‹ Rapports relatifs à la consolidation des temples (volume 2)Chapitre 51 sur 76 · II. GAUTHIER · texte numérisé non relu

II. GAUTHIER

peu à droite du temple, un édifice do dimensions assez modestes (16 mètres de côté ), dont il ne reste plus que les fondations et le dallage (fig. 5). Ce petit temple

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Fi;;. 5. — Pl.in du kiosijup d'Ainada.

'tait exactement carré, et un escalier de pierre regardant le Nil conduisait au liveau de son dallage, qui était élevé de près de '> mètres au-dessus du sol. Le

RAPPORT SUR NK MoMMKM DL SUH-OUEST A AMADA. 131

dallajje était [ji'usquc coiiiijlèlciiient à découvort lorsfjuc, \<i fi janviei" 1910, au cours de votre inspection des travaux de Nubie, vous donnâtes Tordre de déblayer le monument sur ses quatre faces; l'escalier se laissait aussi deviner grâce à quelques-unes de ses pierres f|ni ('mergeaient du sabl«\ Le déblaiement fut court et ne donna pas lieu à de bien importantes découvertes; une vingtaine de fragments de colonnes, fûts, chapiteaux, abarjues furent pourtant trouvés ainsi que (juelques blocs porlani des inscriptions. Avant de décrire ces restes, je voudrais dire dcuix mots siii' la disposition de I édifice, ou du moins sur ce qu'on peut déduire de l'examen de ses maigres ruines.

Le temple, avant servi |)robablement de lieu de purification pour le roi lorsqu'il débarquait à Amada, avant de se rendre au jjraiid temple pour v célébrer les cérémonies du ciiilc en l'honneur de Uâ-IIarmakhis. alfectait, selon toute vraisemblance, la forme d un |i('lil kiosque-autel, analogue à celui (!<• Trajan à Phibe.

ijes vingt-cinq morceaux, dont deux abaques, retrouvés sur vos indications, nous ont laissé les traces de cinq colonnes; j ai recherché sur les dalles si l'on vovait encore la trace de ces colonnes et si l'on j)0uvait dire combien elles étaient, mais ces recherches ont l'-té vaines. Ces colonnes, plus étroites à la base que sur le reste de leur liauleur, mesuraient o ui. '10 cent, de diamètre moyen, et ces dimensions du diamètre peuvent donner une idée de leur hauteur. Au-dessus du (diapiteau r(q)Osait un abacpie assez peu élevé, qui soutenait luimême les architraves. Il reste deux fragments de ces abaques et deux fragments également d'une architrave.

La hauteur du dallage au-dessus du sol était de 1 m. i>o cent. Un escalier conduisait, sur la face sud. regardant le fleuve, au sommet de la plate-forme. La largeur et la longueur de 1 édifice étaient de Ht mètres: et, si Ion tient compte du petit seuil (variant entre o m. 1 5 cent, et o m. 'lô cent, de largeur) qui encadrait la construction sur tout son pourtoui-. celte largeur et celte longueur atteignaient t G m. Go cent. Lédific(> ('tait donc rijjoureusement carré. In boudin arrondi de o m. ??o cent, de diainèlie inaii|uait cbacun des rpialre angles: un assez grand nombre de pierres d angle ont ('le reliniivées, princi|)alement à l'angle nord-ouest, derrière lédilice et à gaucdie.

L'escalier, placé exacleuu'ut au nulieu de la face regardant le Nd. mesure ^1 m. 60 cent, de lar;;eur et - m. yo cent, de loujjueiir dans sa parlu* conservée; mais il est probable i|n d eliut plus long et savançail plus près du fleuve. Il était bordé ;"i droite et à jjauclie de deux rampes inclinées, larges chacune d'iMniron o ni. ()o cent.: cliacnne délies elail longée à sa base et sur son

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côté oxtérieiu' d'un petit seuil large de o ni. i5 cent, à o m. 2 5 cent. Entre ces deux rampes, les marches de l'escalier mesuraient a m. 10 cent, de largeur; il n'en reste aucune, et il n'est pas possilile de dire exactement quel était leur nombre.

Les assises inférieures de la construction, c'est-à-dire celles qui, au-dessous du sol, formaient les fondations, et la première an-dessus du sol, étaient composées de gros l)locs, assez mal taillés, capables d'olfrir une grande résistance. Les assises supérieures, au contraire, consistaient en blocs de plus petites dimensions, foi't régulièrement taillés et ravalés, et la construction en était très soignée. Enfin la hauleur des ruines est moins grande sur la face postérieure (nord) que sur les trois autres, car deux et parfois trois assises de blocs sont tombées au-dessous même du dallage.

Sur le côté droit, côté est, de l'escalier, et perpendiculairement à lui, on voit lanieurement d'une rangée de briques, large de 0 m. 36 cent.; cette ligne part de l'escalier même, qu'elle touche, et court parallèlement à la face sud sur une longueur de 9 m. 80 cent. Il est probable que nous avons là les traces de l'enceinte de briques qui devait entourer lédifice sur ses quatre faces. En tout cas, il n'a pu être retrouvé aucune autre partie de cette enceinte sur les autres côtés, et la ligne suljsistante cesse brusquement à l'est, sans qu'il soit possible de voir une amorce d'angle et de continuation du mur sur la face est.

Les colonnes sont du type pnptjrifonue J'ascicuh> à huit tiges étranglées à leur partie inférieure et réunies par des liens à leur partie supérieure. Le diamètre du fût, autant qu'on en peut juger par les fragments subsistants, varie entre 0 m. 35 cent, à la base et o m. 4o cent, ou 0 m. /i5 cent, plus haut. Les chapiteaux, en mauvais état, sont légèrement épanouis à leur partie supérieure; leur hauteur semble n'avoir pas été inférieure à o m. 60 cent, ni supérieure à 0 m. 80 cent. Le seul abaque à peu près intact qui ait été retrouvé, est carré, et mesure 0 m. 68 cent, de côté; sa hauteur est de 0 m. 3o cent. Quant aux l)ases, il en a été trouvé aussi un exemplaire; il mesure 0 m. -20 cent, de hauteur et 0 m. 5o cent, à 0 m. 55 cent, de diamètre.

Ces considérations générales sur la construction du petit kiosque étant exposées, il reste à voir à quelle époque on peut la faire remonter. Un fragment de stèle dont j'ai publié ailleurs le texte m'avait d'abord fait songer à Aménophis IV comme constructeur de l'édifice; mais la stèle est un monument mobile qui peut avoir été apporté là à nimporte quelle date, tandis que les blocs faisant partie intégrante de la construction même sont un argument plus probant lorsqu'il s'agit de déterminer la date d'un monument. Or trois de ces blocs ne laissent

i;\i'i'<)i!T si;n ia'. \io.\umF':nt du sud-ouesï à amada.

aucun doute à ce sujet, et donnent clairement, l'un le prénouj, les deux autres le nom de Séll 1"^. Ces deux blocs, tout pdits, portent :

)jjjL où \\ est certain ijuon doil lin; à la tioisiènie \ lipiie le cartouche-prénom de Séli \" :

9° Un reste de psclœnl Jï , tronqué à sa partie inférieure, et à {jauclie : w^

3" Un IVajjment de lijjue hiéro}jIvphi(jue verticale : ?j|~j \. |g|g .[■ 8 <[ui ne se peut restituer qu'en ; .J^f^J V *^ v M- ''^ ''"^ '''"'^^ derniers \i^ irajjments nous doiin(M)t la légende : 4»|^ (" H J! ! I^J V "^ v M •

Nous obtenons anisi, avec le bloc portant le cartouclie-pn'noui de Séti 1". le nom du fondateur de l'édifice et aussi le nom de la divinité en I honneur de (jui il était fondé, Hâ-llarmakhis. le dieu local d'Amada. à qui était également consacré le grand temple de la XVIll' dynastie.

La présence de Séti 1" à Amada n'a rien d'anijrmal: elle était, i-n i-Hel, déjà connue par le grand temple, où nous avons vu le premier roi de la XIX' dvnasiie restaurer ( l\?^^ ) lé'diiice de ses ancêtres, et graver ses propres noms sur les (piatre embrasures du portail d'entrée et de la porte de lantichambre, après avoir pris le soin de sculplei" à nouveau le cartouche-nom d'Aménophis II. partout où l'avait détruit la fureur ianatique di; Klioiiiialoii d de ses premiers successeurs.

Veuillez agréer, M. le Directeur général, l'expression de mes sentiments tout dévoués,

H. riMTHIER.

Amada, i" février 1910.

I)i:hu.

Monsieur le Directeur gént-ral.

La réfection de ce teiiipK'. commencée le 1" décembre 1901), s'osl achevée le W 1 du même mois.

134 A. BARSANTI.

Cour et porliquc (pi. CXXXVIll). — Ils étaient encombrés Je sable, de pierres el diiniuondices de toutes sortes : les chèvres et les ânes du village s'y réfugiaient pendant les fortes chaleurs de Tété et les souillaient continuellement de leurs déjections, .lai donc commencé tout dabord [>ar faire enlever tous ces dépots jusqu'au roc. .lai ensuite attaqué la paroi de droite et j'ai bouciié toutes les fissures du rocher, ainsi (|ue la |)etite niche que les chrétiens v avaient creusée à un mètre au-dessus du sol. .l'en ai agi de même à la paroi de gauche, où toutefois les dégâts étaient moindres. J'ai dû pourtant consolider le gros bloc qui se trouve à la gauche de la grande j>orte d'entrée et qui conserve encore (pjelques restes de bas-reliefs appartenant au tableau de la bataille de Kadéche. .lai l'etouché de même les quatre piliers (jui restent encore del)Out, s])écialement les deux de droite: j'ai relié avec de gi'os crampons en fer les portions brisées de leurs architraves, et j'ai passé sous celles-ci des poutrelles el des barres également en fer. Enfin, j'ai repris en plusieurs endroits la paroi de fond du portique, (jui forme la façade de la salle livpostvle. J ai muré en maçonnerie recouverte d'un crépi de chau\ et homrali la poterne que les chrétiens y avaient pratiquée à la gauche de la grande porte, et par laquelle les visiteurs modernes avaient l'halùtude de pénétrer dans le temple jusqu'à ces jours derniers.

.lai fait briser le gros bloc informe qui l)arrait la grande porte (pi. GXXXIX), et i ai rendu celle-ci à la circulation : j'ai restauré en maçonnerie le haut de ses deux montants, afin d'y pouvoir fixer le cadre en bois destnié à recevoir la poi'le en bois et fil de fer que j'ai lait exécuter sur place par nos menuisiers. J'ai bouché, à l'extrémité ouest et tout au haut de la façade, la fissure que vous aviez signalée dans votre Rapport préliminaire'^^'' . et dont la présence compromettait la solidité de l'ensemble.

Salle hyposlyle. — Ainsi que vous laviez noté, j'ai trouvé peu à faire dans la travée centrale de l'hypostyle, mais les deux parois de droite et de gauche étaient en fort mauvais état.

La paroi est, paroi de droite, était criblée de trous faits, tant par les chrétiens au moment où le temple était devenu une église, que par les Musulmans lorsque ceux-ci transformèrent l'église en étal)le pour les troupeaux; je les ai tous bouchés soigneusement, en ayant soin de donner au mélange de chaux et homrah qui me servit à cet usage une teinte semblable à celle du reste de la paroi. J'ai ensuite soutenu d'une poutrelle en fer la portion du plafond attenante à l'angle nord-est.

'" \oir plus liant, p. G du préseni volume.

I!\I'|M)|;t si 11 l.i; TKMI'I.K DK DKHP.. 135

cl (jiii iiienaruil de sécrrouler, puis j ;ii leliiit. a\('C de» ijarrcs en li;!- scellées au [dâtre et recouvertes d'un rnélanfje de liomrali et de chaux teintée, 1 angle entier où la roche avait cédé laissant ouvert un {jrand trou.

La paroi de {jauclie, paidi ouest, présentait, près de lanfjle qu'elle forme av(.'c la paroi de façade;, une laqje ouverture pratiquée dans la roche par les chrétiens lorsqu'ils transforuièn-nl le t('ii)|)l(' en éjjlisc. .1 ai l'eriiié cette fausse porte, alin de consolider la paroi dans laipielle des fissures commençaient à se produire. De plus, de même qu'à l'anjjle opposé, un praïul trou s ouvrait au plafond que j'ai fermé comme l'autre avec des harres en fer, des crampons et du jilàtre. Dans le corps même de la paroi, les chercheurs de trésors avaient creusé une cavité énorme au-dessus de hupielh; la roche, très mauvaise en cet endroit, commençait à céder: je l'ai coinhiée d'une maçonnerie irrégulière d'éclats de pierre, de chaux et de homrah. (|ue j'ai recouverte d'un crépi de chaux et de homrah.

La paroi ouest, celle du fond, dans laquelle s'ouvrent la |)orte du sanctuaire et les deux portes des chapelles latérales, avait peu souffert, et je n ai eu qu'à v boucher ([uelques trous insignifiants.

SancliKiirc cl chaprllrs lalc'rdicti. — Les trois niches que les chrétiens v avaient [)ratiquées, deux dans la paroi de j;auche du sanctuaire, une dans celle de droite, ont été remplies avec une maçonnerie de moellons, chaux et homrah.* Dans le reste du sanctuaire, ainsi que dans les deux petites chapelles latérales, je nai trouvé que qiadques trous à boucher.

J'aurais voulu laver les parois, noircies par la fumée des fovers que les bergers avaient allumés à l'intérieur et engluées par la fiente des chauves-souris, mais j ai craint, en enlevant les croûtes de crasse, de (li'lniin' eu même temps la couleur auli(|ue (pii est encore visible sous elle. Maint«Mianl que nous avons expulsé les chauves-souris, et (pic la suppression di^s Irons el la fermetiiie de la baie principale au moven dune porte grillagée les empêche de rentrer, j ai bon espoir que leurs (b'jectioiis, se séchant, s'écailleront peu à |ieu et lomberonl sous ["influence de laii' et de la lumière, (lertes. il se [)assera du temps avant (|ue les parois se nettoient complètement de la sorte, mais du moins. (Ui ne pourra pas accuser le Service d avoir (h'iiiiil |i;ir (h^s lavages indiscrets le coloris des tableaux qui subsistait encore.

J'ai lait ici, comme dans la cour, enlever la litière de d/diris organi(]ues qui s était accumiili'e au ciuirs des siècles. |mis. comme le sol complètement (h'gaïui était trop rugueux. |\ ai fait ii'paiidre une couche «le sable »pii la ('■galis»'. Aiijoiird hiii I extérieur du temple lia |ias mauvaise mine (pi. ("ALi. el

isr, A. liARSANTI.

riiilérieur est aussi propre qu'il a cliance de l'être jamais. La dépense totale, y compris la confection et la pose de la porte, s'est élevée à L. E. 71.980 mill. ainsi réparties :

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