‹ Rayons catholdiques et rayons de Röntgen: étude expérimentaleChapitre 15 sur 16 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

En résumé, j'ai établi les résultats suivants :

Relativement aux rayons cathodiques :

Ces rayons sont électrisés négativement, ce qui est difficilement'conciliable avec la théorie des ondulations, et concorde bien, au contraire, avec celle d'une émission (p. 7);

Par suite, ils subissent l'action des champs électriques statiques, toujours dans le sens prévu (p. 11);

Enfin, cette action permet de mesurer !a chute de potentiel au voisinage de la cathode (p. i3);

Relativement aux rayons de Ronigen, indépendamment de premiers essais qui ont pu contribuer à fixer les idées sur leur région d'origine et sur la pureté de leur propagation recliligne :

Ces rayons pfuvenl décharger, sans les ronron irer, des rorps élec'lrîsés situés (îaiis un gaz vn repos (p, 2f8)^

Cvieffetgazsv produit jusqu'à dé(*liarg<'Coniplèle(p.3 i);

Il n'est pas dû à une eonvection ou à une difTusion du gaz dircelenient atteint par les rayons (p. 33);

Dans un gaz, un tube de force coupé par les rayons se comporte cotnme un conducteur (p. 35);

D'une manière plus précise, là oii des rayons traversent un gaz, apparaissent des charges égales et contraires (ionisation); puis ces charges se meuvent sous Tinfluence du champ le long des tubes de force qui les contiennent jusqn'à ce qu'elles rencontrent un conducteur, (|u'elles déchargent, ou un isolant solide ou liquide, (|u'elles chargent

Cette ionisation d'un gaz est indépendante de l'existence du champ (|ni la révèle (p. 38);

Elle peut facilement être mesurée (.p. 4^))

{^ionisation en un point \ une proportionnellement à la pression et reste indépendante de la température (p. 43);

Elle varie comme Tinverse du carré de la distance entre le point et la source, ce qui permet de (ixer une unité de quantité pour les rayons Rontgen (p. 44);

A chaque gaz correspond un coefficient (Vionisation : c'est le nombre par lequel est multipliée l'ionisation en un point, quand l'air est remplacé par le gaz (|*. 4^)«

Dans le cas complexe où des surfaces cliargées sont rencontrées, et suivant une méthode analogue:

Lorsque ces surfaces sont méiallicpie , un deuxième ellet, y^jlff^t niêtal^ s'ajoute sans l'altérera reffet gaz (p. 4.y)î

Cet effet métal é(|uivaut à une ionisation superjicielle produite par les rayons à la surface de séparation d'un gaz et d'un métal, oti se révèle ain;»! rexisleiice d'une couche de passage (p. 5i);

Wionisation superficielle en un point varie comme l'inverse du carré de la dislance à la source (p. 53);

RAYONS CATHOniQUKS ET RAYONS DE IlONTGEN. 69

Chaque couple gaz-métal est cai aclérisé par un cocffi^ cient d' ionisation superficielle, ce qui donne une deuxième liste nouvelle de consumes physî(|ues (p. 54);

Ainsi le phénomène complexe de la décharge par les rayons de Rônigen apparaît comme la somme de deux phénomènes qui, séparémcni, ohéissent à des lois simples, «e qui fixe la loi générale de cette décharge, dont le calcul se trouve, en chaque cas, réduit à un problème d'intégration (p. 55).

Au point où nous sommes alors arrivés, les rayons de Rônigen se présentent donc comme ayant pour caractères : de se propager très rigoureusement en ligne droite, alï'aiblis, mais jamais déviés par les obstacles; d'exciter des fluorescences; et d'ioniser les gaz, cette ionisation devenant plus énergique au contact d'un métal.

Cette dernière propriété, sans rapprocher directement les rayons de Rontgen de la lumière ultra-violette, augmente pourtant les raisons c|u'on avait pour y voir des vibrations de nature électrique.

Mais surtout elle crée une voie nouvelle où les rayons de Ronigen, sans former le but direct d<'s études, serviront seulement comme un moyen propre à obtenir l'ionisation. On conçoit en eflet (|ue, avec certaines ditlérences, qui augmenteront l'intérêt des recherches, on puisse bientôt construire, pour le groupe impoitant des gaz, quelque chose d'analogue à ce (ju'est Télectiolyse pour les sels. Et si, comme il est bien vraisemblable, rionisatioii d'un gaz est accompagnée d'un transport de matière, on prévoit rîntéiêt que pourra présenter la décomposition de corps dont la structure dilïère exirèniemeiil de celle des électrolytes connus.

Ainsi pourrait se dessiner une F^leclrochiniie nouvelle.

6o J. PERRIN.

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