‹ Rational, ou, Manuel des divins officesChapitre 43 sur 84 · EXPUGATION DU G/INON, QUI COMMENCE PAR CES MOTS : TE IGITUR · texte numérisé non relu

EXPUGATION DU G/INON, QUI COMMENCE PAR CES MOTS : TE IGITUR

Nous avons pensé que c'était ici le lieu d'exposer ou d'expliquer le canon. Le moment nous parait opportun pour nous efforcer d'exposer tout ce que cette partie de la messe contient. Cependant notre langue faiblit^ la parole nous manque^ notre esprit est surpassé , notre intelligence est écrasée. Pourtant, je frapperai à la porte, afin que mon ami me prête trois pains [Depœ.^ d. i, Opportuna) qui me seront très-nécessaires pour ce repas, savoir : la foi qui demande et reçoit la vie, l'espérance qui la cherche et qui la trouve , et la charité qui frappe à la porte de la vérité et qui la voit s'ouvrir devant elle,

I. Le canon contient onze parties, dont la première est indiquée en tête de ce chapitre. La seconde commence à ces mots : Mémento, Domine ; la troisième à Communicantes ; la quatrième à Hanc igitur; la cinquième à Quam ohlationem; la sixième à Qui pridie ; la septième à Simili modo ; la huitième à Vnde et membres; la neuvième à Supplices te rogamus; la dixième à Mémento; la onzième à Nohis quoque.

II. D'autres disent que le canon renferme douze parties. La deuxième commence à In primis; la troisième à Mémento; la quatrième à Communicantes; la cinquième à Hanc igitur; la sixième à Qui pridie; la septième à Vnde et memores; la huitième à Supra, quœ propitio; la neuvième à Mémento; la dixième à Nobis quoque; la onzième à Per quem hœc omnia; la douzième à Oremus, prœceptis salutaribus moniti.

III. Mais, selon d'autres^ le canon contient seulement six parties. La seconde conmience à In primis; la troisième à Cmimunicantes ; la quatrième à Hanc igitur; la cinquième à Supplices, te rogamus; la sixième à Oremus, prœceptis.

IV. n en est aussi qui disent que le canon a seulement cinq parties, et en vertu de cette opinion ils terminent chacune de ces parties en ces termes : « Par notre Seigneur Jésus-Christ» » pour donner à entendre par là que la prière des fidèles représente les cinq parties de la passion du Seigneur, ce dont on a parlé à la fin de la préface de cette partie.

V. Le canon commence donc par ces mots : Te igitur^ qui en sont la première partie. Igitur se traduit par certainement. En disant ces mots, le prêtre parle à Dieu comme s'il était présent; ou bien igitur est une continuation de ce qui précède, comme si le prêtre disait : « Tu es le Dieu saint ; donc [igitur)^ « Père très-clément, très-illustre, au cœur très-large, c'est-à- « dire très-miséricordieux, ou bien qui éclaircit Tesprit. » Car l'esprit s*éclaircit lorsqu'il sent que Dieu lui est propice. En prononçant ces paroles, le prêtre s'incline devant l'autel, afin de montrer que Pierre se baissa pour regarder dans le tombeau. Cette inclinaison du prêtre, au commencement du canon, marque encore l'humilité du Christ dans sa passion et aussi le respect avec lequel le prêtre s'approche du mystère de la croix. Ces paroles montrent que, de même que le grand-prêtre de Tancienne loi tournait son visage vers le propitiatoire, comme on l'a dit dans la préface de cette partie, ainsi notre prêtre doit avoir le cœur tourné vers la clémence de Dieu; et que, de même que le pontife entrait dans le saint des saints une fois chaque année, couvert du sang d'un bouc ou d'un veau, ainsi le Christ, couvert de son propre sang, est entré une fois dans le saint des saint de l'éternité, après avoir accompli la rédemption; ainsi le ministre de nos autels entre couvert de sang dans le saint des saints, chaque fois que, portant dans son esprit le souvenir du sang du Christ, il commence secrètement les saints mystères, et il doit non-seulement avoir ce souvenir dans l'esprit, mais encore se munir du signe de la croix ( dont on parlera bientôt), parce qu'il raconte la passion du Christ.

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