‹ Rational ou manuel des divins offices de Guillaume DurandChapitre 128 sur 128 · RECHERCHES HISTORIQUES SUR LA SOUTANE · texte numérisé non relu

RECHERCHES HISTORIQUES SUR LA SOUTANE

Analyse d'un ouvrage de l'abbé Boileau, docteur en théologie, ayant pour titre : Historica disquisitio de rc vestiaria hominis sani vitam communem more civili traducentis ; c'est-à-dire : « Disquisition ou recherches

(1) V. Grimaud , la Liturgie sacrée, part. 1, chap. 5, p. 24 et 25.

(2) Hist. de Philippe de Valois et du roi Jean.

(3) Anastasii Bibliothecarii, Vitae romanorum pontificum a B. PetroadNicolaum I {V. inNicolao I); apud Muratori, Rer. ital. Script., t. 3. L'édition de 1718-1723, 4 vol. in -fol., cum notis et dissertationibus Francisci Bianchini, est la plus ample et la meilleure des cinq éditions de cet auteur (Romae, e typographia Vaticana).

historiques des habillements des ecclésiastiques séculiers » (Amsterdam, 1714, petit in- 12 de 163 pages).

Des livres singuliers du docteur Jacques Boileau , à qui Ton eût pu donner Tépithète de Doctor singularis (le docteur singulier), si c'eût été la mode, il n'y en a point de meilleur que celui dont on vient de lire le titre. 11 prétend y prouver ;que les habits courts sont plus simples, plus modestes et plus convenables aux ecclésiastiques que les habits longs. 11 y a bien de Térudition et de très-bonnes recherches dans ce petit livre, qui n'est guère connu, et dont la lecture n'est pas à la portée de tous ceux pour qui il paraît destiné. L'auteur affectait dans son style latin autant de singularité que dans ses sujets , et cette singularité de style répand une obscurité qu'on n'écarte qu'avec une grande habitude et beaucoup de connaissance de la langue dont se sert l'auteur.

Suivant lui , le premier qui ait obligé le clergé à porter l'habit long est saint Charles Borromée, archevêque de Milan, cardinal, neveu de Pie IV. Son exemple a donné lieu à tous les autres prélats d'imposer la nécessité de l'habit long dans les conciles provinciaux ou dans leurs statuts syno'daux. Les séminaires qui s'établirent en ont confirmé l'usage. Si l'on en croit l'abbé Boileau, il n'en veut dans son livre qu'aux habits trop longs ou aux habits trop courts. Les uns annoncent un luxe incompatible avec la simplicité chrétienne, les autres une immodestie et un ridicule aussi condamnables que le luxe. 11 remonte jusqu'à Adam, et dit qu'il n'y a pas d'apparence de croire qu'il ait voulu prendre une robe traînante pour cacher sa nudité , et qu'il n'y avait originairement aucune différence entre les vêtements de l'homme et de la femme, non plus qu'entre ceux des personnes consacrées à Dieu et les autres , qu'on peut appeler /)ro/anes, et que nous nommons personnes du monde, séculiers. Les peaux des animaux formèrent les premiers vêtements. Les prêtres , avant la loi donnée par Dieu même à xMoïse , s'habillaient des peaux des animaux qu'ils sacrifiaient, et vivaient de la chair de ces mêmes animaux. Ce n'est que depuis la loi de Moïse que les prêtres, chez les Hébreux , ont porté une tunique ou soutane qui tombait sur les talons; les Egyptiens et les autres prêtres des idoles ont porté l'habit long dès les premiers temps; mais cet usage ne s'introduisit pas si tôt chez les Grecs et chez les Romains. Cicéron fait un crime à Verres d'avoir une soutane qui lui allait jusqu'aux talons, et de porter un manteau de pourpre. 11 n'y avait que les enfants et les personnes sacrifiées à la débauche qui portassent de ces soutanes ou tuniques longues , du temps de Plaute et longtemps après lui. Joignez à ces soutanes des manches qui descendaient jusqu'au poignet : c'était un habit fait pour

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les libertins et la débauche. On fixe Tusage de ces robes longues et à grandes manches sous l'empire dWntonin Caracalla, duquel elles prirent le nom et furent nommées caracalles, comme on donna depuis le nom de roquelaures à un manteau à manches, et le nom de haut-dechausse à la Candalle à ces larges hauts-de-chausse qui avaient une aune de tour. Henri Etienne prétend que ces caracalles ressemblaient aux capes qu'on appelle à la béarnaise, qui ont servi de modèles à celles que les femmes ont porté et portent encore en Normandie et en Bretagne.

Rien ne nous annonce quel était l'habit particulier que portaient Jésus- Christ et ses apôtres; mais tout donne lieu de penser qu'ils portaient des vêtements courts et conformes à leur condition et aux métiers qu'ils faisaient. Jésus-Christ passait pour le fils d'un charpentier; ses apôtres étaient pêcheurs : de longs habits ne leur eussent pas convenu. Toutes les fois même qu'il est parlé de vêtements dans le Nouveau-Testament (i), il ne s'agit que d'une tunique ou camisole [semi-cinctia) qui n'allait que jusqu'aux reins, et d'un manteau qui n'allait que jusqu'aux genoux. Jésus -Christ recommande partout l'indifférence sur les habillements; il reproche aux pharisiens qu'ils paraissaient dans la ville avec de longues robes ou tuniques qui leur tombaient sur les talons (2) : « Gardez- vous des scribes, qui se plaisent à se promener avec de grandes robes , » m stolis ( h orolaiç). 11 suit de ces reproches que ni Jésus- Christ ni ses apôtres ne portaient de longues soutanes. Saint Pierre eût- il porté une épée avec une longue soutane? Le mot de togata (vêtue d'une longue robe ) est employé par les bons auteurs pour une femme débauchée et publique. C'est en ce sens que l'emploient Cicéron, Horace^ Juvénal, Martial. Le meuble dont parle saint Paul dans sa seconde lettre à Timothée, chap. 4, vers. 13, si c'était vn vêtement, n'était qu'un habit de voyage fait pour la pluie, ou ce que nous appelons une redingote, mais étroite et serrée comme une veste. C'était, à peu de chose près, la chasuble rétrécie et appliquée sur le corps, et non pas une robe de cérémonie; ces sortes d'habits étaient à l'usage du menu peuple, des voyageurs, des vieillards ou de ceux qui plaidaient. L'habit était si peu décent, que l'auteur des Causes de la corruption ou de la chute de l'éloquence l'attribue à ces soutanes courtes et étroites : Quantum humilitatis putamus eloquentiœ attulisse penulas, istas quibus adstricti

(1) S. Math., cap. 5, vers. 40; cap. 6, v. 25, 28, 31, 32; cap. 9, v. 29, où le grec porte tu.aTtov, manteau court ; cap. 14, v. 36; etc.

(2) S. Luc, c. 20, V. 46.

et inclusi, cum judicibus fabulabaniur? Ce vêtement était commun aux laïques, aux piètres et aux. diacres; on lui a donné les noms de penula, capsa, capsula, plane ta.

Une preuve que les habillements ont toujours été fort indifférents aux chrétiens, et qu'ils n'ont jamais pensé à se distinguer de ce côté-là, se tire de ce que dit Minutius Félix dans son Octave : « Ce n'est pas , ditil, par rexlérifiur [notaculo corporis)^ mais par la pureté et la modestie de notre conduite, que nous nous reconnaissons entre nous. » TertuUien compare ceux qui portaient une robe longue , à Ménandre , qui donnait dans ce luxe, excusable à un poète comique, et justifie l'usage du pallium ou du manteau serré , par sa difïérence d'avec l'habit long , qu'il regarde comme ridicule et incommode. Certainement, TertuUien n'eût point ainsi parlé des habits longs, si les ecclésiastiques de son temps en eussent nécessairement porté. S. Clément d'Alexandrie parle d'une manière encore plus exclusive (i). En parlant du grand art de se connaître soi-même , il dit « qu'il ne peut s'acquérir que par la connaissance de Dieu, et en devenant, autant qu'il se peut, semblable à Dieu même. Or, le moyen de ressembler à Dieu n'est pas de porter de vains ornements, de l'or, des robes qui traînent à terre : c'est de faire le bien. » 11 va plus loin dans le chapitre 10 du 2^ livre, et dit nettement qu'il y a de l'impertinence et de l'orgueil à porter une robe traînante qui empêche de marcher et balaie les endroits où Von passe. 11 n'y a pas d'apparence que saint Clément, prêtre, disciple de Panthène, maître d'Origène, ait osé porter une robe traînante , lui qui en parle en de pareils termes. Le même auteur emploie encore des termes plus forts contre les magistrats d'Athènes , parce qu'ils portaient de l'or sur leurs habits et des robes qui tombaient sur leurs talons , sur lesquelles étaient brodées de petites cigales. Ortum suum, dit saint Clément, re vestra terrestrem cinœdico quodam fastu et arrogantia monstrantes. Que peut-on dire de plus vif contre l'habit long? La réponse de saint Basile au préfet de l'empereur est une nouvelle preuve qu'il ne portait ni robe traînante, ni manteau long, violet ou pourpre. « Je suis à l'abri de tout, disait-il, et la qualité de chrétien me met en état de ne rien craindre. Je ne suis point sujet à confiscation, n'ayant qu'un mauvais habit étroit et déchiré, et quelques livres qui font toute ma fortune. » Ce grand prélat, archevêque deCésarée en Cappadoce, n'avait qu'une tunique, une simple camisole par-dessus, et un lit à terre; la pauvreté, l'étude et le travail, c'était en quoi consistaient ses meubles, ses ornements. Saint Basile mourut

(1) Au commencement du chap. 1 du 3^ livre de son Pédagogue,

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le 1" janvier 399. 11 faut pourtant convenir de bonne foi que, du temps de saint Augustin, Tusage des robes longues , que Fauteur appelle honteux, s'introduisit à Rome, et y devint même fort commun. « Les habits longs et les tuniques ou camisoles à manches étaient, dit ce saint docteur de TEglise latine , une chose honteuse, criminelle aux yeux des premiers Romains; mais aujourd'hui tous les honnêtes gens en ayant admis l'usage, c'est une sorte de honte de n'en point porter. » Mais cela n'induit point une loi particulière pour les ecclésiastiques ; s'ils portaient des habits longs , c'est que tout le monde en portait. Jacques de Vitry, fait cardinal sous Léon IX (1), et dont nous avons une excellente Histoire d'Orient et d'Occident, où brillent la sincérité et l'amour du vrai, rapporte, au chap. 7 de son Histoire d'Occident, qu'il arriva, vers Tan 1222, une contestation entre les écoliers de l'Université de Paris, lesquels, pour insulter les Anglais qui y étudiaient, les appelaient ivrognes et bêtes à queue [potatores et caudatos)^ à cause de leurs habits traînant à terre (2). Pierre, surnommé Sutor, qui, de docteur de la Faculté de théologie de Paris , se fit chartreux , dit qu'il en est de l'office divin comme des habits , et qu'il est aussi choquant d'allonger le service par des queues incommodes que d'allonger les queues des habits. Les injures des écoliers, et le sobriquet de caudati, et la comparaison de Pierre-le-Chartreux, sont des preuves que, dans ces temps, les ecclésiastiques ne prétendaient pas à la distinction des habits longs. Le Concile de Tolède, de l'an 1324, leur défend les manteaux [supertunicale] ou tabards à queue; s'ils vont jusqu'aux talons, il ne veut pas, au moins, qu'ils traînent à terre, de pareils habits, disent les Pères de ce Concile, ne pouvant être regardés que comme superflus et indécents. En cas de contravention, ils sont déclarés confiscables au profit des pauvres. Environ cent ans après le Concile de Tolède , en 1435, le pape Eugène « fut obligé de donner un pouvoir particulier aux Cordeliers observantins d'absoudre les femmes qui porteraient des robes à queue , mais dans le pas où elles ne feraient que suivre la coutume du pays , et non à mauvaises fins. 11 leur permit aussi de donner l'absolution aux tailleurs ou aux couturières qui feraient de'ces robes à queue, à condition néanmoins qu'ils n'imagineraient point de nouvelles modes i) (3). C'était donc alors

(1) Il mourut en 1244.

(2) Du Gange, apud Glossar., voce Caudatus, donne à ce mot le sens de couard , peureux comme le loup, qui, lorsqu'il se voit près d'être atteint, met sa queue entre ses jambes. Au reste, les deux sens donnés à ce mot s'allient parfaitement ensemble.

(3) Vading, Annales de S. François, à l'an 1435.

un cas réservé au Pape , que d'absoudre ceux qui avaient la vanité de porter des robes à queues traînantes; donc c'était un péché mortel, et in re gravissima. Saint Augustin (i) prouve, sans réplique, TindifTérence des habits, a 11 n'importe pas , dit-il , de quelle manière on soit habillé, ni de quelle façon on vive, pourvu qu'il n'y ait rien d'opposé dans les habits et dans la conduite à la loi divine. C'est pourquoi , lorsqu'un philosophe se fait chrétien, il n'est pas obligé de changer son habit , ou de réformer ses manières ; il suffit qu'il abandonne ses fausses idées. » Saint Ambroise, contemporain de saint Augustin, condamne la mollesse efféminée de ceux qui portaient de son temps de longues robes (2) « de soie qui leur cachaient les pieds , comme si une étoffe eût été un fardeau trop pesant pour eux. » Ce que dit l'auteur du livre De la Vie contemplative, qui se trouve dans la Bibliothèque des Pères, sous l'an 1118, est encore fort contre l'habit long. Il parle contre ceux qui en portaient, en termes si injurieux, qu'il y aurait une sorte d'injustice, dit l'abbé Boileau , à en faire l'application aux ecclésiastiques de son temps. On en jugera; voici ses termes : « Extrêmement prompts, dit-il, à reprendre les autres , ils ne sauraient soutîrir que personne les reprenne en rien. En public, ils affectent beaucoup de patience et cachent le venin de leur colère; mais , tout prêts à nuire s'ils en trouvent l'occasion, ils ne la laisseront pas échapper. Censeurs hardis et presque insolents de la conduite des autres, ils se permettent tout. Ils lient impudemment commerce avec les religieuses et les veuves, pour lesquelles ils se déclarent avec tant de passion, qu'il serait plus aisé de les séparer de l'Eglise, ce qui est horrible à dire , que d'avec elles. Peut-être ne se passe-t-il entre eux rien de criminel; mais, en donnant matière au soupçon , ils se déshonorent. Je ne dis rien de ceux qu'on voit marcher avec des habits longs et traînant jusqu'aux talons, qui embarrassent tellement leur démarche, qu'on dirait qu'ils vont tomber à chaque instant. Par les mouvements indécents , cadencés et comme flottants qu'ils se donnent, ils font voir, dans leurs pas incertains et chancelants, ce qu'on doit penser de l'assiette ou plutôt du dérangement de leur esprit. » Il faut croire que , longtemps avant cet auteur et saint Ambroise , l'habit long n'était pas celui de saint Athanase, puisque saint Antoine lui légua les siens par son testament, conçu en ces termes : « Je veux, dit-il à ses disciples à l'heure de sa mort, qu'on distribue mes habits de la manière

(1) S. Augustin, De Civitate Dei, c. 19, 1. 1.

(2) S. Ambroise, L. S. in Lucam, en parlant des vêtements de S. Jean, p. 1696, L, C. derédition de Merlin et Nivelle, de 1569.

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qui suit : Vous donnerez une de mes deux tuniques de peau de chèvre [ ou de brebis] à l'évéque Âthanase , avec le manteau qui était neuf lorsqu'il m'en fit présent; et que j'ai usé depuis. Vous donnerez mon autre tunique (\) à Vévêque Sérapion. Pour mon cilice, vous le garderez pour vous. » Un prélat auquel on faisait de pareils legs n'avait pas d'habit ou de manteau long. Lorsque saint Grégoire de Nazianze fut fait prêtre, il quitta riiabit long (2). Saint Cyprien portait le manteau, ou plutôt le gilet ou la camisole courte et sans manches des philosophes, et son père, évêque comme lui, ne s'habillait pas autrement que le peuple. Les témoignages de saint Grégoire; d'Elie, métropolitain de Crète, qui vivait en 787, et qui a écrit sur les Oraisons de saint Grégoire de Nazianze ; de saint Basile, de saint Cyrille de Jérusalem, sont également opposés à l'usage de l'habit long. On peut les lire dans l'auteur qui les a réunis dans le chap. vi de sa Dissertation. La conséquence qu'il en tire, et qui est, en effet, la seule qui résulte des textes qu'il cite, « c'est qu'un chrétien, et à plus forte raison un ecclésiastique, ne peut, sans déshonorer son état et sa qualité, se servir d'autres habits que ceux dont se sert le peuple, sans y apporter aucune distinction. » Ces grands hommes , ces lumières des beaux siècles de l'Eglise, veulent que les chrétiens, et surtout les ministres du Seigneur, ne soient vêtus que pour la nécessité de dérober aux yeux les parties du corps que' la pudeur veut qu'on cache , et de se garantir des injures de l'air et du froid. Ut Même calescas, dit saint Cyrille de Jérusalem , et corporis pudenda tegas.

Le savant Père Thomassin, de l'Oratoire, dans son grand ouvrage De la Discipline ancienne et nouveUe sur les bénéf ces, i^âri. 1, 1. 2, chap. xiv, n'a pas fait difficulté de dire que dans l'Eglise, pendant les cinq premiers siècles , les ecclésiastiques n'avaient pas moins d'attention à se distinguer des laïques par la vertu et la modestie, qu'ils en avaient à se conformer à l'habit et aux usages indifférents du peuple. La règle que prescrit aux ecclésiastiques le Concile d'Aix-la-Chapelle, de l'an 816, c'est de ne rien innover dans leurs habillements , de manière qu'ils ne soient ni trop longs ni trop courts , « et qu'on ne dislingue les ministres des autels d'avec le peuple et les laïcs que par leur science , et non par leur habit; parleurs discours, et non par leur manière de se mettre; par leur pureté, et non par leurs ornements. » Ce sont les termes de la première épître du pape Célestin P% rapportée au tomei" des Conciles

(1) L'auteur se sert du mot pYjAcoTtjv . Aore rev piav jjlyiXotyiv... Aore tyjv YjTepav pmXwTirîv.

(2) S. Grég. Naz., Orat. 18.

de France du Père Sirmond,p. 55. Gélestin y traite iouieinnovation de superstition. « Il ne faut pas, dit-il, en imposer aux yeux des peuples ; il faut éclairer leurs esprits , former leurs cœurs. » Le Cartulaire de l'église de Tournai nous apprend que Tévêque Radbode (1), qui siégeait en 1091, dans un sermon célèbre qu'il fit cette même année , produisit une telle impression sur l'esprit de son auditoire, que plus de mille d'entre eux coupèrent leurs cheveux et raccourcirent leurs habits, qui étaient des robes traînantes et faites plutôt pour le luxe que pour la nécessité. Certainement les ecclésiastiques ne portaient pas alors l'habit long : Radbode n'eût pas eu un si grand succès. Trois cents ans après, le Concile de Tolède déjà cité défendit l'habit long qu'on appelait tabard , qui est le manteau , aux gens d'église (2). Dans les derniers temps, le cardinal Mazarin, dans un discours adressé k la reine-mère (imprimé à Paris, avec privilège du roi , chez Frédéric Léonard, imprimeur du clergé, en 1665) , lui remontrait la décadence du clergé en ces termes : « Je ne sais par quel malheur le clergé produit peu de grands hommes depuis plusieurs années. On se livre à la bagatelle, on passe sa vie à ne rien faire, on abandonne les études sérieuses. Tout est réduit à une vaine pompe, à de vains dehors, jusque dans la chaire, jusque dans la célébration du sacrifice adorable de la messe ; on ne pense dans les fonctions ecclésiastiques qu'à l'extérieur. La prédication, qui est un des privilèges delà dignité épiscopale , est abandonnée au premier venu. On croit que c'est être évêque que de se disputer l'honneur d'un carrosse bien peint, enrichi d'armoiries; que de se faire accompagner d'un nombreux cortège de valets, et de sévir dans des matières de peu d'importance contre les prévaricateurs» (3). L'habit long était déjà de nécessité pour les ecclésiastiques. En i'215, le quatrième Concile de Latran leur avait fait défense de le porter. Leur habit ne devait être ni trop long , ni trop court , et l'étoffe n'en devait être ni verte, ni rouge. En 1279, le Concile de Bude tolère

(1) Lib. 2, De Commis., c. 2.

(2) [Statuimus quod nuUus clericus supertunicale vel tabardum déférât

ita longum, quod si ad pedes contingat, nullatenus'tamen per terram trahatur. Cum hœc non honestas, sed superfluitas et indecentia censeatur], p. 109.

(3) Du temps du cardinal de Richelieu, les ecclésiastiques s'inquiétaient bien peu des décences de rhabillement. Le comte de Grammont nous dit, dans ses Mémoires publiés par le comte A. Hamilton, son beau-frère, que lorsqu'il parut la première fois en qualité d'abbé devant le cardinal de Richelieu, tout ce qu'on put obtenir de lui fut de mettre une soutane par-dessus ses habits. « J'avais, dit-il, la plus belle tète du monde, bien poudrée et bien frisée par-dessus ma soutane, et par-dessous des bottines blanches et des éperons dorés. » (V, Mémoires de la Vie du comte de Grammont, p. 13.)

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les c( manteaux ou les labards d'une longueur modérée w {Permittimus prœlafds quod possint habere mantellos rotundos, sive tabarda longitudinis moderatœ) ; mais il n'y fallait point de queue. Le Concile de Constance de Tan 1414 condamne l'habit long- Le Concile de Londres de 1342 permet l'habit fort court et qui n'allait que jusqu'aux reins, mais en voyage seulement; en ville, il devait aller jusqu'aux genoux. Ceux qui étaient si courts qu'ils ne tombaient pas jusqu'aux genoux sont prohibés par le Concile d'Yorck. C'est ce même habit court et indécent, boutonné sur l'estomac, que défend le Concile d'Angers de l'an 1365, lequel permet en même temps r/ia6et long, qui tombait au moins sur les genoux; et le Concile d'Avignon de l'an 1332 appelle ces ha^ bits supérieurs, et qui devraient être clos, non nimia brevitate rotundas. Enfin, le pape Martin V reprend avec force les ecclésiastiques qui portaient des manches pendantes au coude, et des habits d'une longueur somptueuse et superflue. Il ne dit rien des habits courts. Ainsi, jusqu'au commencement du V^ siècle l'Eglise s'est déclarée bien plus fortement contre l'habit long que contre l'habit court; ce n'était jusqu'alors que la vertu et la modestie qui distinguaient les ecclésiastiques des laïques , et non pas la manière de s'habiller. 11- n'y avait de différence certaine et précise entre les ecclésiastiques et les laïques que le luxe et la vanité interdite aux premiers, et qui consistait dans .des découpures, des franges rouges ou d'autres couleurs, des aiguillettes, etc., dont les laïques prétendaient orner leurs habits. La forme était la même. On ne privait des bénéfices que ceux des ecclésiastiques qui portaient des habits longs , froncés ou plissés , tailladés , ou de couleur tranchante , telle que le rouge, le vert, etc. C'est la disposition du deuxième Concile de Latran de H 34, extrêmement applaudi par saint Bernard; c'était cette sorte d'habits tailladés, etc., qu'il blâmait dans l'abbé Suger. Mais on oppose, sur la différence des habits des ecclésiastiques d'avec les habits laïques, les actes du martyre de saint Bénigne, qui mourut l'an de Jésus-Christ 150, sous l'empire d'Aurélien ; il y est dit que Bénigne était reconnaissable par sa tonsure, son habit différent de celui des autres, et sa manière de vivre. « Vidi quandam hominem peregrinum capite tonso cujus habitus differt ab habitu nostro, vitaque ejus nostrœ dissimilis est.y^ Pour le passage extrait du discours fait à l'occasion de la consécration de l'église de Tyr, et qui se trouve au chapitre IV de l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe, où il est parlé de l'habit long, de la couronne de la gloire céleste , du divin chrême et de la stole sacerdotale, il est clair comme le jour, dit l'abbé Boileau, qu'il ne s'agit en cette occasion que des habits cérémoniels, sacrés, et destinés pour les fonctions de la consécration, de

laquelle il était question, habits que le rit chrétien avait emprunté du rit judaïque et par la tradition de l'un à l'autre. Les actes du martyre de saint Cyprien, qui souffrit le 18 des calendes d'octobre de l'an de Jésus-Christ 258 , sont le monument le plus ancien qu'on puisse citer sur la forme de l'habit ecclésiastique. On y apprend que saint Cyprien,

conduit dans le champ de Sextus, ibi se lacerna birro spoiiavit , et

cum se dalmatica expoliasset et diaconibus tradidisset, in linea stetit , et cœpit spiculatorem sustinere. Les mots lacerna birro ne doivent s'entendre que d'un gros manteau à la béarnaise, propre contre la pluie ou la neige; c'est à peu de chose près le manteau des capucins [horridus nie capucinorum ornatus, dit l'abbé Boileau], sinon qu'il était peut-être plus long. Ju vénal (1) et Martial (2) en parlent comme de l'habit des pauvres gens de leur temps. Il est vrai que le luxe introduisit des manteaux d'été, contre lesquels les deux mêmes poètes (3) ont exercé leurs veines. Birrus était encore plus court; il ne couvrait que les épaules, et ressemblait aux manteaux que portaient les dames sous Louis XIV, ou à ceux dont se servaient au XVIP siècle les pèlerins, et qu'on portait à cheval, appelés capots. Ainsi, lacerna, birrus ne peuvent signifier que des capes ou manteaux courts que portaient les personnes du peuple (4), et dont Constantin même ordonna l'usage à Rome pour la ville, au lieu de ces manteaux longs et embarrassants. Les ecclésiastiques prirent le mantelet comme les autres, et le luxe ayant banni chez eux cette précieuse , cette florissante pauvreté qu'ils avaient reçue des apôtres et des chrétiens des premiers temps , la magnificence s'introduisit dans les temples. L'or, le marbre, les pierreries décorèrent les autels; les ecclésiastiques abandonnèrent ces habits vils, et qui les confondaient avec les derniers du peuple, aux solitaires, et commencèrent à porter des manteaux courts qui pussent servir d'ornements. 11 fallut bientôt prescrire des règles contre ce luxe. Saint Augustin (5) déclare qu'il ne voulait point de manteau, ni de tunique ou veste qui le distinguassent des autres; qu'il y avait des manteaux d'un très-grand prix [birros r)\aximi prêta) , dont il ne voulait point se servir, quoiqu'un évêque pût les porter, ainsi que bien des personnes avaient prétendu le lui persuader.

(1) Quid quod materiam praebet causasque jocorum (ou^oco^m/w) Omnibus hic idem? si fœda et scissa lacerna. (V. Juvf^nal, satire 3.)

(2) Circa si pendet lumbis et scissa lacerna. (V. Martial.)

(3) Mart., 1. 6, ep. 59. — Juvén., sat. 1, vers 26 et seq.

(4) Cod. Theodos. , tit. Quo luibitu uti oporteat intra urbem. Ce manteau court est resté en Espagne , à Naples , etc.

(5) T. S., col. 1389, no 13 de Fédit. des BB.

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Son texte est remarquable : « Qu'on m'offre, dit-il, un manteau de prix (birrum pretiosum), peut-être cela convient-il à un évêque, mais cela ne convient pas à Augustin, c'est-à-dire à un homme pauvre, né de pauvres parents. On ne manquerait pas de dire que j'ai trouvé le secret d'avoir des habillements riches que je n'aurais jamais pu avoir ou dans la maison de mon père, ou dans mon état séculier; non, un riche manteau ne me convient pas : celui que je dois porter doit être pareil à celui dont je pourrais faire présent à mon frère qui n'en aurait point, pareil à celui que peut porter décemment un diacre ou un sous-diacre ; voilà l'habit que je recevrai volontiers. Si l'on m'en donne un plus riche, je le vends et j'en donne le prix aux pauvres. » Le Concile deGangre, qui est le 71^ général, déclare anathèmes certains moines nommés eustathiens, qui ^réiendsiieni faire consister la piété à porter l'habit long, et qui condamnaient le manteau court et les habits d'usage ordinaire, c'est-à-dire des habits courts et étroits qui n'allaient que jusqu'aux genoux et qui étaient l'habit décent des évêques et des autres ecclésiastiques ; c'est ce dont Baronius est obligé de convenir dans ses Annales (1).

La dalmatique dont il est parlé dans les actes du martyre de saint Cyprien était une espèce de manteau ordinaire et qui n'était point affecté aux évêques; la tunique (linea), qui se mettait sous la dalmatique et sous le manteau , ne pouvait être autre chose qu'un vêtement ou tunique qui tenait lieu de chemise , et c'est une erreur de croire que ce fût l'amict ou le rochet épiscopal , comme l'a prétendu Baronius, critiqué par Ottavio Ferrari (2) dans son savant Traité Des habits. Aulu- Gelle nous apprend quelle fut l'origine et quelle était la forme de cette tunique , et Philippe Rubens en a fait peindre la figure dans ses Electa sacra, d'après un ancien marbre qui se voit à Rome. Enfin, saint Ambroise prouve, clair comme le jour, que de son temps les habits des évêques n'avaient rien qui les distinguât des autres ministres de l'Égiise. Ce n'était que par leurs travaux, par la fonction épiscopale, qu'on reconnaissait un évêque. « Mes frères, dit-il au troisième livre De la dignité sacerdotale , de même que le long manteau et le lati clave font connaître le sénateur, que la culture des champs distingue le laboureur, la connaissance de la mer le pilote , et que chaque artisan est reconnu par les ouvrages de son métier, de même les travaux de l'épiscopat distinguent l' évêque des autres fidèles (3). Ce n'est que par là qu'on le

(1) T. 1, anno271, n» 43.

(2) L. 1, De re vestiaria, c. 39, p. 112.

(3) Sic episcopum iiihil aliud nisi episcopalîs opéra désignât ( Ambr., loc. c).

connaît. » Ce grand homme se fût-il expliqué de cette manière , si les évêques de son temps, si lui-mcme eût porte un habit et des ornements dislinclits et dill'érenls des autres? Il est bien difficile de fixer Torigine des habits longs dans Télat ecclésiastique. Le Concile de Vienne , qui parle de la réformation du luxe des habits du clergé, n'en dit rien, et tout ce qu'on y trouve, c'est une défense aux ecclésiastiques de porter des habits barrés ou partis [oirgata, vel partita veste], c'est-à-dire à rayures, ou moitié d'une couleur et moitié d'une autre, comme étaient encore au XVIF siècle les habits des membres de certains corps de ville; par exemple , les bourgeois du corps de ville de Poitiers , qui avaient conservé l'habit tel qu'on le portait du temps de Charles VI.

Le Concile dePatentia, de 1388, veut qu'un clerc marié, pour jouir du privilège de sa cléricature, ait une tonsure d'une grandeur déterminée par ce concile , et l'habit de dessus non rayé ou barré, ni parti , qui descende cependant jusqu'au mollet ou plus bas ; vestem superiorem non virgatam aut bipartitam quœ tamen usque ad medietatem tibiœ vel ultra in longitudine protendatur. Cela ne suppose point un habit long et traînant. Le Concile de Trente même ne parle point d'habit long ou d'habit court dans la session xiv, ch. 6, De reformatione. Le premier monument où il soit parlé des habits longs pour les ecclésiastiques, est une constitution pour la réformation du clergé d'Allemagne, publiée par le cardinal Campége, légat a latere, en 1524, art. 2. 11 y est enjoint aux prélats d'empêcher que les personnes constituées dans les ordres sacrés ne portent des habits de différentes couleurs, barrés ou rayés et à franges, mais des habits longs et traînants jusqu'aux talons [sed longis atque talaribus utantur]. Cela est conforme au cinquième Concile de Latran, de Tan loU. Mais il n'y a pas lieu de douter que tant que l'usage des habits longs fut généjal en France les ecclésiastiques en portèrent, et qu'il n'y eut de diiTérence entre eux et les séculiers que dans la modestie des habits du clergé, soit pour la variété des couleurs, les franges, les rayures, etc. C'est ce que fait clairement connaître le récit de Guillaume de ISahgis, qui dit, sous l'an 1340 : a Alors les hommes, « et spécialement les nobles , tels que les écuyers et leur suite , et même a quelques bourgeois et presque tous les sergens, se rendirent ridicules « dans leurs manières de s'habiller. Us commencèrent à porter des ha- (( bits si courts (1) qu'on leur voyait ce que la pudeur défend de mon-

(1) C'était à peu près la même chose en 1524, du temps du cardinal Campége. Erasme disait, en 1528 : <( Quis ferai in viris pileorum thoros cum ingenti cauda pensili, aras vestiùm iasedas, thoros in humeris tumentes , cœsariem duobus digitis supra auribus dirasam, vestem longe breviorem quam ut

ou MANUEL DES DIVINS OFFICES. 453

« trer » \Quod quasi eorum nates et pudenda confusibiliter apparerent]; Ce qui parut d'autant plus extraordinaire qu'avant cela on s'était habillé assez décemment. Les hommes, au moins la plus grande partie, se mirent aussi à porter de longues barbes, et cette mode s'établit dans tous les ordres de l'Etat, à l'exception des princes du sang royal, qui continuèrent de porter l'habit long. Si les ecclésiastiques avaient donné comme les autres dans la manie de cet habit court et ridicule dont parle Nangis, sans doute il n'eût pas oublié d'en faire mention. Cependant, dans la crainte qu'ils ne l'adoptassent (car, en France, la mode est un tyran qui subjugue tout), on fit des défenses au clergé de porter des habits courts jusqu'à l'extravagance. On craignit aussi que les privilèges de la cléricature ne fussent violés , et que les juges séculiers n'obligeassent les clercs à comparaître devant leur tribunal, dans la confusion où la parité des habits eût pu jeter les choses. Voilà la véritable origine, la source primitive de la différence des habits ecclésiastiques d'avec les séculiers. Après le Concile de Trente, saint Charles Borromée s'appliqua particulièrement à l'établissement de l'habit long dans les différents synodes qu'il tint dans son archevêché de Milan. Il fut imité de tous ses confrères, surtout en France et en Espagne, où l'on fît une loi de l'habit long. 11 est vrai que le Concile de Sens ou de Paris, de l'an 1528, canon 24 , avait déjà ordonné l'habit long , avec défenses néanmoins de le porter froncé, barré, ou trop serré, bu trop large, ou d'étoffe de soie, qui n'était permise qu'aux ecclésiastiques qui étaient princes du sang ou fils de ducs ; mais ce Concile était particulier à la province , et ne faisait point une règle pour tout le clergé.

L'auteur finit par une protestation de la sincérité et de la bonne foi qui l'ont dirigé dans ses recherches, desquelles on doit conclure que les ecclésiastiques ont porté tantôt l'habit court et tantôt l'habit long ; que, dans les premiers temps, dans le siècle d'or du christianisme, l'habit long était l'habit le plus défendu; que dans les derniers temps, ça été l'habit court; mais qu'en effet, la véritable, la seule règle à suivre dans les habillements, a toujours été pour im chrétien celle de la modestie et de l'éloignement de tout faste, de toute ostentation, et que son véritable est celui qu'il peut recevoir de la pauvreté chrétienne et de l'humilité, vertus auxquelles l'obligent les vœux de son baptême. 11 termine par ces belles paroles de saint Bernard , qui sont comme l'é-

ad genua porrigatur^ vix pudenda tegentem, calceos rostris in immensum erectis, catenam argenteam a genu ad talum usque revinctam.r> (Ciceronianus Erasmi, p. 291.)

pigiaphe de son livre : « fn te consistilo : non infra dejice , non supra attolli, non evadere in lomjius, non extendiin latius. Tene médium, si non vis perdere modum. »•

tt Renferme-toi dans ton sujet; ne descends pas en bas, ne monte pas en haut, ne traîne pas en longueur, ne t'étends pas en largeur. Tiens un juste milieu , si tu ne veux perdre ton sujet de vue. »

Nous avons cru que l'extrait de cet ouvrage, aussi savant que singulier et peu connu , ne pourrait que faire plaisir à ceux qui ne sont pas à portée de lire l'original, qui est rare.

« Je ne connais point, dit Dreux du Radier (1), de savants qu'on puisse comparer plus justement l'un avec l'autre, que le Docteur Boileau et J.-B. Thiers, par l'érudition qu'ils ont fait voir l'un et l'autre dans leurs livres, par la singularité des sujets qu'ils ont traités, etc. »

(1) Récréations historiques, critiques, morales et d'érudition, etc. (2 vol. in-12), t. 1, p. 118 à 148.

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