SERRE
La cellulose sèche est une substance excessivement hygroscopique. Un sèchage usuel dans l'air à 105-110° C ne suffit pas pour obtenir un état de siccité absolu. Elle contient encore 0,5 % d'eau environ (19). Les données relatives à l'absorption de la vapeur d'eau par les fibres cellulosiques sont très nombreuses (20).
Cette propriété et les phénomènes qui en découlent sont de première importance dans le comportement de la cellulose dans les textiles. La grande affinité des premières quantités d'eau absorbées a d'abord été attribuée à la grande surface d'adsorption de la cellulose. Ceci semblait être confirmé par la forme des isothermes d'adsorption analogues à ceux de Langmuir.
Actuellement, l'existence réelle Re a été établie par les rayons X (hydrates I et II1)(21) (22). Le caractère de la sorption a été reconnu comme celui d'un mélange homogène de 2 composés, et une autre interprètation est suggérée.
Contrairement à la formation d'hydrates dans les composés à bas poids moléculaires, les isothermes d'adsorption des composés à hauts poids moléculaires ne doivent pas donner une courbe en palier, mais une courbe continue analogue à celle de
Langmuir.
Le réseau de la cellulose I (native) n'est pas accessible à l'eau. Pour les fibres natives, il n'y aura formation d'hydrate que dans la partie amorphe (hydrates T et II). Dans les fibres régénérées, la partie cristalline formera l'hydrate I et la partie amorphe les hydrates I et II. Dans cette dernière, les molécules d'eau n'ont pas à élargir le réseau. C'est pourquoi l'absorption de l'eau est préférentielle dans ces régions.
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Se Dès que l'absorption commence, les fibres se gonflent. L'adsorption, accompagnée de la fomation d'hydrates, est la première étape du gonflement; celui-ci se poursuit par recou- Vrement des chaînes macro-moléculaires par l'eau dans les ré- &ions amorphes, Cette dernière phase est souvent appelée "condensation capillaire". Comme les capillaires ne se forment qu'à mesure que le gonflement progresse, cette dénomination n'est pas très judicieuse, L'état final est atteint lorsque les fibres sont plorgées dans l'eau liquide,
Le processus d'adsorption de l'eau sur les hydrates est mal connu. Aussi la valeur finale du gonflement ne pourra être reliée directement au pourcentage de matière amorphe; elle est probablement liée à la structure du système micellaire de la fibre. Plus le réseau correspondant sera lâche, plus il laissera passage aux molécules d'eau qui le distendront. Ceci permet de penser que pour un même groupe de fibres régénérées, le
&gonflement sera diautant plus grand que le pourcentage de ma-
tière amorphe sera plus grand, et les chaînes cellulosiques plus écartées. La détermination du gonflement présente donc un énorme intérêt pour la connaissance de la structure des fibres.
« Expérimentalement, elle est réalisée de la façon suivante, selon la méthode de MEUNIER et ses élèves (23) 124). Le fil (0,8 à 1 gr) est mis à gonfler pendant 1 h. 30! dans 150 cc d'eau distillée, maintenue à la température constante de 20 © C, et agitée périodiquement. Il est ensuite essoré pendant 15! par centrifugation à 3,500 t/m, puis pesé, ce qui donne son poids p! à l'état gonflé. IL est ensuite sèché à 110° C dans l'air durant 3 heures. Au bout de ce temps, il reste encore 0,5% d'eau dont il n'a pas été tenu compte. Le fil sec est pesé très rapidement: soit P son poids à l'état sec. Le gonflement est exprimé en grammes d'eau pour 100 grammes de fil sec. Les résultats sont donnés comme précédemment, par ordre de concentrations croissantes en acide des bains correspondants.