SCÈNE VIII OSMIN, puis RAYMONDE et M»' VEIllUEU
OSMIN, seul.
Eh bien, il aura beau s'en défendre, j'en suis pour ce que j'ai dit; il y a une femme dans la vie de ce brave homme-là!
RAYMONDE. Klleeiilre par la ^jauclic avec la cape «le M°" Verdior sur les épaules et un fichu noue en fanchon sur la tète.
Là, comme cela, n'est-ce pas, madame Verdier? (Apercevant Osmin.) Comment, vous êtes encore ici, vous?
Je partais... Mais laissez-moi d'abord vous regarder.
M""® VERDIER
N'est-ce pas qu'elle est tout à fait jolie ?
OSMIN
Je passerais ma vie à vous admirer.
C'e.st cela. Et qui m'apportera ce qu'il me faut [lour rentrer? Cinq heures... Vous devriez déjà être revenu.
OSMIN, la regardant avec cxtatc.
Je m'en vais..., je m'en vais!... (A M"" Verdier .pii met une
nappe sur la table et dresse le couvert.) C'est M. Noël qui m'a
relardé... Ah! madame Verdier, il m'a chargé de vous recommander l'assaisonnement de ses chanipignons. Mouillez-les bien avec du vinaigre, mais gardez-vous de la crème comme de la peste; pas d'ail surtout, ni de citron... Je crois que c'est tout.
M"* VERDIER
Bon, bon, monsieur Osmin, merci !
z6 HAYMONDK.
KAVMONDK.
Allez donc, allez!... M"" Verdier sait bien ce qu'elle a à faire.
OSMIN, d'un air coini<|iicineiit vexé.
Ah! alors, si elle s'y connaît mieux qut; moi. (Km Mjii;iiii.) l\is de crème, du vinaigre, beaucoup de vinaigre!... S'ils sont mauvais, ça ne sera pas de ma faute.
M""' VKllDIHU.
Kxcusez-moi, chère demoiselle, si je m'occupe de mon diner. Vous permettez, n'est-ce pas".'... Comim'ucez-vous à vous réchauffer ".'
lUYMONDK.
Je suis tout à fait bien.
M""= VKRlilElS.
Alors, je vous laisse. Je n'ai plus que le temps de mellrc tout en ordre en attendant mon Antoine ! (Kiic sort en ciii|>oi-
taiil le j'ial lie eliampigni'iis.)