‹ RapsodiesChapitre 34 sur 53 · LA MORT DE BAILLI · texte numérisé non relu

LA MORT DE BAILLI

Détriments du passé que le siècle révoque, Fabricateurs à plats de Romains et de Grecs ; Lauréats, à deux mains, retenant leur couronne, Qui, caduque, déchoit de leur front conspué ; Gauchement ameutés, et grinçant sur leur trône Contre un âge puissant qui sur eux a rué. Comme un ours montagnard qui sur les rocs se traîne, Saigneux, frappé de mort, ils voudraient dévorer, Étouffer sous leurs bras, et broyer sur l'arène, Tout ce qui gît debout avant que d'expirer.

Voilà donc ce qu'étaient tes jugeurs ! Le prétoire,

A l'aspect du tableau par la peur assailli,

Qui se plaignit pourquoi la désolante histoire

Fait le peuple si laid et si beau le Bailli :

Prétexte captieux et couvrant une trame.

Depuis quand, pour la plèbe, êtes-vous si courtois,

A propos Jacobins, chiens de palais dans l'âme,

Léchant la populace?... 0 vous êtes matois !...

Alors, en ricanant, ils on dit anathème

Sur ton hardi labeur ; puis chassé du salon

Cette page d'espoir, ce taciturne thème

De ton pinceau si vrai qu'ils appellent félon.

Quoi! le Christ est chassé par les vendeurs du Temple!

Horreur!... le jour vengeur, pour nous, bientôt poindra.

Leur tombe est entr'ouverte et la porte en est ample,

Et leur œuvre avec eux au néant descendra!...

Août 1831.

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