‹ Rapports relatifs à la consolidation des temples (volume 2)Chapitre 41 sur 76 · LE TEMPLE DE DAKKÉH · texte numérisé non relu

LE TEMPLE DE DAKKÉH

Monsieur le Directeur général ,

Les travaux de consolidation du temple de Dakk.éh commencèrent le 3 octobre 1908, par les fondations du pylône et du sanctuaire d'Auguste : ils lurent terminés le ^3 mars iqoq. Jai suivi, pour les e.\écuter, les indications que vous avez données dans votre Rapport pirliniwaire.

Ce n'est pas, d'ailleurs, sans peine <[ue j'y suis parvenu. L'état des fondations était tel qu'au début jai craint de ne pouvoir v remédier sans risques pour la vie de nos hommes. Grâce à une surveillance de tous les instants, tant par moi que par M. Carlo Oropesa, par nos réis et par M. Menecagli que j'avais engagé comme contremaître, un seul de nos ouvriers a été blessé grièvement au pictl: il est remis aujourd'hui. Il mancjuait !ant de blocs que, pour me procurer les matériaux suffisants, j'ai du extraire de la pierre au Gebel el-Hayati. à une demi-heure au nord-est de Dakkéh: j'ai dû v envoyer une forte équipe d'hommes et deux barques, et j'en ai rapporté à plusitMirs reprises tiôoo mètres cubes de matériaux qui ont passé pour In plupart dans lr>< fondations. Je vous rappellerai enfin (pi'à mesure que nous remoulons vers le sud. la (bniculté des approvisituinemenls augmente : il nous a fallu faire venir d Assouàn loul ce qui l'Iail nécessaire pour uouiTir nos giMis et iioii-iiièiiies.

Temples de Nubie. i«

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Fondations du pijlônc. — Les deux tours du pylône étaient encore solides, à ce qu'il semblait au premier coup d'œil: dans la réalité, elles se seraient écroulées probablement au premier contact des eaux. Elles posaient en effet sur un radier en brique crue, qui avait été démoli et enlevé en plusieurs endroits par les cliercheursde trésors et par les preneurs de séhnkh. La partie en pierre des fondations consistait en quatre rangées de blocs en grès, hautes chacune de o m. ôo cent., soit, pour les quatre, une hauteur totale de 9 mètres. Vers l'ouest, la tour était minée complètement et elle ne tenait que par la liaison des pierres. A l'angle nord-ouest, les fouilles des sahbakliin descendaient jusqu'à G mètres de profondeur; elles avaient été remblayées en partie par le sable que le vent avait apporté, en partie par toute sorte de détritus provenant du village, mais ce remblai n'était qu'une niasse sans résistance. Avant d'aller plus loin, je dus étayer solidement cet angle, de peur que les blocs des premières assises ne tombassent sur nos ouvriers tandis (ju'ils [(oseraient les lits de béton. L'n peu au delà de G mètres nous trouvâmes le sol vierge, .le fis donc établir au lond de la cavité un premier lit de terre et de caillasse bien battu, sur lequel je construisis les pilotis en maçonnerie destinés à supporter toute la làbrique supérieure. Tout le temps que ce travail dura, notre chef-maçon, M. Menecagli, ne quitta pas la tranchée et sa présence encouragea si bien nos gens qu'aucun accident ne se produisit. Les pilotis en pierre et en ciment sont hauts de 9 mètres environ, sur un mètre de façade et i m. 9o cent, de longueur: ils sont séparés l'un de l'autre par un intervalle de i m. oo cent., et, pendant leur construction, je laissai subsister entre eux par précaution les portions du radier en briques anciennes. Lorsque toute la face ouest eut été garnie de pilotis, je fis enlever tous ces reliquats de briques et je les remplaçai par des murettes on pierre et ciment très solides, de même profondeur que les pilotis et qui les reliaient entre eux. L'intervalle libre entre ces parements composites qui garnissaient les quatre faces du pylône fut bourré ensuite d'un béton très solide de caillasse et de chaux, si bien qu'en fin de compte, le radier de terres ancien fut remplacé complètement par un radier de concret et de maçonnerie. Au moment où je fermai la campagne, le 2 3 mars igog, ces nouvelles fondations navaient pas lléchi et aucun des murs qu'elles supportaient navait bougé. .Lai exécuté le même travail sous les murs du temple, et j'ai substitué partout les fondations en pierre, ciment et béton, aux fondations en briques crues des architectes éthiopiens.

Ce premier point obtenu, j'ai cru qu'il convenait de prévoir les affouillements que l'eau pourrait produire en montant puis en s'écoulant, et je me suis décidé à établir un perré vigoureux tout autour des fondations proprement dites. J'ai

iniM'OlîT Snii LE TK.NFI'f.E DE I)\KKr:i(. 91

donc l)àli loiil (I Jiliord, vers le coté nord, à une dislance de .') mètres du soubassement du |»vlône, vers ](îs côtés ouest, est et sud. à une distance de 'i mètres sculemeiil. un mur en incnc cimentée épais de o m. ôo cent., et dont la jjrolondeur viiin; de :> à .'i tnèti'es selon les endroits, parce <|ue j ai tenu à lui faire épouser les reliefs du sol VH'rrje, pour assurer sa solidité. A l'extrémité supérieure son niveau ne clian|}e [)as sur toul son parcours. Jai divisé I intervalle compris entre ce mur et les fondations en com|)artimcnts limités par des murettes transversales de 2 mètres et demi en > mètres et demi. Ces compartiments ont été subdivisés à leur tour, el tout le vide a été rempli d'un béton com|)Osé de cliaux. de liomrali, de; sable, de caillasse et de pierrailles, et disposé en couclies de

0 m. 5o cent, d'épaisseur. (îette banquette aciievée, jai établi tout autour, à la distance de 9 mètres et demi, un second mur bas, qui servira de brise-lames au moment où l'inondation montera et descendra. L intervalle entre les deux murs a été recoupé comme précédemment (cf. pi. \CVj. et forme aujourd'bui un perré incliné de béton et de maçonnerie à lintérieur. qui est recou\ert extérieurement d'un |)arement de pierres sèclies fortement cimentées. Un escalier encastré dans le mur incliné a été ménagé au nord, en face la grande baie du pylône, et conduit sur le j)alier puis dans l'inlérieur du Icniple. Enfin, pour compléter le système, j'ai dressé en bordure, au bas du perré, sur une largeur de o m. Go cent., un rang de grosses pierres (pu en protégera la base. Ce palier, qui fait \c loiii' du lem|)le. empècliera I attaque directe de I eau contre les murs. Quelques personnes, (.'t même des arcliitectcs. qui ne se rendent pas un compte suffisant de ce ({ue sera la condition des lieux après le surexhaussement des eaux, lOnl ciiticpié. disaul que les temples égvpliens n'avaient jamais de soubassements pareils. Il est possible et même certain : ils auraient dû songer pourtant que jamais lem|)le égvptien ne s est trouvé exposé, dans I antiquité, à demeurer régiilièrenuMit sous leau six ou sept mois j)ar an. A des dangers non prévus |)ar les anciens, il faut opposer des précautions nouvelles, au ris(jue de rompre avec la tradition : la conservation du monument prime toul.

Corps (In jii/l('iiir. — .1 ;ii repris en maçonnerie et au ciment, recouvrant le toul d un crépi solide, la moitié inférieur*' ilu pvlône(cf. pi. \CN *. J ai oonsiruit deux marelles en pierri' «mi a\aiil de la baie centrale, du côlt' iKud et du côté sud . el

1 ai rauKMié à leur site antitpie les seuils de granit noir qui avaient été déplacés. La paroi ouest de la port(^ avait soiilbMt : jeu ai rejoinlové les blocs au ciment. Les dalles du plafond ("laii-nt fendues : j'ai passé sous elles des poutrelles en fer.

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(|ue jal dissimulées sous une couche de plâtre et de ciment. Les deux poternes qui ouvrent sur la façade sud et qui conduisent aux escaliers étaient fort endommagées : jen ai complété au ciment les montants et les linteaux, puis j ai installé deux petites marches en avant d'elles pour en faciliter l'accès. Il m'a fallu en même temps reprendre très minutieusement les chambres du rez-de-chaussée, refaire en pierre les montants de leurs portes, cimenter les murs, soutenir avec des barres de fer les plaques brisées du plafond, remplacer le dallage par une nappe épaisse de béton, liomrah et chaux. Je n'ai eu qu'à réparer légèrement les escaliers, mais j'ai du exécuter dans les chambres des étap^es supérieurs les mêmes consolidations que dans celles du rez-de-chaussée. Aux terrasses, je me suis borné à saisir avec des crampons de fer les blocs des corniches, dont plusieurs risquaient de tomber. Enfin, j'ai remanié au ciment les quatre faces des deux tours et le dessus de la porte centrale (pi. X(jVI).

ComtnuUon du jjnmd cchafandage. — Les blocs éboulés lors de la dernièi'e catastrophe formaient autour de la portion antérieure du temple des tas si confus et si compliqués (pi. LXXXVIII, LXXXLX), qu'il y aurait eu danger à essayer de les séparer les uii.s des autres selon les procédés ordinaires. J'enchâssai donc le temple entier au centre d'un échafaudage vigoureux (cf. pi. XCIV), garni de palans puissants et de treuils, puis, enlevant les pierres l'une après l'autre, je les transportai à droite ou à gauche, selon qu'elles appartenaient à l'un ou à l'autre des murs est ou ouest. A mesure qu'elles sortaient du tas, je les étudiais, et peu à peu la confrontation des inscriptions et des figures me permit d'abord de reconstituer ce qui subsistait encore de chaque registre, ensuite de replacer les registres l'un au-dessus de l'autre et de recomposer les murs. Ce travail a été long, fastidieux, mais il était inévitable, et je n'aurais pas réussi à bien m'acquitler de ma tâche, si je n'avais pas eu la patience de l'entreprendre et de le mènera bonne fin, tandis que je réparais le pylône.

Pronaos. — Ainsi que vous l'avez dit dans votre Rapport prrhminaire . le pronaos s'est écroulé depuis 1890, à l'exception de la porte sud qui menait au sanctuaire dErgamène, et d'un pan de mur à l'angle nord-ouest (pi. XCI); encore les fondations de celui-ci étaient-elles si peu sûres, qu'un coup de pioche donné sous la pierre d'angle aurait suffi à tout renverser (cf. pi. LXXXVIII, XG et XCI).

Les blocs de cette salle étaient tellement entremêlés sur le sol avec ceux (jui provenaient des autres salles, que le trillage en a été des plus longs et des plus perplexes. Une fois qu'il fut achevé, je reconnus que beaucoup d'entre eux

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n'existaient plus; ils avaient été brisés par les liahilants pour être utilisés dans leuis constiuctions. Je reconnus é{]alenient que la plupart des pi«kes du dallafje avaient dû être enlevées avant l'écroulement des superstructures. Je n'en trouvai en effet cpKi deux encore en place, et Tabsence des autres compliqua singulièrement la restauration; les architectes égyptiens avaient (;n effet ! habitude de faire marquer au trait, sur les dalles une fois posées, les contours extérieurs des miiis et d(;s portes. Il ma donc lalhi. m aidant des mesures prises par mes prédécesseurs et des restes d inscriptions ou de tableaux qui subsistaient, déterminer la place des murs et des ouvertures.

La façade nord du vestibule n'a conservé que la moitié environ de ses éléments primitifs. J'ai dû construire, en partie avec des matériaux neufs, langle nordest, et compléter de la même manière l'angle nord-ouest (cf. |d. XCViil ). Les deux montants de la poi'te d entrée et les deux colonnes qui les soutiennent ne possèdent qu'un petit nombre de leurs pierres anciennes. A droite, le montant et le fût sont reconstruits entièreuient rm ciment et en moellon, jusqu'à lendroit où le fût se dégage du montant: les blocs du chapiteau qui étaient heureusement assez bien conservés ont été remontés tels (juels. A gauche, je n ai plus retrouvé, des blocs de l'ancienne construction, que la corniche qui terminait le montant de la poile et une portion du chapiteau. Les abaques des deux colonnes manquaient, et j'ai dû en faire tailler deux nouveaux pour soutenir larchitrave. Des deux [)elits murs d'entre-colonnement rien ne subsiste, mais leur hauteur m'était donnée par les traces ([u ils ont laissées aux deux murs d'angle. Sur cette façade ainsi reconstituée il restait à installer 1 architrave qui naguère fermait les baies par en haut o\ qui supportait la couverte. Deux pièces seulement en demeuraient, celle de i extrémité est et celle de l'extrémité ouest : la pièce du centre avait été détruite. Il était d'autant plus nécessaire de refaire cette partie solidement, quelle ('lait destinée à supporter le poids énorme des grandes j)Outres en j)ierre du ])lal()nd. Je la reconq)osai au moven ilf six fortes poutrelles en fer, appuyées sur les deux colonnes qui encadrent la porte : je posai sur elles, en travers, de grosses barres de fer, le tout fui pris dans une couche épaisse de ciment li(juide, et, sur cette armature, je bâtis en pierre et ciment, à la hauteur des fragments anciens, la portion man(piaut(> de l'architrave i^cï. pi. XCMII I.

J'ai pu remonter presque en entier le mur est: lum sans peine, car les inscriptions el les ligures avaient soullert beaucoup dans la chute, et j'ai dû lin reprendre à j)lusieiirs fois avant de n'ussir à les rapprocher correctement. Le centre de la paroi sud était occupt' par la porte ptolémaï(|ue (pi. XC.III; cl. pi. ,\C, XCI. .XCII), dont je décrirai la réfection tout à l'heure, mais je n avais

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plus que (|iiel({U('S débris iiilorines tics deuv pans de mur ijui oncadraient celte porte. J'ai reconstruit entièrement en maçonnerie le pan de Test, afin doffrir un point dappui solide au\ poutres du plafond. Gomme la portion est de celui-ci manque, je nai pas jugé qu il y eût utilité à en agir de même avec le pan ouest, et je me suis borné à le rétablir en gradins : il sei'vira de contrefort à la porte (cf. pi. XCVIII).

Vous m'aviez recommandé de remettre en place, malgré leurs fractures, toutes celles des poutres du plafond que je rencontrerais : j'ai réussi à le faire pour six d'entre elles, .l'ai commencé par tendre jjour cliacune d'elles, entre les deux murs sud et nord, deux solides poutrelles en fer, réunies d'espace en espace par des poutrelles moindres, et jai couché les fragments sur cet appui; j'ai dissimulé ensuite les fers sous un enduit de plâtre, et notre travail de restauration n'est pas trop apparent. Il a du moins l'avantage de mettre les blocs à l'abri de l'eau, et par conséquent de les soustraire à la destruction par le salpêtre qui les attendait si nous les avions laissés sur le sol. C'est la même raison qui vous avait décidé à ordonner la reconstruction complète des colonnes de Kalabchéh.

Vestibule du sancluairc. — Il était entièrement détruit, quand j'arrivai à Dakkéb, sauf la belle |)orte ptolémaïque dont j'ai parlé plus haut, et par laquelle on y pénétrait en venant du pronaos.

La porte ne semblait pas être en trop mauvais état, mais à l'examiner de près, je me convainquis qu'il y avait lieu de la démonter au moins en partie (pi. XCII, XCIIl) : toutes les pierres de fondation étaient rongées par le salpêtre et s'eflritaient au moindre choc. J'enlevai donc les blocs de la corniche et du linteau, me contenlant d'étayer vigoureusement les deux montants, puis je consolidai leurs fondations au ciment, je remis en position les parties descendues, et je fis construire au-dessus, en petit appareil et en ciment, la portion de mur détruite, de façon à donner un a[»pui inébranlable aux poutres de fer qui soutiennent les blocs du plafond du pronaos.

La paroi ouest n'existe plus, et je n'ai rien fait pour la remplacer (cf. pl.XCVlIl). Comme il restait deux des gros blocs qui formaient le linteau de la porte qui ouvrait dans la paroi est, j'ai reconstruit celte paroi, et j'y ai mis les deux blocs à une place identique à celle qu'ils occupaient dans la paroi primitive. Quant à la paroi sud, qui est commune à cette pièce et au sanctuaire d'Ergamène, j'en ai retrouvé la plupart des blocs épars sur le sol et je les ai assemblés de nouveau : j'ai suppléé à ceux qui manquaient par une maçonnerie bien cimentée.

Vestibule cVEv^'^ainhie. — Toute la paroi nord et les deux^ tiers des parois est

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cl ouesl en {|isaif'iil sur le sol : elles avaient ét<; pinjelees liien loin an moment (le la catastrophe, et elles l'ormaienl à lest et à I ou(;st di-iix talus de pierres ébrécliées (d. [)l. LXXXIlI-Xdll ). .lai commencé parétayer les pfjrtions encore (le])oiit (les deux murs est et ouest, ([ui s'étaient dislo(piés alors et ((ui tenaient à |)eine en é(|uilil)re. puis, au mo\en du fjrand écliafaudafje dont j ai parlé plus haut'", j'ai séparé les éléments des diverses parois quil safjissait de n*construire. Je (h'iiiolis ensuite h- unir mkI en entier, puis les |)ortions subsistantes du mur ouest, et. nioiilanl au\ blocs qu'elles renfermaient ceux que j avais trouvés dans les décombres, je réussis à restituer ce mur en son entier. Je reconstruisis éfjalement les parties maïupiantes du mur esl. puis le nuir nord avec la porte (jui conduisait au veslibule. Deux des dalles qui ibrmaient le plafond étaient encore tn situ, le loue du mur sud : |e les soulevai au moyen de crics, alin de pouvoir descendre et remonter à leur place les blocs de la paroi sud et le linteau de la porte (|ui ouvre sur le sanctuaire d'Aufjuste. puis je les redescendis et je remontai à ((^le d Ciix les quatre autres poutres qui s étaient écroulées najjuère.

î.a moitié du dalla^je manquait dans la réjjion nord de ce sanctuaire: je lai remplacée |)ar une épaisseur suflisanle de béton.

De toutes les salles bouleversées, celle d Ergamène est la seule à laquelle nous ayons pu rendre complètement son aspect primitil.

(IhajK'Uc de l'csl. — L'ne petite piule, taillée après coujt par les Uomains dans la piiroi est du sanctuaire dEr{jamène. lors (h; laménaf^ement du temple sous Aujfuste. mène dans une toute petite pièce. (|ui sert d antichambre à une sorte de réduit lar;>v à peine de i m. oy cent, et Ion;; de i m. 86 cent. (cf. pi. XCl I. Elle est parallèle dans sa lonjjueMi' au sanctuaire dErjjamène. et Ion y cachait, je crois, le trésor des prêtres, ainsi (|ue les objets de culte délicats (|u on ne pouvait conserver en bon étal (]ue dans l'obscurilé. On nv pouvait pénétrer que par la cellule et par la poi'te i|ui donne sui" le sanctuaire. Les chercheurs de trésors avaient telleiiieiil boiileversi' les substructi(ms que les ijualre parois étaient en porle-à-laux: dans leur rage de ne rien trouver, ils avaient pouss»'. dans toutes les directions, di^s couloirs souterrains ipii avaient à moilu' délriiit le radier en briipies crues. J ai combh' tous ces terriers avec un bt'lon de hoinrah et do ciment, puis j'ai reiiioiili'- le sol à son niveau ancien, el jai ré-paré le petit escalier (le deux marelles qui. de ranlichaiiibre. mène à la chapelle.

Le mur nord de la petite anticlianibii> s"t'tait écroulé et les matériaux non

^" \oir plus liaul. p. 93 il pt. \( l\ il" pirsoiii \oluiut\

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existaienl plus: jo l'ai reconstruit en pierre et ciment. Les autres parois étaient en assez bon état, et je n ai eu qu'à en retoucher les joints avec du ciment.

Sancluaire d'Aujimlc — C'est la salle qui a le uioins soufTert. Décorée avec assez de néglijjence sous l'empereur Auguste, elle prolonge l'ancien sanctuaire d'Ergamène, sans lui être liée d'aucune façon : c'est une simple juxtaposition. Sa paroi nord (cf. pi. XCI) n'est autre que le mur sud de l'ancien édifice : elle a été fortement endommagée. La porte qui y est percée tenait à peme : le linteau en était brisé en di\ morceaux, et les blocs de l'angle nord-ouest étaient complètement disloqués. Pour tout remettre en état, j'ai dû, comme je l'ai dit plus haut"', démonter la paroi entière puis la reconstruire, assise par assise, après en avoir consolidé les fondations, qui en cet endroit posaient sur de la terre et non pas sur un massif de briques crues comme celles des murs extérieurs. J'ai saisi chacun des blocs avec des crampons de fer et du ciment, et j'ai soutenu les fragments du linteau par quatre poutrelles en fer, encastrées dans la pierre même. Actuellement toute cette paroi nord est très solide. Elle affrontera sans danger l'inondation qui, selon les calculs des ingénieurs du Réservoir, dépassera la hauteur de a mètres dans le sanctuaire.

Je n'ai eu quà rejointoyer avec du ciment les trois parois est, ouest et sud. Le naos en granit qui occupait le milieu de celle-ci avait été brisé très anciennement, et il n'en restait plus que deux grands fragments, la base et la partie supérieure, avec quelques morceaux insignifiants des parois latérales. J'ai remis la base en place devant la baie qui perçait la paroi (cf. pi. LXXXIX, XCI), j'ai rebâti les trois parois en ciment armé et en maçonnerie, et j'ai reposé sur le tout le couronnement ancien.

La chambre ainsi reconstituée, j'ai soutenu par une poutre en fer le seul des blocs du plafond qui était encore en place : les autres ont dû être détruits très anciennement, car je n'en ai plus trouvé aucune trace. Le dallage a dû être enlevé de même systématiquement et remployé ailleurs. Le sous-sol avait été bouleversé par les moines en quête des trésors du temple, à la profondeur de plus d'un mètre et demi. J'ai comblé les vides avec un béton de homrah, chaux, sable, pierraille, et j'ai ])assé au-dessus une couche épaisse de ciment jusqu au niveau du dallage anti(|ue.

Escalier. — J'ai refait les quelques marches que les moines avaient supprimées,

'" Cf. [). gS du présent volume.

RAI'IMiliT SLIi LE TKMI'I.E DE DAKKKII. 97

l()is(|u ils j)orct'rt!iil uiiu porte (cl. |tl. \C-XClj pour alliM' (lireclLMiioiil du sanc- Uiaire d Krfjaiiièno à l'extérieiir du templo, vers l'ouest. Les autres étant en hon élal, je n'ai pas eu à les retoucher, .l'ai dû seulement démonter puis remettre en place, en les fixant pai-di.'ssous a\('c de j^ios crampons de fer. les blocs qui lornirnl la |)arlie subsistante du toit de I escaliei' : ils s'étaient disjoints léfjèremenl loi's de la dernière catastrophe.

Tcrratiscs. — Delà partie des terrasses qui recouvrait le sanctuaire d'Aiifjuste il ne reste plus, ainsi <|u« je lai dit, qu une seule dalle'*', mais la pai'tie qui couvrait le sanctuaire d'Erfjamène a été remontée'"'', et les six dalles qui la composent ont été reliées l'une à l'autre sur les côtés par des fjrilFes en fer cimentées solidement : dans la pratique, elles ne forment plus quun seid hloc.

Mur c.rU'ripKr, cdlc csl (pi. XdVIl ). — Les portions reconstruites du mur extérieur du pronaos du vestihuli- ui' renferment fjuère ([ue les hlocs anciens qui a|)parl('naient à ce mur : une petite partie seulement en a été refaite au ciment, où cela était nécessaire pour tenir en place les pierres antiques. Les blocs de la corniche qui couronne le sanctuaire d Aufjuste avaient été projetés en avant de plus de vin^jt centimètres el ils ne tenaient plus en place que par nn esjiace de o III. i5 cent, à peine, .le les ai remis en position jtar poussées lentes, puis je les ai fixés avec des crampons en fer et du ciment. Toutes les jointtires dos blocs ont été reprises au ciment.

\Iiir c.vtéricur, ctUê sud. — • .1 ai fermé la [xjlernc (|ue les moines v avaient ouverte dans le cadre de la slèli- (|iii occupait le milieu de ce mur ( pi. I.WMN i. (l'était une sim|)Ie porte de service, car ré^jlise était, non pas dans le sanctuaire d Auj'usle, mais dans le |)ronaos. .lai rempli la baie d une forte maçonnerie, sur la(|uelle j'ai passé un cn'pi de cimciil. domine au mur extérieur de lesl. tons les blocs ont élé joinlovés au cimeiil. el les portions de la corniche ipii avait-nl été repoussées en dehors ont été rameiu'es à leur |)lace.

Miii' c.vIrnCiir. nîl(' oiirsl ( pi. \(!\ 111 ). — .1 ai fermé (Mi maçonnerie recouverte d'un crépi de ciiikmiI la |i(iteriic (pie les moines avaient percée à travers I escalier'"". puis jai i('|omlii\ e Ir iiiiii' exIiTieur de cet escalier, qui court parallèlemenl au saiicliiaire d Aiijjiisic. \ partir du saiicluaire d'Kr;;;amène. en marchant vers le nord . loiil II- iiiiii' exlt'rleiii' d<> I ouest est dt-triiit . et il ii a pas pu être reconsirnil .

'" \oir |iliis IkIiiI, |i. i)(i ilii jii'i'scnl \oliiiiii'. '"•'' Voir plus liant . |i. ()."i du prcsoiil voluiin'. '" Voir jiliis liant . |i. OT'O*^ ''" l"'"'^''"' miUiiiic.

98 A. BAltSA.NTl.

ainsi que jo lai dil en son lieu dans ce rapport, parlant de chacune des salles en son particulier.

La d(''|)ens(! totale a e'té de L. E. 8667. iy() niill. ainsi réparties :

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