‹ Rational, ou, Manuel des divins officesChapitre 52 sur 84 · DE LA SEPTIÈME PARTIE DU CANON · texte numérisé non relu

DE LA SEPTIÈME PARTIE DU CANON

I. Simili modo, etc. Ces paroles sont la septième partie du canon. Quoique le corps et le sang soient pris sous les deux espèces, cependant Tune et l'autre espèce est consacrée, et ni l'une ni l'autre n'est superflue {De cons., d. ii, Comperimus), afin que Ton voie que le Christ a pris la nature humaine, c'est-à-dire un

corps et une amè pour racheter rhommé tout eatier. Car lé pain se rapporte à la chair, et le vin à Tame., parce que le vin forme le sang, où réside Famé (XIII, q^ u, Moses). D'où vient qu'on lit dans le Lévitique : Anima carnis in sanguine, a L*ame de la chair est dans le sang. » Moïse, de son côté, atteste que la chair est offerte pour lé corps et le saïAg pour Tame : c'est pourquoi le pain et le vin sont offerts en sacpfice pour la protection du corps et de l'âme ; qu'on ne prenne donc pas sous l'espèce du pain l'espèce du sang avec le corp^, mais qu'on ne prenne le sang que sous son espèce particulière , avec la pensée qu*on ne peut parvenir au salut que de cette manière. Et, quoique sous l'espèce du pain le sang soit pris avec le corps, et que sous l'espèce du vin le corps soit pris avec le sang, selon Innocent III, cependant le sang n'est pas bu sous l'espèce du pain, et le corps n'est pas mangé sous celle du vin, parce que, comme on ne mangé pas le sang et comme on ne boit pa^ le corps, ainsi ni l'un ni l'autre n'est bu sous l'espèce du pain ou. mangé sous celle du vin, quoiqu'il paraisse que l'on peut accorder que le corps est pris en buvant et le sang en mangeant. Il est donc, d'après cela, une manière de prendre le.corps et le sang par laquelle ni l'un ni l'autre n'est mangé ni bu. Et voilà pourquoi il est décrété avec raison , dans le canon [De consec, dist. ii, Comperimus) : a Que le prêtre ne prenne pas le corps du Christ sans son sang. » C'est pour cela que dans certains endroits, après que l'on a pris le corps et le sang du Christ , on réserve une partie du sang dans le calice et on verse par-dessus du via pur, afin que les communiants eux-mêmes en prennent; car il ne conviendrait pas de consacrer autant de sang, et on ne trouverait point de calice assez grand pour contenir uùe telle quantité de vin. Mais, par le contact du sang, le vin que Ton verse dessus devient-il sacrement? Nous en parlerons à ces mots : Hic est calix.

II. Suivent ces paroles : Postquam cœnatum est , «c Après qu'on eut soupe. >> Ce fut dans la quatorzième lune du premier

Bttois, vers le soir, que le Christ, selon la loi, célébra avec ses disciples la pâque typique, dont il avait dit : ce J'ai désiré d'un TÎf désir de manger cette pâqiie avec vous avant que de souffrir. » En disant ces mots, il montra qu'il mettait fin à la pâque «ncienne, et qu'il j substituait le sacrement de la pâque nouvelle ; car, prenant le pain, il le bénit, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : ce Prenez et mangez, ceci est mon corps qui sera livré pour vous ; » et il prit semblablement le calice , après qu'il eut fait la cène, en disant : oc Buvez-«n tous; ced est le sang du Nouveau-Testament, qui sera versé pour vous et pour beaucoup, pour la rémission des péchés ; faites ceci en mémoire de moi. » Donc> instruits par cette institution, nous célébrons perpétuellement le sacrifice qui fut offert une fois pour notre rachat. En effet, là où la vérité a paru a cessé la figure; car le Christ, après la cène, donna son corps et son sang à ses apôtres, afin que ce sacrement^ comme étant la dernière volonté du testateur, se gravât plus profondément dans leur mémoire {De cotisée. y dist. n. Liquida). C'est pourquoi, en donnant son dernier testament à ses héritiers, il dit : « Vous êtes restés avec moi dans le temps de l'épreuve, et moi je vais préparer pour vous mon royaume , comme mon Père l'a préparé pour moi, afin que vous mangiez et buviez sur ma table, dans mon royaume. » Et, quoique les apôtres ne reçurent pas à jeun l'eucharistie, ils ne faut pas de cela, par une fausse interprétation, inférer que l'on doit recevoir ce sacrement après avoir mangé, comme faisaient ceux que blâme sévèrement l'Apôtre , en disant : ce Lorsque vous vous rassemblez entre vous, ce n'est plus pour manger la cène du Seigneur; mais chacun de vous prend d'avance son souper pour le manger, et il y en a qui souffrent delà faim tandis que d'autres sont ivres. » Il parait encore, d'après ces paroles : « Postquam cœnatum est,,y> que le prêtre doit communier avant que de passer à la consécration du calice. Mais nous parlerons de cela au chapitre de la Communion du Prêtre. . *

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