CHAPITRE XL
GOMMENT UËVÊQUE OU LE PRÊTRE ET SES MINISTRES DOIVENT SE TENIR DEVANT L'AUTEL.
I. Après avoir encensé Tautel, l'évêque ou le prêtre passe au côté droit de l'autel : là, il récite en union avec ses assistants tout ce qui a rapport à cette partie de l'office de la messe^ et il dit le Kyrie eleison. Ce passage du milieu (^e l'autel au côté droit signifie le passage du Christ à la vie éternelle , de la passion par la résurrection. En allant de gauche à droite» le célébrant imite le Christ entrant dans le monde : en efiet, le Christ a atteint le côté gauche lorsqu'il a pris la vie du temps , et il a passé à droite quand il éleva son corps jusqu'à la droite de Dieu.
II. Ce mouvement du célébrant, qui lui fait gagner la droite, «gnifie encore que l'Emmanuel promis dans l'ancienne loi vint d'abord aux Juifs avant d'aller aux Gentils. Les Juifs alors étaient à droite, à cause de la loi, et les Gentils en quelque sorte à gauche, parce qu'ils adoraient les idoles. Donc, le prêtre, orné des sacrés vêtements, symbolise le Christ revêtu de la chair de notre humanité; son arrivée à l'autel marque que le Christ est venu des cieux vers son peuple pour le sauver. Lorsque le célébrant passe à droite, il marque que le Christ, en ve-
d'un côté à l'autre de l-autel , ils le suivent par derrière, pour montrer que radmonitiôîi du Seigneur s'est accomplie, lorsqu'il dit : « Celui qui me sert doit me suivre, etc. » Les assistants de révêque ont toujours les yeux fixés avec sollicitude sur tous ses mouveinents, pour montrer que les fidèles, bien que vivant de la vie de ce monde ,. tendent cependant toujours à la vie éternelle en la compagnie du Christ. Dans certaines ^lises, lorsque Tévêque se tourne vers le peuple, ils se tournent aussi vers le peuple, et se retournent en même temps que révêque du côté de l'autel. Car le Christ, pendant sa vie mortelle, quittait la prière pour la prédication, et parfois la prédication pour la prière , ce que figure l'action de se tourner, vers le peuple et de se retourner vers l'autel. En quoi le Christ doit être surtout imité par les prédicateurs, que désignent avec raison les assistants de l'évêque .
VIII. Le pape Anaclet [De cons., dist. i, Episcopvs) ordonna que l'évêque^ lorsqu'il offrirait le saint sacrifice, aurait pour témoins les diacres, qu'on appelle ses yeux, les sous-diacres et autres assistants. Et il voulut que tous, revêtus des vêtements sacrés, se tinssent de front devant et derrière lui, et qu'il eût un prêtre de chaque côté , c'est-à-dire à droite et à gauche; que tous eussent le co&ur contrit, l'esprit humble, le visage incUné, et qu'ils le gardassent des malveillants, et qu'ils prêtassent leur concours au saint sacrifice. Et, selon le pape Lucius {De consec.y dist. i, Jubemus)^ les assistants n'abandonneront pas l'évêque, parce qu'à cause des malveillants il faut qu'il reçoive un bon témoignage de la part de ceux qui sont dehors. Il fut encore établi que 1er célébrant aurait derrière M nn aide et un consolateur, comme on l'a dit dans la préface de cette partie. Et c'est pourquoi, dans certaines églises, quelques diacres se tiennent debout derrière l'évêque , dans Tattitude de la prière , pour le suivre jusqu'à la mort et pour passer avec lui à la vie étemelle. Cependant, le plus grand nombre des assistants demeure à droite de l'autel, et la moindre partie
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à gauche , parce ({ue l'Eglise demande deux bénédictions, la bénédiction temporelle et la bénédiction éternelle^ afin que nous passions par les biens de ce monde de teUe façon que nous ne perdions pas ceux de Téternité. En outre» les susdits assistants , qui se tiennent derrière l'évêque et la tête inclinée , restent dans cette position jusqu'à la fin de Toraison dominicale, et représentent ces apôtres qui, pendant la passion du Seigneur, oppressés par une grande tristesse , n'osaient pas se lever de terre pour confesser qu'ils étaient les disciples du Christ. Cependant ils étaient couchés sur la figure de la foi. Ensuite, les assistants se relèvent , comme on le dira à l'article de la deu* xième partie du Canon, aux mots : Nohis quoque peccataribus. Les assistants figurent encore à nos yeux le chœur des saints martyrs qui demeureront dans cette vallée de larmes jusqu'au mcHnent de la dernière tribulation. Puis, les assistants se lèvent^ parce qu'après avoir rendu témoignage, les martyrs se relèvent couronnés, c'est-à-dire à l'abri de toute persécution. Les assistants qui se tiennent la face inclinée représentent les femmes qui, la tête baissée, se rendirent du cénacle au tom*beau , emportées dans leur course par l'ardeur de leur amour pour le Christ.
IX. Le prêtre assistant , pendant les instants de repos, met le missel sur un coussin moelleux, pour montrer que le cœur du chrétien doit être dévoué et tendre, et que pour recevoir facile* ment les divines impressions il doit se mettre sous le joug du Seigneur et des préceptes du ciel, selon cette parole du Sage s «t Que ton cœur reçoive mes paroles, etc. ; » afin que l'esprit du Seigneur repose en lui. On pariera encore de ce coussin {pulvinar) à l'article de l'Evangile.