‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 21 sur 425 · C. R.. 1898. 1" Semestre. (T. CXX\ 1, N' 2. ) I · texte numérisé non relu

C. R.. 1898. 1" Semestre. (T. CXX\ 1, N' 2. ) I

( 78 ) les trajectoires sont modifiées par les aimants, à la manière des courants transmis par les conducteurs.

Une curieuse expérience de Hertz a montré que de minces lames métalliques n'interceptent pas complètement l'action de ces rayons et laissent produire la phosphorescence dans leur ombre : observation importante qui soulève bien quelques difficultés sur l'hypothèse du transport des molécules.

M. Lénard a cherché si cette propriété des lames métalliques ne permettrait pas de faire sortir les rayons cathodiques des ampoules de verre où ils semblent prisonniers. La moisson fut beaucoup plus riche qu'il ne pouvait l'espérer.

En munissant le tube à décharges d'une fenêtre fermée par une feuille (l'aluminium, dans la paroi opposée à la cathode, il put en effet retrouver les propriétés des rayons cathodiques derrière la fenêtre, soit dans un gaz raréfié, soit dans l'air à la pression ordinaire. En même temps, cette fenêtre métallique devenait la source d'une autre espèce de rayons, insensibles aux forces magnétiques, mais capables à leur tour d'exciter les corps phosphorents, d'illuminer les gaz, de traverser à des degrés différents les corps opaques à la lumière, tandis qu'ils sont mieux arrêtés par des milieux transparents, tels que l'eau, le verre et le quartz; d'agir rapidement sur les plaques photographiques; de décharger les corps électrisés, etc. Le verre lui-même n'était pas nu obstacle absolu à leur propagation et l'on pouvait remplacer la fenêtre d'aluminium par uue lamelle de verre, c'est-à-dire utiliser la paroi môme de l'ampoule.

Ce beau travail ne fut pas apprécié d'abord conune il le méritait. Sans doute, la distinction n'était peut-être pas complète entie les rayons proprement cathodiques et ceux que M. Rontgen a désignés sous le nom de rayons X, et il restait encore beaucoup à faire pour dégager les propriétés spéciales du rayonnement nouveau ; mais les titres de M. Lk.\ari) sont de premier ordre dans le grand événement scientifique qui a excité l'admiration générale et produit tant de nierveilleux résultats; ces titres justifient pleinement la haute distinction que leur attribue aujourd'hui la Commission de Physique.

STATISTIQUE

PRIX MONTYON

(Commissaires : ^M.M. Haton de la Goupillière, de Jonqiiiéres, J. Bertrand, de Freycinet. RoucIié, Broiiardel.)

L'Académie a reçu, en 1897, six travaux destinés au concours ouvert pour le prix Montvon de Statistique. Deux d'entre eux sont arrivés sous le couvert de l'anonvrae. Ils ont d'ailleurs été écartés après lecture, comme ne rentrant pas dans les conditions posées par le programme du prix. Les quatre autres Mémoires ont été jugés dignes <les récompenses énoncées ci-après.

Le prix a été partagé entre les deux travaux suivants :

1" Le coût de la vie à Paiis à diverses c/joques,. par ^L Gustave Biexaymé; 2" Statistique médicale de la flotte, par 3L\L les D"^' Vixcext et Bcrot.

La Commission exprime, à l'adresse de M^L les D'* \ incent et 15urot, le désir cpie l'étude très utile dont ils ont pris rinitiati\e soit continuée dans l'avenir, de manière à reposer sur des bases, de plus en plus larges, d'observations.

Une tnenlion tics honorable est accordée à 'SI. le D' Lepage pour son Ouvrage en sept fascicules qui a pour titre : Fonctionnement de la maison d'accouchemenis Baudclocque, 1 8go- 1 896.

Un rappel de mention honorable est décerné à SI. le D'' Iîaudrav j)onr son nouveau travail intitulé : De l'habitation dans le département de l'Oise.

Les Rapports suivants font cnunaitre les titres qui ont motivé, pour ces auteurs, ces diverses distinctiins.

Rapport de M. E. RouciiÉ sur le Mémoire de M. Giislave Bienaymé intitulé : <( Le coût de la vie à Paris à dverses époques. »

Les premières recherches vraiment scientifiques sur ce sujet remontent à Lavoisier qui, dans un travail remarquable, extrait d'un grand Ouvrage inachevé et intitulé : Richesse territoriale du royaume de France, a donné, sous forme de Tableau, l'in lication des prix du pain, de la viande etde divers autres objets, à l'appui de calculs sur la dépense moyenne de l'habitant de Parisen 1788. Les travaux de Lavoisier ont été continués, dans la première partie de ce siècle par Benoiston deChàteauneuf et Millot, et dans la seconde partie par Husson, dont l'Ouvrage a eu deux éditions, l'une en i854, l'autre en' 1873, et constitue sans contredit le meilleur ensemble d'éléments pour le coût de la vie à Paris en ce qui concerne la nourriture.

Avant d'exposer ses travaux personnels, M. Bienavmk analyse sommairement les recherches de ses devanciers et les résume en deux Tableaux graphiques oîi la dépense moyenne annuelle du Parisien jusqu'en 1878 est indiquée clairement pour chacun des objets de consommation usuelle.

Mais, comme l'observe judicieusement M. Bienaymé, ces divers travaux n'ont fait, en réalité, que jalonner la route à suivre; il faudrait les contrôler, combler de nombreuses lacunes et, enfin, les poursuivre jusqu'à l'époque actuelle. Une pareille tâche présenterait des difficultés insurmontables, attendu que la plupart des sources oii ont puisé les savants statisticiens dont nous venons de parler sont restées inconnues ou ont disparu au moins en partie. Il a donc fallu chercher d'autres éléments d'appréciation, tels que ceux que récèlent les comptes conservés dans les dépôts publics d'archives, ou les registres de dépense d'établissements scolaires ou hospitaliers. C'est ce qu'a fait M. Bienaymé en examinant et rapprochant les prix de l'Hôtel-Dieu et ceux de l'établissement scolaire qui porte aujourd'hui le nom de Lycée Louis-le-Grand. Pour l'Ilôtel-Dieu, on possède une série de prix, à peu près continue, de 1782 à i8o3; pour Louis-le-Grand, les livres de dépense remontent jusqu'à 1688. En s'arrêtant'à 189J, dernière année dont les documents soient en état d'être consultés, on a donc des renseignements précis pour deux siècles sur les principaux objets de consommation (nourriture, chauffage, éclairage, etc.)

Nous ne saurions suivre M. Bienaymé dans l'examen comparatif de tous ces documents et dans les discussions et les calculs qui s'y réfèrent. Nous

( 8i ) signalerons particulièrement les Tableaux graphiques si bien ordonnés où les prix des divers objets sont marqués d'année en année par des points dont la succession permet de saisir aisément les variations de prix subies, depuis deux siècles, pour le pain, la viande el l'huile, et bien plus anciennement pour les œufs, le beurre, le vin, le bois, etc. Ces courbes individuelles, c'est-à-dire relatives aux (lenréesde diverses sortes, sont complétées par une courbe relative à l'ensemble et qui révèle les fluctuations du coût de la vie à Paris. Un coup d'œil jeté sur cette courbe montre que du commencement à la fin duxix* siècle les cotes ont presque doublé, que leurs maxinia ont eu lieu en i855 et en 1880, et enfin que dans les quinze dernières années une baisse s'est produite qui parait devoir continuer. Le maximum de i855 s'explique par la production des mines d'or de la Californie et de l'Australie; celui de 1880 coïncide avec un mouvement général de reprise dans les, affaires à la suite de la crise de 1873; enfin, la baisse qui se manifeste depuis une quinzaine d'années parait résulter des facilités de transport et du nombre toujours croissant des importations.

Outre le Mémoire que nous venons d'analyser brièvement, M. Bienaymé a envoyé à l'Académie, pour le concours de Statistique (prix JMontvon), plusieurs brochures publiées antérieurement. La première est intitulée : Prix des principaux objets de consommation à Paris depuis deux siècles; c'est l'ensemble des pièces justificatives du Mémoire de 1897. ^^^^ autres ont pour titres : La fiscalité alimentaire et gastronomique à Paris; La fiscalité sur le combustible ; La fiscalité sur l'éclairage ; eWe^ se rattachent pleinement au sujet, l'imposition des denrées constituant sans contredit un élément essentiel pour l'estimation de leur valeur.

On serait peut-être, à première vue, tenté de regretter que les études de M. Bienaymé concernent exclusivement la ville de Paris. Mais, si le champ de ces recherches eût été moins restreint, les résultats obtenus seraient-ils aussi précis? Il est au moins permis d'en douter. Toujours est-il que nous sommes en présence d'un travail considérable. Ces tableaux graphiques si clairs, et qu'on aurait peut-être rendus plus expressifs encore si l'on eût adopté une échelle des hauteurs plus grande que celle des largeurs, sont fort estimés par les statisticiens de profession; on les consultera souvent avec fruit.

Rapport de M. de Joxquières sur l'Ouvrage intitulé : « Statistique médicale de la Flotte », par les Z/" Vincent, médecin en chef de la Marine, et Burot, médecin principal de la Marine.

Pour répondre à un vœu souvent exprimé à l'Académie de Médecine et devant le (>onseil supérieur de Statistique, MM. Vincent et IÎuroï, ainsi qu'ils le disent au début de leur Mémoire, « ont cherché à connaître exactement les pertes qui frappent, chaque année, les marins liés au service de l'État ».

Un travail analogue de statistique a déjà été dressé pour l'armée de terre. Celui qui concerne le personnel naval, plus mouvant et disséminé sur tous les points du globe, n'a point encore été fait, sans doute parce qu'il présente de bien plus grandes difficultés dans les recherches. Néanmoins, eu puisant dans les archives des Dépôts pour les « engagés volontaires », et dans les matricules des questions maritimes pour les « inscrits », nos deux officiers supérieurs du Corps médical de la Marine sont parvenus à se procurer des résultats aussi précis que ceux tournis par la statistique médicale de l'armée.

Ces résultats sont exposés dans une brochure de 24 pages, présentée par les auteurs à l'Académie des Sciences, pour concourir au prix Montyon de Statistique de l'année 1897. ^'^ *^ rapportent aux cinq années 1891 à i8yG, et signalent :

Pour les engagés volontaires, dont le nombre s'est élevé à 55 000 durant cette période, une moyenne annuelle de 10, 3 pour 1000, dans les décès;

Pour les inscrits maritimes, dont le nombre a été de t/f33i6 pendant le même temps, une moyenne annuelle de 11,72.

Deux Tableaux (p. 4 et 9) établissent la répartition, par dépôts et zones de provenance, de la mortalité dans ces deux catégories respectives.

Nos auteurs font suivre ces chiffres d'une comparaison entre les marines Irançaise, anglaise, italienne et allemande.

Les proportions des décès causés, dans la marine française, par les différentes maladies, sont établies dans les pages ii à i5. Le chiffre le plus élevé, 258 pour looo.Cht dû à la tuberculose; puis, dans l'ordre décroissant : aux endémies des pays chauds, à la fièvre typhoïde, aux noyades et disparitions à la mer, aux accidents et morts violentes, aux suicides; enfin

( 83 ) l'ensemble des antres maladies, internes et externes, fournit un contingent de 201 pour looo décès.

Un Tableau (p. i5) fait connaître, par groupes généraux, les lieux où les décès sont survenus, et un autre Tableau (p. i6 et 17) la répartition de ceux-ci selon les âges. On' y voit notamment que la mortalité la plus forte' pour les marins a lieu de '^.o à 22 ans; c'est ce qui se présente aussi dans l'armée de terre.

Classés par professions (p. 18), les décès fournissent les intéressantes indications qui suivent : les hommes sans spécialité, apprentis marins et hommes de pont, en comptent plus que les autres. Parmi ceux pourvus d'une spécialité, les plus éprouvés, surtout par la tuberculose, sont les mécaniciens. Les fusiliers, les canonniers et les gabiers le sont moins, et à peu près également entre eux. Les fourriers, les agents des vivres (qui vont plus souvent à terre), les chauffeurs et les infirmiers pavent à la mer un tribu plus élevé que les fusiliers, les canonniers et les gabiers.

Les décès n'ont pas occupé exclusivement les recherches des auteurs du Mémoire. Les causes des réformes font l'objet d'un paragraphe (p. 19 et 20).

Enfui des Tables (p. 21 à 24) font connaître quelle est la mortalité parmi les officiers des divers corps de la Marine. Si l'on ne considère que la moyenne générale, elle est de 11 pour 1000, c'est-à-dire à peu près la même que celle des équipages proprement dits (matelots, quartier-maîtres et sous-officiers); si l'on entre dans le détail, cette moyenne est comparativement plus forte dans le corps des médecins et des pharmaciens, sans doute à cause du séjour qu'ils font parfois, à terre, dans les colonies.

C]omme on le voit par ce rapide exposé, l'étude consciencieuse et très laborieuse de MiNL Vincent et Burot embrasse tous les points qui intéressent la statistique des décès et de leurs causes dans l'année navale, et si lé travail qu'ils présentent à l'Académie se trouve condensé dans un assez petit nombre de pages, c'est parce qu'ils n'y ont consigné que des résultats, à l'exclusion des pièces justificatives, extrêmement nombreuses, qui eussent rempli des volumes, sans en accroître le profit.

La Commission, pénétrée de l'importance de ces recherches, souvent difficiles, et de l'utilité des renseignements qu'elles fournissent pour les progrès de l'hygiène navale, souhaitant d'ailleurs qu'elles soient continuées dans le même esprit et avec une méthode aussi sûre, décerne à ses auteurs : MM. ViNCEXT, médecin en chef de la ALirine, et Iîlrot, médecin principal de la Marine, un prix Montvon de Statistique pour l'année 1897.

Rapport de M. Brouaudei, sur le travail de M. le W Lepage, intitulé: « Fonctionnement de la maison d' accouchements Baudelocque ».

M. le D"' Lepage a soumis à l'Académie sept fascicules présentant l'histoire (lu fonctionnement de la maison d'accouchements Baudeloci/ue (Clinique de la Faculté), dirigée par M. le Professeur Adolphe Pinard (années 1 889-1890, 1891, 1892, 1893, 1894, 1895, 1896).

Chacun de ces sept comptes rendus analytiques et synthétiques forme un Volume de cent pages environ. Il comprend le résumé de toutes les observations de l'année : les plus importantes sont rapportées in extenso.

Voici comment sont cataloguées les différentes observations:

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