Rapports relatifs à la consolidation des temples
LoiNquVn 190/1 le Gonvornemcnt éjjyptioii prit l;i rf'solnlion fin rf-lovpr le barrnge d'Assouan, deux parlis s'olTraienl à nous : onlamor nue rampfifjiie de protection au nom de la science, et provoquer en Europe un rnouvenir-iit d'opinion qui n'aurait pas eu plus de chances d'aboutir qu'en 1 9o5 , ou composer avec le Ministère des Travaux publics, afin de réduire le mal au minimum et (l'ohtenir les fonds nécessaires pour explorer le pays, pour consf)lidf'r les temples, enlin pour en publier les inscriplions avant (piils lussent u\i-< à l'eau. Ce fut nalin'ellenient à cr> deiixième parti (pif \o ino ran^roai. f[ .Sir William Garstin, alors sous-secrétaire d'Etat, entrant dans mes idées, mo promit de nous allouer, sur les crédits généraux (pi il réservait ;i l'entreprise, tout l'arfi'ent dont nous aurions besoin pour assurer la sécurité des monuments.
La Nubie avait toujours été jusqu'alors, jiar la lorci.'des choses, la»province la plus néghgée de notre domaine. Lorsque le Service tut créé en 1 807 , olI»' y lut comprise ainsi que le Soudan d'alors, mais Mariette n'eut jamais le temps ni les moyens de s'occuper d'elle: il n'y installa ni inspecteurs, ni ghalirs, ni chantiers de recherches, et il se borna à prier le ^ ice-Iîoi Said Pacha . de, faire (loniier aux employés de radminislration locale l'ordre d'y protéger les anli(piil('s. l*]lle ne souiïiil (pie médiocrement de cet abandon. Les Européens la visitaient peu : ni la Comj)a<{nie Cook, ni aucune autre Compagnie \\\ avait introduit un s(M'\i((^ r('guli<M" d'excursions, et siMils ipiel- (pies voyageurs à dahabyc'h remontaient au delà de Phila'. La répression «les fouilles illicites (-lait, d'ailleurs, eiricace à (•(>lt(> ('po(pi(> : |e< Rerbt''rin< ne connaissaient pas la valeur des anticpiiles. et l(>s marchands de Lonxor ou les hakals }|recs n'avaient pas encore coiupiis l'impunité d(^ leur commerce. Le pays se gardait lui-même. (>l (|iiaii(l on compare les photographies de Maxime Ducamp avec cellc^s (pie H('ato [)ril de iS/tî à 1878, on ne l'emarque aucune
{lillerence ii()lal)le oiilri" les unes cl les niilros. Lorsque je succédai à Mariette en 1881, les choses étaient donc encore à peu près dans l'état où il les avait trouvées vingt-trois ans plus lot. Après avoir pris possession du Service de rÉ|îyptc en 1881, 1882, i883, je me préparais îi instituer la police en ^abie : Tinsurrection du Mahdi coupa court à mes projets. Grébaut, (pii m'avait succédé en 1886, ne fut pas plus heureux c|ue moi, et lorsque, Donoolah ayant été reconquise, M. de Morfran voulut envoyer M. Daressy constal(>r ce qu'étaient devenus les sites antiques jusqu'au-delà de Wadi- Halfa, le Sirdar lui lit répondre qu'tf en raison des exigences des services r militaires et de la condition actuelle de la province, il ne lui était pas pos- « sible d'autoriser en ce moment l'entreprise de nos travaux, v '"'
Lorsque je rentrai en fonctions, le i"' novembre 1899, l'accord intervenu au mois de janvier précédent avait restitué à l'administration civile ses droits sur les pays situés au sud de la première cataracte, depuis Philœ jusqu'à Adendàn : aussitôt après avoir remis l'ordre au Musée et dans les provinces, je songeai à étendre la surveillance aux portions du territoire que nous avions laissées de côté, les Oasis et la Nubie. Dès les premières informations, j'appris que les treize années écoulées entre mon départ et mon retour lui avaient été plus funestes que tous les siècles de la domination turque et mamelouque. Les raisons en sont faciles à comprendre. La révolte du Mahdi, obligeant le Gouvernement à entretenir une grosse armée sur la fi'ontière méridionale, y avait attiré ce qu'on n'avait jamais vu depuis l'antiquité, une population active, sans cesse en mouvement, qu'il fallait renforcer, ravitailler, fournir d'armes et de munitions au fur et à mesure des besoins. Bien que la plupart des objets de nécessité vinssent du Caire et même d'Europe, les habitants du pays, engagés comme domestiques ou comme valets d'armes, avaient eu leur part de l'argent dépensé, part faible en soi, mais considérable si l'on tient compte de leur pauvreté. Ils achetèrent des terres, bâtirent des sakiéhs pour les arroser, se construisirent des maisons nouvelles,
'" Lettre du AlinisltVe de la Guerre au Ministère des Travaux publics, en date du 12 décembre 189G.
apprirent à apprécior puis à recherrher les objois antiques que les offîriers et les soldais européens leur demandaienl. Déhol et Dakk«''h soulîrirenl surtout : la moitié à peine des édifices (ju'on y renroulrait on i883 subsistait en 1899. J'aurais voulu, dès 1900, aller constater le donimafje et décider sur les lieux des mesures propres à le réparer autant que possible. L'argent manquait malheureusement, et je dus me résigner à prier l'inspecteur en chef du Said, Howard Carter, de parcourir rapidement la province et de m'indiquer cpu'ls travaux il jugerait urgent d'y faire. Voici le rapport qu'il m'adressa sur ce sujet, à la date du 20 mars 1901 :