‹ RapsodiesChapitre 3 sur 53 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Tu me dis : — Viens, mon rapsode, Viens chez moi finir ton ode ; Car ton ciel n'est pas d'azur, Ainsi que le ciel d'Homère, Ou du provençal trouvère ; L'air est froid, le sol est dur.

Paris n'a point de bocage, Viens donc, je t'ouvre ma cage, Où, pauvre, gaîment je vis; Viens, l'amitié nous rassemble, Nous partagerons, ensemble, Quelques grains de chenevis. —

Tout bas, mon âme honteuse Bénissait ta voix flatteuse Qui caressait son malheur ; Car toi seul, au sort austère Qui m'accablait solitaire, Léon, tu donnas un pleur.

Quoi! ma franchise te blesse?

Voudrais-tu que, par faiblesse, On voilât sa pauvreté ?

Non, non, nouveau Malfttâtre, Je veux, au siècle paràtre, Etaler ma nudité !

Je le veux, afin qu'on sache Que je ne suis point un lâche, Car j'ai deux parts de douleur

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