RAPPORT SUR LA RÉFECTION DU TEMPLE DE BIGHÉH
Monsieur le Directeur général,
Les travaux de consolidation du temple de Bigliéh ont commencé le 1 1 mars 1910 : ils se sont terminés le ah du même mois.
Eœlérieur. cote est. — Il était le plus menacé par les eaux, à la suite des sondages que la Mission archéologique organisée par le Survei/ Department en 1907 avait pratiqués immédiatement au pied des dernières assises des fondations, et qu'elle avait négligé de combler en quittant lile. Pour conjurer le danger qui résultait de cette situation, j'ai dû faire poser, au-dessous de ces assises, des fondations nouvelles en pierre et ciment, jusqu'à la profondeur d'environ deux mètres; puis j'ai construit, en avant du parement antique, un escalier en pierre qui, tout en facilitant l'accès du temple aux visiteurs, sert de contrefort au monument. Comme cette bâtisse nouvelle recouvrait la cote de nivellement tracée par les ingénieurs des Irrigations, j ai reporté celle-ci
RAPPORT SLR f. A RÉFECTION DU TEMPLE DE BIGIIÉII. 171
exactemeni, sur ronduil Aa cimcnl di' la maçonnerie nouvelle, au côté est-nord, près (le l'escalier. Sur les li'ois autres faces, j'ai renforcé les fondations par le moyen d'une hancjuelle larj^e dVnviron i m. (Jo cent., et quelques-uns des blocs (le ;;rariit. ImiiI (pii l'Iaient épais aux alentours ont été employés à ce travail.
Porta est. — Il ne restait ik-u de la j)orte pro|)rernenl dite, mais l«'S dt;ux murs nord et sud du vestihule étaient encore debout à leur place antique. .1 ai commencé par remettre dans sa position primitive, juste à l'entrée, la grande dalle qui avait été dressée par les indip^ènes en travers du vestibule en guise de cloison. .1 en ai fait autant pour la grosse dalle en granit rose qui était perdue parmi les maisons modernes adossées au temple, cl (jui à l'origine appartenait au seuil de la porte i|iii donnait accès à la petite cour du temple : elle a repris son site premier. L'arche en pierre ({ui précédait à l'ouest la voûte en briques crues que les chrétiens avaient construite, lors de la transformation du li>inj)lo en église, allait s'écrouler tant toutes les jointures en étaient ouvertes : je me demande comment elle demeurait encore en place. Je l'ai consolidée en bouchant tous les joints, puis j'ai bâti, au-dessous des deux chapiteaux nord et sud, deux piliers destinés à soutenir la partie supérieure. Les deux entailles creusées à mi-hauteur le long des deux parois nord et sud, pour y appuyer la voûte construite jadis en briques crues par les chrétiens, ont été remplies avec une maçonnerie ^e pierres et de ciment. Enfin j'ai rejointoyé au ciment tous les blocs des deux parois de l'entrée où les moineaux venaient se poser, salissant les surfaces de leurs excréments.
Eœto'rieur, cotés nord et sud. — Sur ces deux C(Hés. les murs du vestibule se seraient certainement écroulés au premier contact des eaux, lors de la surélévation du barrage : je les ai soutenus au moyen de deux contreforts établis à droite et à gauche des deux petites portes.
Cour. — Le dallage était presque entièrement enlevé. Fort heureusement jai retrouvé une bonne partie des dalles manquantes dans les maisons avoisinantes. où les indigènes les avaient emportées, et j'ai réussi à rétablir le dallage à peu près complet.
CiUc oiicsl. — Vm iiuMiie temps (|iie je consolidais la partie est. une bonne équipe d'ouvriers (légaj';eait la cour et la partie ouest, en démolissant les habitations (|iii envelo|)|)aieiit renseinble des constructions. Aujourd'hui, ce qui reste du sanctuaire [laïen et de Ic'glise chrétienne est enlièreiuent isolé.
172 A. BARSANTI.
La déj)onsc totale est montée à L. E. 160.690 niill., ainsi réparties :