‹ Raymonde; comédie en trois actesChapitre 3 sur 69 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

VERDIER

Oui... s'il arrivait comme qui dirait aujourd'hui?

M""» VERDIEU.

Aujourd'hui ?

VERDIER

Oui, aujourd'hui... tout à l'heure.

M"" VERDIER

Comment! Aujourd'hui? tout à l'heure?.. Ah, mon Dieu, mais il est là!... Tu ne veux pas me le dire, Verdier, il est là, n'est-ce pas?

VERDIER

Non, pour ça non..., mais il est en route. Il sera ici dans une heure peut-être. Tiens, lis plutôt ! (H lui tend la leuro.)

M"* VERDIER

Sa lettre! Donne donc vite! Tu ne me la donnes pas! (Lisani.) c Mon l)on père.» Pourquoi est-ce que c'est toujours à toi qu'il écrit? dis, pourquoi?

VERDIER

A moi ? à moi?... mais non, c'est à nous deux... Lis donc. .

M»' VERDIER, lisant.

eJc puis enfin dispost'r de trois mois et je vous les donne tout entiers. » Trois mois !... .le l'aurai trois mois!

VERDIER

Tu l'auras!... .^i tu disais : nous l'aurons !

M°" VERDIER

« Je me fais une fêle de sauter au cou de ma bonne et chère maman. Depuis que je l'ai quittée, je ne suis pas resté un instant snns penser à elle... Je...» (S arrêiant les larmes aux yeux.) Ail ! je lie sais pas ce que j'ai, Verdier, mais moi, je ne peux pas... Tu sais, avec ma vue..., c'est écrit si fin!

VERDIER, pronanl la leUre.

Ah! les femmes!... pas ça de volonté, les femmes !...

Allons, c'est bon, je la lirai mieux que loi. (Lisant,) « Un nionient où je n'ai pas pensé à elle... Je vais donc l'embrasser, toi aussi, comme je l'aime, mon père adoré! Que tu vas m'en redevoir depuis trois ans que nous no nous sommes vus, de ces Jjaisers-là! » (s'anviani très cmu.) Tiens, tuas raison, c'est écrit trop fin... (On sonne à la porte

ilii jardin.)

M'"° VERDIER, se lovant.

Ah! mon Dieu... Verdier, il me semble que la porte a sonné!

VERDI EU

Ça doit être M. Noël... J'ai dit à mon brigadier de le prévenir. (A 1 1 fenêtre.) Il a fait ses deux lieues en forêt pom* revoir son ancien élève !

M"" VERDIER

Le pauvre cher homme!...

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