en districts de bataillon de landwehr.

Il n’est peut-être pas inutile de faire remarquer que, à ne considérer que la Prusse d’avant 1866, une telle révision y était devenue indispensable en raison des inconvénients attachés, comme on va le voir, à l’ancienne division territoriale.

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