LES CLOCHES
Laudo Deum verum, plebem voco, congrego clerum, Defunctos ploro , pestem fugo , festa decoro.
{Inscription d'une cloche de Metz.)
Que de sentiments religieux et patriotiques nous révèle ce mot! que d'émotions douces et fortes dont il rappelle le souvenir ! Ces grandes voix du christianisme ont inspiré de magnifiques pages de prose et de poésie aux auteurs de tous les temps. Pour nous, nous devons nous borner ici à traiter en quelques lignes leur histoire au point de vue pure^ ment archéologique.
Un assez grand nombre d'auteurs ont écrit sur les cloches. Parmi ce^s travaux savants et curieux , nous citerons Guillaume Durand , au
XIIl^ siècle (1) ; Jean-Baptiste Thiers (2) et Grimaud (3), dans le XVII* ; enfin, M. Tabbé Baraud (4), à notre époque.
C'est aux recherches de ces principaux auteurs que nous empruntons cette Notice historique sur les cloches. Nous avons cru qu'un travail sur ces grandes voix du christianisme, leur origine, leurs dimensions aux dillërents siècles , leurs ornements , leurs inscriptions , leur fonte et les anecdotes qui s'y rattachent, serait de nature à intéresser nos lecteurs.
Les anciens. Grecs ou Romains, ont connu les cloches et les ont employées; mais alors ces instruments étaient assez petits, et ce n'est que depuis le X* ou le Xl^ siècle de l'ère chrétienne seulement que nous leur avons donné tous les développements dont on ne les avait sans doute pas cru susceptibles jusque là.
Du temps de Martial (I*"^ siècle), des cloches marquaient l'heure de
l'ouverture des bains publics; l'épigramme suivante de ce poète en fait
foi (5) :
Redde pilam, sonat aes Thermarum, ludere pergis? Yirgine vis sola lotus abire domum.
« Rends la paume, la cloche des bains sonne. Tu continues à jouer? Tu yeux donc t'en aller chez toi seulement baigné d'eau froide? »
Le savant géographe Strabon (6), qui vivait sous Tibère, c'est-à-dire la 20* année de Jésus-Christ, raconte une curieuse anecdote, qui ne permet pas de douter qu'il y eût avant lui des cloches dans l'acception actuelle du mot. « Un joueur de harpe, dit-il, ayant vanté publiquement « son habileté aux habitants de l'île d'Iasso,qui est dans la Carie, ils lui tt donnèrent jour pour l'entendre ; mais il arriva que , dans le temps « qu'ils l'écoutaient, la cloche qui les avertissait d'aller au marché au « poisson vint à sonner, et aussitôt ils le quittèrent tous, à la réserve tt d'un seul d'entre eux, qui était extrêmement sourd, ce qui obligea le « joueur de harpe de le remercier très-humblement de l'honneur qu'il « lui avait fait, et de louer l'atrection qu'il avait pour la musique. Sur «t quoi le sourd lui demanda si la cloche avait sonné. {Numquid, ait, « jam sonuit tintinnabulum?) Et le joueur de harpe lui ayant répondu
(1) V. Rational ou Manuel des divins offices, 1. 1, c. 4, Des cloches.
(2) Traité de cloches, etc.
(3) Liturgie sacrée. (V. ad calcem, son Traité particulier des cloches.)
(4) Notice sur les cloches, broch. in-S» de 37 p. ; travail savant, substantiel et intéressant.
(5) L. 1, epig. 163.
(6) L. 14 Geog., paulo ante médium.
ou MANUEL DES DIVINS OFFICES. 345
que oui, à Tinstant le sourd prit congé de lui et s'en alla au marché
au poisson. )>
Lucien assure que les prêtres de la déesse de Syrie se servaient de
ochettes dans leurs cérémonies (1) ; et ailleurs, que dans les maisons
îs riches c'était un usage ancien de réveiller les esclaves au son d'une
oche assez forte pour être entendue de tous (2).
Pline parle des cloches {tintinnabula) attachées au haut du tombeau
1 roi Porsenna , qu'on entendait de très -loin quand le vent les agi-
it (3).
Ju vénal compare le babil d'une femme au bruit résultant du son de
usieurs clochettes :
Altéra nec mulier , verborum tanta cadit vis Tôt pariter pelves et tintinnabula dicas Pulsari (4).
Ce distique de Plante doit être cité :
Nunquam, iEdepol, temere tinniittintinnabulum, Nisi quis illud tractât aut movet, mutumest, tacet (5).
« Jamais , par le temple de Pollux, la cloche ne sonne au hasard, à moins qu'on ne tire la corde et qu'on ne l'agite; autrement ^ elle est muette et se tait. »
Quelques années avant que Strabon écrivît sa Géographie , Auguste, 1 rapport de Suétone (6), avait fait mettre des sonnettes autour de la mverture du temple de Jupiter Capitolin , luxe qui n'a pas cessé chez s Chinois , et qui remonte chez eux à une assez haute antiquité , téloin la fameuse tour de porcelaine à Nankin (1380), dont les neuf étages int ornés de petites sonnettes que le vent fait résonner d'une manière ^réable.
Enfin, au rapport d'Aristophane (444 avant Jésus-Christ), le soldat largé de faire les rondes de nuit dans les forteresses et les camps des recs portait une clochette , ce qui lui faisait donner le nom de 'codo- ^phore (de xw^ov, cloche, et de cpopeiv, porter) (7).
(1) InDiàlog. deae Syrise.
(2) De mercede conductis.
(3) L. 36, c. 13, Hist. Ndt.
(4) Sat. 6, V. 440.
(5) In Trinum , act. 4, scèn. 2.
(6) In Cet. August. , n» 95.
;(7) Comédie des Oiseaux.
Quelques auteurs, et en particulier le Père Kirker, avancent que 1 cloches ont été inventées par les Égyptiens ; mais ils ne donnent aucui preuve en faveur de celte assertion , et nous ignorons encore en qi temps , par qui et chez quel peuple les cloches ont été inventées.
11 n'y a nulle apparence qu'aux trois premiers siècles de TÉglise 1 chrétiens s'assemblassent pour les prières publiques, les lectures, le sai sacrifice, etc., au son des cloches et au bruit de certains instruments bois, ou par le moyen d'un ministre appelé cursor, d'un diacre ou d'ui diaconesse, que l'on envoyait de maison en maison , comme plusieu auteurs l'ont cru ; et l'on ne sait point, enfin, d'une manière bien certai; à quel signal ils s'assemblaient.
Pendant les trois premiers siècles de l'Église , les chrétiens se réuni saient pour prier Dieu et assister au saint sacrifice, mais ce n'était poi au son des cloches, car elles les auraient trahis et livrés à leurs perséc teurs ; ils devaient donc avoir un autre signal ; mais quel était-il, et p quel moyen le donnait-on?
Saint Justin et Tertullien, comme apologistes des chrétiens, et Plin le-Jeune, comme commissaire de Trajan (1), auraient dû en parler; : n'en disent rien. Amalaire (4) seulement, qui vivait au IX^ siècle, ( que durant les persécutions les chrétiens étaient convoqués à la prié par le bruit de certains instruments de bois (lignorum sonus), peut-êt une sorte de crécelles semblables à celles dont on se sert en bien d pays les trois derniers jours de la Semaine sainte, pour marquer les he res des offices divins. Walafrid Strabon (3), de son côté, parle des batl ments de certaines tables de bois et de trompettes de corne. Apud que dam tabuJis, apud nonnullos cornibus horœ prodebantur. Les raisons ces deux auteurs sont évidemment inacceptables ; ils n'ont pas de pre ves de ce qu'ils avancent, ils sont trop éloignés des temps dont ils pc lent ; enfin , le son des crécelles , des bois et de la corne eût trahi i premiers fidèles autant que celui des cloches. |
Les chrétiens s'assemblaient à l'un des trois chants du coq : le pi mier*à la pointe du jour, le second à midi , et le troisième à minu C'est en souvenir de cela et de la vigilance des premiers fidèles, repi sentée par celle du coq, que l'on retrouve cet oiseau sur le haut des c chers et des horloges, dont il tenait lieu alors à nos pères.
La mention faite par Baronius, le Rituel de Beauvais de 4637, G
(4) Sub fine in Apolog., c. 39.
(2) De Ecclec. offic, c. 21.
(3) Lib. de rébus eccles., c, 5.
maud, Beuvelet (1), etc., d'un cursor ou coureur qui avertissait chaque personne de Theure des réunions, ne repose que sur un passage mal entendu de répître de saint Ignace à saint Poly carpe , et tombe d'ellemême. Il reste donc à avouer, avec Thiers , qu'on est réduit à des conijectures sans nombre et sans fondement sur la manière dont se sont assemblés les fidèles pendant les trois premiers siècles de Jésus-Christ, c'est-à-dire depuis la prédication des apôtres jusqu'au moment où Constantin monta sur le trône et rendit la paix à l'Eglise.
Bien que l'Eglise eût recouvré la paix sous Constantin, ce ne fut pourtant pas sous son règne qu'elle commença à se servir des cloches pour convoquer ses enfants dans ses basiliques. Baronius dit le contraire (2), ^lorsqu'il parle des grandes cloches (grandioribus tintinnabulis) appelées ')ampanœ, dont on fit usage alors pour les cérémonies du culte divin; ifiEusèbe (3), qui rapporte en quatre livres la vie de Constantin et l'hisp :oire de son temps, n'en fait aucune mention. 11 est très-douteux qu'on îmployât aussi les bois ou crécelles , malgré l'opinion de plusieurs au- "leurs qui les représentent comme ayant précédé les cloches; nouvelles ncertitudes, car on ne peut dire ni qui a introduit l'usage des cloches ians l'Eglise, ni en quelle année il y a été introduit.. '^ C'est une erreur suivie par un grand nombre de liturgistes, que celle ■^1 [ui donne ordinairement aux Italiens la gloire de l'invention des cloches. ^\ Walafrid Strabon (4), qui écrivait dans le IX^ siècle, est le premier ^^ luteur de cette erreur, lorsqu'il assure que c'est à Noie , ville de Cam- ^^ »anie (en Italie), que les cloches ont d'abord été inventées, et que c'est P le là qu'elles s'appellent en latin nolœ et campanœ, en provençal cam- ^^^\)ancs. « Les grandes cloches {majora signa) , dit-il, se nomment campa- Mi nœ, et les petites {minora) nolœ. »
Cette opinion a été suivie par Anselme, évêque d'Havelbourg ; Honoré,
ii|)rêtre de l'église d'Autun; Durand de Mende et Binsfeld (5). JeanFun-
jer ajoute que leur invention remonte à l'an 400 environ, et il en fait
pi|ionmeur à saint Paulin , évêque de Noie , « qui les fit servir pour la
c première fois à l'usage de l'Eglise; car si l'on remonte plus haut on
(1) Ad ann. 58, n» 102. — P. 2, tit. de Bened. Gampan., p. 146. —Traité les Cloches, p. 2, c. 4, § 3, p. 240.
(2) Ad ann. 58, n» 104.
(3) L. 10, c. 11 et seq.
I (4) Lib. de rébus écoles., c. 5.
(5) L. 3, Dialog., c. 16, 1. 11, Spicil. d'Acheri. — In Gemma animae, 1. 2, . 142. — L. 1, Ration, divin. Offlc, c. 4, n» 1. —Tract, de confessione, conlus. 7, dub. 6.
« verra que les païens avaient coutume de les sonner lorsque quelqu' « mourait, ainsi (ju^on le lit dans une note marginale d'un très-vie « {pcrvetusto) sclioliaste de Théocrite » (1). Les présidents de Selve Duranti , Pierie Messie et Grimaud (2) répètent les mêmes paroles, d près Walafrid et Funger.
Aucune des opinions que nous venons d'indiquer n'étant établie sur des monuments contemporains, ni sur le témoignage des anci( auteurs, nous nous contenterons, sans rien fixer sur l'origine de l'usî des cloches pour les cérémonies de l'Eglise, d'avancer qu'on ne s'en pas servi avant les premières années du VU® siècle.
Les trois exemples suivants prouvent invinciblement la vérité de ce assertion.
Saint Ouen , qui écrivit, vers G40, la Vie de son ami saint Eloi , pa d'un prêtre qui , voulant célébrer le saint sacrifice malgré l'interdit l'évoque de Noyon, tenta vainement de sonner la cloche de son égli [Presbyter diutius funem terehrans , cum cerneret tinnulum ornnino p manere mutum, cgressus protinus basilicam, causam cunctis manifesti Il dit peu après que, ce prêtre ayant reçu son pardon de saint Eloi , cloche, de nouveau sollicitée, résonna comme de coutume : mox sic tacto, sonus protinus rediit in tintinnabulum (3).
Le vénérable Bède (fin du Vll« siècle), rapportant la mort de l'î besse Hilda, dit qu'une religieuse entendit notum campanae sonum i ad orationes excitari vel convocari solebant (4).
Le moine de Saint-Gall, auteur du VIII® siècle, raconte le fait suivai « Un ouvrier avait fondu une cloche {catnpanam conflacit) dont le i plaisait beaucoup à Charlemagne. Cet homme dit qu'il en ferait i dont le son serait plus agréable encore, si on liii donnait 100 livres d' gent au lieu d'étain. Ayant reçu ce qu'il avait demandé, il garda 1'. gent pour lui , et employa de l'étain comme de coutume. La clocl néanmoins, plut au roi. On la plaça dans le clocher; mais lorsque le g dien de Téglrse et les autres chapelains voulurent la mettre en bran ils ne purent jamais en venir à bout. L'ouvrier, en colère, prit alors corde, et tira lui-même la cloche pour la faire sonner; mais le batt< de fer lui tomba sur la tête et le tua » (5).
(1) In Elymolog. Triling. (Y. Campana. )
(2) Tract, de Benefic, 1, 9, 5, n» 82. — L. 1, De rit. eccles. , c. 22, n» 1. Diverses leçons, p. 2, c. 9. — Traité des Cloches.
(3) Vita S. Elig. ab. S. Aud., 1. 2, c. 20, ap. d'Acheri Spicil., t. 5 de 1' in-4o.
(4) Hist. eccles. angl., 1. 4, c. 23.
(5) De ecclesiastica cura Garoli Magni, c. 31.
ou MANUEL DES DIVINS OFFICES. 349
L'usage des cloches est moins ancien dans TEglise d'Orient que dans îUe d'Occident. 11 n'a été reçu en Grèce que dans le IX® siècle; avant ce imps on y suppléait par des tables de bois et autres signaux. Ce fut rsus Patriaciacus, doge de Venise, qui envoya les premières cloches à empereur Michel {\),
Pendant longtemps un grand nombre d'églises d'Orient n'eurent pas e cloches ; Jérusalem n'en connaissait pas l'usage avant que Godefroi e Bouillon s'en fût rendu maître, en 1099 (2). Depuis la prise de Constantinople par Mahomet II, en 1452, l'usage es cloches a été proscrit dans tout l'empire ottoman (3). 11 y a deux lisons pour cela. La première est toute politique : parce que les cloties offriraient un moyen facile de rassembler les peuples pour les souïver. Ensuite , selon Allatius et le Père Goar, parce que les Turcs crainent que le son des cloches n'épouvante et ne prive de leur repos les mes, qui, suivant eux, errent dans le vague de l'air. Dans cette vue, ils abstiennent de l'usage des cloches , qu'ils remplacent par la voix de !urs imans, qui , cinq fois chaque jour, appellent le peuple à la prière u haut des minarets, et crient, selon l'expression de Belon , comme un Mieux qui a perdu son corbillon. Cette règle n'est pas, pourtant, absoiment générale pour les chrétiens; l'exception existe en leur faveur du loment où leurs églises sont éloignées du séjour des Turcs. En Perse , les Grecs ont toute liberté à cet égard ; aussi on compte iaucoup de cloches dans les églises de ce royaume (4). On les leur en- )ie d'Europe.
Les églises qui n'ont pas de cloches se servent de tables de bois, semables de tous points à celles dont usaient les églises d'Orient avant le L® siècle, et dont plusieurs monastères de l'Asie ont encore conservé isage , du reste fort ancien en Orient , et dont les règles de saint Palme et de saint Jean Climaque font une ample mention. Allatius (5) )us donne la description d'un de ces signaux : « Cet instrument, dit-il, ; composé de deux planches qui ont chacune dix pieds de long, deux >igts d'épaisseur et quatre de large, qui sont bien unies avec le rabot, li n'ont ni fente ni fistule , qu'un prêtre ou quelque autre ministre
1(1) Baronius, ad ann. 865. (V. Goar, in net. ad Eucolog., p. 560, col. 2.)
(2) Albert, Hist. Hierosol.,c. 40.
(3) J. Boeme, De omn. gent. mor., c. 11. — Ange Rocca, Gomm. de Camp. Le P. Dandini, Voyage du Mont-Liban , c. 7. — Jérôme Magius, lib. De tin-
in. , etc. , etc.
(4) V. Tavernier, Voyage du Levant, t. 2, p. 412. !(5) De récent. Graec. templis, p. 102, 103.
tient de la main gauche par le milieu , et (ju'il bat d'un marteau de même bois (ju'il a dans sa main droite, tantùl d'un c(Mé, tantôt d'un au- *re, tanlùl de près, tantôt de loin, avec tant d'adresse et avec une si grande variété de coups, que cela fait conmie une espèce de concert de musi(pie. » 11 ajoute (ju'il y avait un de ces bois dans le monastère de Saint- Denis du mont Athos , sur lequel étaient écrites [ces parob « D'où viens-tu, ô i)ois? — Sache que j'étais dans le milieu d'une forél ; ensuite, on me fendit et on me polit avec le ral)ot. Maintenant, je suis suspendu dans la maison du Seigneur; les mains des pieu.v diacres me prennent, et, sous leur marteau qui me frappe, je retentis afin que tous s'assemblent dans le temple du Seigneur, pour y trouver la rémission de leurs péchés. » [Unde es , o liynum? — Scito me in medio sylvœ : postca scindur, et dolabra ahsumor. Nunc pendeo in duuw Domini : inanus tractant me piorum diaconuruni , et malleo me percutientibus vocei^ emitto , ut omnes in templuin Domini conveniant , ut remissionem incs" niant peccatorum.] On se servait aussi de trompettes, au rapport de sain Jean Clima«iue (l).
Le nom de cet instrument est a-njjLavnoptov , signal. On l'appelle plu proprement encore /cpoar/pavTpov , sigrial de la main, pour le dislin guer d'un autre instrument d'érable du même genre, mais bien plu grand, que l'on attache avec des chaînes de fer au haut des tours e auquel on donne le nom de pLeyaoYjjjLavrpov, grand signal. i
Outre ces deux objets, on se sert encore dans les églises d'Orient d( certaines plaques de fer ou de cuivre attachées aux arbres voisins de temples ou aux côtés de la porte du porche; on les frappe avec de marteaux de fer qui sont suspendus tout auprès (2). C'est ainsi qu'ci parle en particulier Tournefort : « Les Grecs (3), dit-il, suspendent par do cordes à des blanches d'arbres des lames de fer semblables à ces bande dont les roues de charrette sont revêtues, courbes, épaisses d'environ u demi-pouce sur trois ou quatre de largeur, percées de quelques trou dans leur longueur. On carillonne sur ces lames avec de petits marteau de fer, pour avertir de venir à l'église. »
Le poids des cloches, dans les commencements, fut assez faible, s'accrut successivement dans la suite jusque dans ces derniers siècle; où il devint souvent très-considérable. C'est ici le lieu de dire quelqu(
(1) Grad. 18 et 19.
(2) Belon, 1. 1, obs. , c. 41. — Allatius, ibid., ut sup. , p. 101 et 102. — I P. Goar, loc. cit., p. 560.
(3) Tournefort, Voyage ('.u Levant.
ou MANUEL DES DIVINS OFFICES. 351
)ts de la fonte des cloches, opération -difficile, peu connue du public, qui mérite cependant d'attirer son attention. Le travail s'en peut réirc aux trois articles suivants : les proportions d'une cloche, la fabrie du moule, et la fonte du métal.
Les fondeurs distinguent deux sortes de proportions , les simples et relatives. Les premières sont celles qui doivent se trouver entre les rties d'une cloche et que l'expérience a montrées nécessaires pour la idre agréablement sonore. Les secondes sont celles qui établissent un )port demandé entre une cloche et une autre pour y mettre un accord. Les parties d'une cloche sont : la patte ou le cercle inférieur, qui la mine en s'amincissant; le bord, qu'on nomme aussi la panse ( queles-uns disent la pinse) : c'est la partie sur laquelle doit frapper la isse du battant , et qu'on tient pour cette raison plus épaisse que les très; les saussures : c'est l'enfoncement du milieu de la cloche, ou itôt le point au-dessous duquel elle va en s'élargissant jusqu'à son :d ; la gorge ou la fourniture : c'est la partie qui s'élargit et s'épaissit i' une fourniture de métal toujours plus grande jusqu'au bord ; le \e supérieur, ou cette moitié de la cloche qui s'élève au-dessus des issures; le cerveau, qui fait la couverture de la cloche et par dedans itient l'anneau du battant; les anses, qui sont des branches de métal les au cerveau, courbées et évidées pour recevoir les clavettes de fer ' le moyen des(iuelles la cloche est suspendue au mouton, qui lui sert ppui tout ensemble et de contre-poids quand on la met à volée, /anoccio, dans sa Pyrotechnie , écrite au commencement du XVI® :1e, a parlé fort confusément des mesures à prendre pour régler xord des cloches. Cent ans après lui, le P. Mersenne (1), qui s'entent mieux en géométrie et en harmonie , nous a laissé une méthode is sûre et des proportions mieux raisonnées. Ces mesures simples li seraient peut-être encore tenues secrètes parmi les fondeurs et rées aux innovations qu'il leur plairait d'y faire si le P. Mersenne ne avait publiées), sont, avec la forme de la cloche, d'une très-ancienne entiôn. Il n'est pas hors de propos de chercher ici la raison de cette acture , parce que c'est la forme même de la cloche qui fait une des .ndes beautés de l'invention. L'avantage n'en est point pour l'œil, is pour l'oreille et pour la bourse. Si l'on faisait la cloche d'un diatre égal en haut et en bas, la dépense serait trop forte, et avec plus dépense on aurait moins d'harmonie. On nous dira peut-être : 3lle harmonie peut-on attendre d'une cloche seule? Le son d'une
l) Harmonie univ., t. 2, 1. 7. — Pluche, Spect. delà nature, t. 7, p. 273 et seq.
cloche n'est qu'un son , et un son tout seul ne fait point harmoni car qui dit harmonie, dit accord de plusieurs sons.
La raison et l'expérience ont appris aux anciens fondeurs que s'ils faisaient leur cloche tout d'une venue , d'une largeur égale et d'une épaisseur égale, ils en tireraient, à très-grands frais, un son fort sourdj Il ne suffit pas de dégrossir le haut du vase; il a fallu, en tâtonnant 6|' à force d'épreuves, diminuer considérablement l'épaisseur. Quand oné voulu prodiguer la matière et outrer cette épaisseur, il n'en est proii venu qu'un bourdonnement tel que celui de Georges-d' Amhoise , dani laquelle on a employé trente-trois milliers de métal pour former u£ son que l'on n'eût pas entendu si l'on n'eût été averti que la clochi sonnait. En retranchant sur la dépense, par le rétrécissement successif d( la cloche sur la hauteur, et par la diminution successive, jusqu'à un cer tain point, sur l'épaisseur, les fondeurs obtinrent un son plus éclatant mais ils furent traversés par un inconvénient qui les conduisit enfin ; la forme que nous voyons en usage. La cloche est sonore dans toute soi étendue. Le son du bord, qui est plus épais , est le son dominant ; et \ l'est au point d'affaiblir, quelquefois môme d'effacer le son du vase sï périeur. Mais il arrive souvent qu'on les entend tous deux dans les plu petites cloches , et bien plus distinctement dans les grosses. Une cloch seule peut donc faire harmonie; et l'accord des deux sons sera agréab! ou désagréable, selon le rapport du diamètre d'en haut avec celui d'en ba
On admire à Paris la belle harmonie de deux cloches de Saint-Gei main-des-Prés , et à Reims celle des deux bourdons de la cathédral dont le plus gros est de vingt-quatre milliers , comme l'atteste l'in cription. « Si nous n'entendions que des sons tels que ceux des bourdoi de Saint-Germain-des-Prés , nous serions tentés d'attribuer .aux foi deurs une connaissance certaine et des principes infaillibles par rappo aux proportions relatives; mais quelle estime peut-on faire de lei savoir quand on entend l'ennuyeuse enfilade des quatre ou cinq deno tons qui se lamentent dans la sonnerie de Saint- Germain -l'Auxe rois?» (1). C'est encore au P. Mersenne que l'on doit rapporter le systèr pur des vraies proportions relatives, qu'on peut lire avec fruit dans S' Harmonie universelle, publiée au XVll® siècle.
Les matières nécessaires à la construction du moule d'une cloc sont : la terre la plus liante (c'est toujours la meilleure); la gran précaution est de la bien passer, pour en ôter les plus petites pierres tout ce qui pourrait occasionner ou des crevasses ou des inégaUtés j
feu mi
ipré
D'âU!
Le
(1) Pluche, 1. 0. sup.
ou MANUEL DES DIVINS OFFICES. 353
la surface du moule; la brique, dont on ne fait usage que dans le noyau et pour le fourneau; la fiente de cheval, la bourre et le chanvre, employés par mélange avec la terre pour prévenir les crevasses et pour donner au ciment une plus forte liaison ; la cire, dont on forme les inscriptions, les armoiries et les autres figures; le suif, qu'on mêle par portion égale avec la cire pour en faire un tout qu'on rend maniable comme une pâte molle à l'aide du feu, et pour en mettre une légère couche sur la chape avant que d'y appliquer les lettres; enfin, le charbon, qui sert uniquement à cuire et sécher le moule.
11 nous faut dire un mot du choix du métal et de sa quantité.
Le cuivre rouge est incontestablement le meilleur. Le jaune, quoique inférieur à cause de la calamine, peut passer. Aucune autre espèce de cuivre ne doit être employée. Ces mélanges rendraient le métal trop cassant, et trop sourd pour le son.
L'étain le plus fin, ajouté au cuivre à raison de vingt-cinq pour cent, c'est-à-dire d'un quart sur trois de cuivre fin, fait un alliage parfait. On ne met l'étain au fourneau que quand le cuivre fondu est épuré de ses crasses, et peu de temps avant que de couler.
La quantité de métal à mettre au fourneau est réglée sur la grosseur de la cloche. Mais il est de la prudence d'y en faire entrer plus que moins ; on en sent aisément la raison. LC' métal souifre un déchet au feu de trois pour cent , et il est bon de prévenir les désordres qui peuvent être occasionnés par des pertes accidentelles.
Si l'on suppose que du temps de Charlemagne l'étain entrait , comme à présent , pour à peu près un quart dans la composition du métal des cloches, et que Ton admette, d'un autre côté, que ce prince ait donné pour la fabrication de celle dont nous avons parlé une quantité d'argent égale à celle d'étain qu'on aurait dû employer, cette cloche n'aurait pas pesé plus de quatre cents.
Le moine Helgaud, dans la Vie du roi Robert (1), qu'il écrivit en 1050, rapporte que ce monarque fit faire cinq cloches pour l'église Saint-Agnan d'Orléans. Une de ces cloches, qu'Helgaud nomme « assez admirable » {satis mirabile), probablement la plus forte des cinq, ne pesait que deux mille six cents.
Radulphe, abbé de Saint-Tron, avait fait faire et refondre plusieurs cloches; il indique dans sa Chronique, écrite au Xll® siècle, quel était le poids delà plus grosse: Quintina, fondue en l'honneur de saint Quentin, I pesait trois mille trois cents (2) .
(1) V. Du Ghesne, Hist. Franc. Script., t. 4.
(2) Scipicil., Ghron. Abb. S. Trud., 1. 9, p. 459, t. 7,
354 UATIONAL
Jean d'Hardivillieis fit fcjiidre, de concert avec les pairs do, la commune du Saint-Just-en-Chaussée, en 12;)0, une cloche pesant quatre mille livres (1).
C'est à partir surtout du commencement du XV siècle que Ton donna aux cloches des dimensions et un poids considérables.
Le bourdon de Paris, nomme Emmanuel, fut d'abord donné à N.-D. de Paris en 1400, par Jean de Montaigu , quatre-vingt-quinzième évèquc de Paris ; on le nomma alors Jacqueline, du nom de Jacqueline de Lagrange, femme de Jean. 11 pesait quinze mille; mais le chapitre le fit refondre et augmenter de poids en 1680. La fonte ayant été manquée, on le refondit en 1681. La cérémonie de sa bénédiction fut faite le 29 avril 1682 par François de Harlay, archevêque de Paris. Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche, son épouse, d'après l'invitation du chapitre, imposèrent à la cloche le nom d'Einnianuel-Louise-Thérèse. Cependant cette cloche ne se trouva pas d'accord avec les autres; elle fut encore refondue et augmentée en 1685, de sorte qu'elle pèse près de trentedeux mille. Son diamètre est de huit pieds , sa hauteur également , et son épaisseur au gros bord , de huit pouces ; elle a un son mélodieux et imposant tout à la fois. Sa résonnance répète l'accord parfait (2). En 1794, dans la crainte qu'on ne se servît de cette cloche pour sonner l'alarme, on la démonta. Elle ne fut replacée qu'à l'occasion de la cérémonie du Concordat, célébrée le jour de Pâques 1802 (3).
Le second bourdon de Notre-Dame avait été fondu le 1" octobre 1472, et pesait vingt-cinq mille. En 1792, huit hommes furent employés pendant quarante-deux jours à le casser à l'aide d'une machine.
La fameuse cloche de Rouen, appelée Georges d'Àmboiae , du nom de son illustre donateur le cardinal Georges d'Amboise, fut fondue le 2 août 1501, montée dans la tour le 9 octobre de la même année, et sonnée pour la première fois le 16 février 1502. Son diamètre, selon le P. Mersenne (4), qui l'avait mesurée, était de 8 pieds 4 pouces, et son épaisseur de 8 pouces 6 lignes; elle pesait 46,364 hvres, d'après la pesée qui en a été faite à Romilly. Cette cloche se fêla le 28 juin 1786, , à Parrivée de Louis XVl à Rouen. Le chapitre avait projeté de la faire refondre, et des dispositions étaient déjà prises, lorsque la révolution de 1789 éclata. En 1793, elle fut mise en morceaux dans la charpente
(1) Gall. Christ., t. 9, p. 851.
(2) Descript. hist. des curiosiuis de l'Église de Paris, par M. C.-P. G., p. 37 et 38.
(3) L'abbé Baraud, 1. c, p. 11.
(4) Traité de l'Uarmûnie universelle, p. 4.
ou MANUEL DES DIVINS OFFICES. 355
même , au moyen d'un bélier, et le métal, transporté à la fonderie de Romilly, fut employé à la fonte des canons.
Le bourdon de Reims, fait en 1570, et nommé Charlotte par le cardinal Charles de Lorraine, archevêque de Reims, pèse 23,000. Le gros bourdon d'Amiens, refondu en 1736 et nommé Marie, pèse environ 12,000 livres; c'est aussi le poids de la plus grosse cloche qu'ait conservée la cathédrale de Rouen. Le bourdon d'Amiens a 5 pieds 11 pouces 7 lignes de diamètre ; celui de Rouen , 5 pieds 4 pouces de haut et 5 pouces 10 lignes d'épaisseur.
Quelque considérable que soit le poids de quelques-uns de nos bourdons des XY^, XVP, XVIP et X VHP siècles , on ne peut le comparer à celui de quelques cloches de la Russie et de la Chine.
11 y a peu d'églises en Russie qui ne possèdent de très-belles cloches et en grand nombre ; elles sont placées d'ordinaire dans des clochers séparés des églises , et demeurent fixées à une pièce de bois , sans pouvoir être mises en branle. A l'aide d'une corde tirée de côté, on fait osciller le battant, qui vient frapper la cloche immobile. La cloche de Saint-Yvan, à Moscou, est une des plus fortes : elle pèse 114,000, et on ne la sonne que dans les grandes occasions. La même ville possède une cloche plus remarquable encore, celle du Kremlin ou château. Elle fut coulée en 1733 par Michel Monterine. Elle a 21 pieds de hautçur, 23 de diamètre, et pèse 492,000. La beauté de ses formes et de ses bàs-reliefs, la richesse du métal employé à sa fonte , et qui se compose d'or, d'ar-
Igent et de cuivre, en font un monument important. Jusqu'en 1836 elle est restée dans la cavité profonde où elle avait été fondue, au milieu du palais du Kremlin. Le 5 août de cette même année, elle fut soulevée, en présence des autorités et d'une foule considérable de spectateurs, par les soins de M. de Montferrand , ingénieur français. A cinq heures et demie du matin, six cents soldats, à un signal donné, mirent les cabestans en mouvement, et bientôt après on vit s'élever la cloche , qui se trouva entièrement soulevée , dans l'espace de quarante-deux minutes, jsans le moindre accident. Le 8 août on la sonna.
Un incendie ayant éclaté dans le Kremlin, les flammes atteignirent e bâtiment qu'on avait élevé au-dessus de la cavité qui renfermait la îloche, et le métal s'échauffa; l'eau que l'on projeta pour éteindre le le feu tomba sur la cloche et y produisit une fracture à la base (1).
Nankin était jadis célèbre par la grandeur de ses cloches; mais leur poids énorme ayant emporté le donjon où elles étaient suspendues,
(1) Y. l'abbé Baraud, p. 13 et 14.
tout le bâtiment tomba en ruines et les cloches sont demeurées à terre. L'une d'elles a i 1 pieds de haut, son diamètre est de 7 pieds; la circonférence extérieure est de 22 pieds; le limbe inférieur a 6 pouces et 1/2 d'épaisseur. Cette cloche pèse 90 milliers environ. Les cloches de Nankin ont été fondues dans la première moitié du XV^ siècle.
La cloche qui sert à sonner les heures à Pékin a 12 pieds de diamètre à son ouverture, 40 de circonférence et 13 de haut. Son poids est de 120,000 livres. Elle fut élevée sur la tour, par les Jésuites , avec des machines qui firent Tétonnement de la cour de Pékin (1).
En résumé , voici dans leur ordre de succession les cloches les plus belles du monde entier :
En Russie, celle du Kremlin, 492,000 livres, 21 pieds de haut.
En Chine, celle de Pékin, 120,000 livres, 12 pieds de haut.
En France, Georges d'Amboise, à Rouen, 36,364 livres; — le bourdon de N.-D. de Paris, 33 mille livres, 8 pieds de haut; — Reims, 23,000 livres; — et Amiens, 12,000.
Nous n'avons parlé de Georges d'Amboise que pour mémoire; ainsi, après Moscou et Pékin , c'est Paris qui possède la plus belle cloche du monde.
L'usage de placer des inscriptions sur les cloches est fort ancien , car sur une clochette de bronze trouvée en 1348 dans les Thermes de Dioclétien, on lisait : Firmi Balneatoris (Flrmus-le-Baigneur). Mais à. quelle époque cet usage a-t-il été généralement adopté? C'est ce qu'on ne peut bien dire, par la raison que nous ne possédons guère de cloches qui remontent au-delà du Xlll^ siècle.
Certaines inscriptions indiquent l'usage de la cloche qui les porte : ainsi, sur les bords de celle du beffroi de Valenciennes, qui sonnait les heures, étaient gravés ces vers :
Cheste noble cloque d'oneur Fut fdite Tan notre Seigneur XIII cens IIIIxx et VI Faire la list Jehans partis Qui estais prosvos à ce temp& Avoech ses douze pers sentans Et se la fist nnaistre Robers De Croisilles, pourquoi les vers Disent que tape sans séjour Vingt-quatre heures nuit et jour Pour oïr la communauté Que Dieu ait en saveté.
(1) V. le P. Verbiest, Lettres sur la Chine ; — le P. Couplet, dans sa Chronologie.
ou MANUEL DES DIVINS OFFICES. 357
Sur quelques cloches on a rappelé des souvenirs historiques d'une certaine importance. Celle de Dourdan ( Seine-et-Oise) est de ce nombre; voici l'inscription qui y est gravée :
Au venir des Bourbons, au finir des Valois Grande combustion enflamma les Françoys.
Tant je vous sonnay lors de malheureuses heures , La ville mise à sac, le feu en ce saint lieu , Maint bourgeois rançonné. 0 Dourdan, priez Dieu Qu'à vous à tout jamais je les sonne meilleures.
Tout le monde connaît ces vers inscrits sur la Georges d'Àmhoise, de Rouen :
Je suis nommée Georges d'Amboise Qui bien trente-six mille poise Et cil qui bien me poisera Quarante mille y trouvera.
Dans les différents siècles du moyen-âge, on a indifféremment admis, pour les inscriptions des cloches, la langue latine et la langue française. Cette dernière était le plus souvent employée.
Les ornements le plus habituellement figurés sur les clo-ches sont : Jésus en croix, quelquefois seul, quelquefois aussi accompagné de Marie et de saint Jean ; l'Agneau mystique ; Jésus le front ceint d'une auréole. On voit fréquemment Marie tenant dans ses bras son fils descendu de la croix. Souvent le patron de l'église y est représenté avec les donai teurs, parrains et marraines, comme sur une cloche de Briot (au diocèse de Beauvais). Cette cloche, fondue en 1680 , porte dix images de saints; sur une autre de la même église, fondue en 1693, on compte jusqu'à trente-huit figures. Les armoiries des nobles donateurs, celles de France, d'élégants rinceaux, etc., tels sont les ornements les plus habituels des cloches, du moins en France.
Nous terminons en donnant les noms de quelques fondeurs français du XIV^ au XVIII« siècles.