‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 298 sur 425 · I. II. Composition · texte numérisé non relu

I. II. Composition

calculée pour Fe^Ct»C'.

Fer 23. G 28,1 23,2

Chrome 65,2 65,4 60,2

Carbone 11. 3 ii.4 11,6

» Elle correspond d'une manièi'-e à peu près parfaite à In formule Fe'Cr^C', dont nous mettons la composition en regard de celle donnée par l'analvse directe.

» Cette formide Fe^Cr'C peut s'écrire CFe'. SC'Cr'.

» Or il faut remarquer que CFe' représente la composition de la cémentite; C^Cr' est la composition trouvée par M. Moissan au carbure de chrome, qu'il a préparé au four électrique. Le composé existant dans les ferrochromes que nous avons examinés, produits dans les fourneaux métallurgiques, peut donc être considéré comme un mélange ou, beaucoup plus vraisemblablement, comme une combinaison de ces deux carbures.

)) B. Les aciers chromés, à faible teneur, sont, comme nous l'avons déjà fait observer dans nos premières Notes (juillet 1897), attaqués facilement par les acides, même étendus et froids, lorsqu'ils sont très carbures, mais beaucoup plus lentement et plus difficilement, lorsqu'ils contiennent une

(') A. Carsot, Méthode d'analyse des fonlex, fers et aciers, p. 18; Dunod, 1890. G. R., 1898, I" Semestre. (T. CXXVI. N» 18.) 161

faible proportion de carbone. D'autre part, si l'on fait l'attaque par le chlorure double de cuivre et de potassium, tout le chrome reste dans le résidu insoluble, lorsque l'on a affaire à des aciers très carbures; mais ceux qui renferment peu de carbone abandonnent facilement à la dissolution une partie du chrome contenu.

» De là une difficulté très grande pour bien comparer les résidus laissés par des aciers chromés à faible et à forte teneur en carbone.

» Nous avons cependant obtenu des résultats assez nets dans les conditions suivantes :

» Deux échantillons d'aciers chromés contenant '

L'un (I) : Chrome. . . . 2,35 Carbone 2,00

L'antre (II) : Chrome. . . . 2,01 Carbone. .... cSy

ont été traités à froid par l'acide chlorhydrique très étendu (7 pour 100 de H Cl); ils ont laissé des résidus où l'analyse a trouvé :

Fer 70, 10

Chrome 21 ,60

Carbone 8,10

Silicium o, i5

» La composition du n" I répond presque exactement à la formule Fe^Cr'C^ qui peut s'écrire

3CFe^Cr-C'.

» La composition du n° II diffère peu de cette formule et l'écart observé s'explique bien en tenant compte de la présence du silicium, qui doit faire supposer celle d'un .'^iliciure de fer dans les produits analysés ; si l'on calcule ce siliciure d'après la formule SiFe, il faut, pour o,3i de silicium, retrancher o,52 de fer; il faudrait retrancher i,o4 de fer d'après la formule SiFe'. On retrouve alors très sensiblement les nombres mêmes de la formule calculée. Un échantillon de ferromanganèsc légèrement chromé, contenant, pour cent, 18 de manganèse et 0.97 de chrome, a été attaqué par le chlorure de cuivre et de potassium : 78'" de métal ont laissé o''''", 2982 de résidu in.soiuble, dans lequel s'était concentrée la presque totalité du chrome de l'échantillon lui-même (64™^', 4 •<" ''eu de G7"s^g).

Composition

calculée

pour Fe'Cr'C^

( 1^5 ) » Or l'analyse de ce résidu a donné :

Fei- 70,18

Chrome 21 ,63

Carbone 8,33

résultats qui conduisent de même à la formule

Fe'Cr'C» ou 3CFe\C'Cr'.

« Il est intéressant de constater qu'ici tout le chrome de l'échanlillon se trouve à l'état de carbure uni au carbure de fer.

» La composition des résidus insolubles après dissolution de la masse ferreuse, dans le cas des aciers chromés à faible teneur, montre donc l'existence des mêmes carbures que dans les ferrochromes :

CFe' et C-Cr^;

mais les carbures de fer et de chrome paraissent s'unir entre eux dans des proportions différentes, suivant que le métal contient une forte ou une faible proportion de chrome.

)) Dans le cas des ferrochromes, il y aurait 3 molécules de carbure de chrome avec i molécule de carbure de fer; dans celui des aciers faiblement chromés, i molécule de carbure de chrome serait unie à 3 molécules de carbure de fer. »

ZOOLOGIE. — A propos des Crustacés brachyures et aiioinoares provenant des six dernières campagnes scientifiques effectuées par S. A. le Prince de Monaco. Note d,e MM. A. Milxe-Edwards et E.-L. Bouvier.

« De toutes les régions maritimes du globe, il n'en est pas une qui ait été aussi longuement et aussi méthodiquement explorée, au point de vue de la faune abyssale, que celle dont les limites atteignent la IMéditerranée occidentale, les Canaries, les Açores et le golfe de Gascogne. Primitivement abordée, en quelques-uns de ses points, par le Porcupine, le Challenger et la Gazelle, cette région fut étudiée ensuite, à quatre reprises, par le Travailleur (1880-1882) et le Talisman (i883), puis parcourue, pendant dix années successives, par S. A. le Prince de Monaco, d'abord avec son yacht \ Hirondelle (1880-1893), ensuite avec un vapeur parfaitement outillé et aménagé, la Princesse- Alice (1894-1897). Soit dragages, soit

( i^4G ) coups de chalut ou de fauberts, soit immersion de nasses, plus de i 3oo opérations scientifiques ont été réalisées dans la région qui nous occupe, et les expéditions monégasques, pour leur part, en ont effectué près de looo. On peut donc dire, sans être taxé d'exagération, que cette aire a été l'objet d'investigations fort approfondies, et, comme les procédés de capture ont été sensiblemetit les mêmes jiendant toutes ces campagnes, il y a intérêt, croyons-nous, à comparer aux résultats acquis par les divers explorateurs jusqu'en 1888 les résultats obtenus par le Prince de Monaco durant les six dernières campagnes qu'il a entreprises, et pendant lesquelles il n'a pas effectué moins de 645 opérations scientifiques. C'est ce que nous allons tenter pour deux groupes de Crustacés décapodes, les Bracliyures et les Anomoures, dont nous avons pu faire une étude minutieuse, grâce aux matériaux recueillis dans celte région par les expéditions françaises et monégasques.

» Parmi les nombreux exemplaires des deux groupes cajiturés par le Prince, au courant de ses dernières campagnes, nous n'avons trouvé qu'^/^e seule forme nouvelle, le Sympagurus Giirnaldii, crustacé qui doit être fort rare, car on n'eu connaît, jusqu'ici, qu'un seul spécimen. En elle-même, cette espèce n'offre pas un intérêt particulier; mais, si l'on observe que les autres Paguriens du même genre sont tous, ou presque tous, localisés dans . la région et que le Prince en a capturé, pour sa part, six espèces sur huit actuellement connues, on est en droit de penser que le genre Sympagurus offre, dans les eaux subtropicales de l'Atlantique oriental, une richesse de formes qu'il ne présente pas ailleurs. Et comme ce genre compte parmi les plus primitifs des Paguridés, peut-être pourra-t-on trouver, dans les observations qui précèdent, quelque moyen d'expliquer la distribution du groupe auquel il appartient.

» A ce premier fait, il faut eii ajouter un autre de semblable importance. Le Travailleur et le Talisman avaient recueilli, dans l'Atlantique, des formes de Paguriens qui paraissaient lui être |)arliculières et que caractérise une organisation spéciale des tubes sexuels. Ces Anomoures, auxquels nous avons attribué les noms de Nematopagurus et de Catapaguroidcs, n'ont jamais été signalés ailleurs, et V Hirondelle n'en avait point capturé pendant sa première expédition; mais de|Kiis, S. A. le Prince de Monaco les a recueillis en grand nombre; et nous nous trouvons ainsi, de ce fait, en présence de formes abondamment répandues dans une région spéciale de l'Atlantique et probablement propres à celte région. Or ces formes, bien que moins primitives que les Sy/npagurus, se caractérisent néanmoins par

( i^'t7 ) un stade évolutif assez peu avancé; elles pourront dès lors servir, comme ces derniers, à jeter quelque lumière sur l'histoire des Paguriens.

» Parmi les autres animaux recueillis par le Prince depuis 1892, nous signalerons un certain nombre d'espèces fort rares et, jusqu'ici, inconnues ailleurs dans les océans : deux Paguriens assez voisins des précédents, ï Anapagurus bicorniger el V A . brevicarpus ; un joli GalathéiJé oculifère, la Galathea rufipes et deux curieux Galathéidés aveugles, X OropTiorhyiichus Parfaiti, espèce bizarre dont on ne connaissait jusqu'ici qu'un seul exemplaire, et la Munidopsis aculeata; un Dromidé primitif voisin des Homaridés, la Dicranodromia ilaliyeuxii ; un Dorippidé très rare, VElhusina Talismani ; deux Cancériens, le Xanthodes granosus et le Geryon longipes; enfin un Macropodien, VAchaeus ciirsor, dont le Talisman avait capturé quatre exemplaires.

» Quelle que soit l'importance de ces découvertes, il faut avouer qu'elle n'est pas en rapport avec le travail effectué. Tandis que, dans les premières campagnes, les formes inconnues abondaient, pour ainsi dire, à chaque coup de drague, dans les six dernières, avec un nombre d'opérations à peu près égal, on revoit sans cesse des formes déjà étudiées et c'est à grand'peine qu'on en obtient une nouvelle.

» Que conclure de ces faits, sinon qu'il n'v a pas lieu d'espérer de captures inédites bien nombreuses dans les abvsses longuement et soigneusement explorées par les méthodes acluellement en usage; eu modifiant ces méthodes, en s'efforçant d'en trouver de nouvelles, peut-être arriverait-on à des résultats inattendus. Telle est, croyons-nous, la conclusion qui découle de nos études.

» Il va sans dire que cette conclusion ne s'applique qu'aux deux groupes signalés plus haut; toutefois, il y a bien des raisons pour qu'elle convienne également à tous les groupes d'animaux marins dont les représentants sont d'une certaine taille et vivent, sur le fond, dégagés de tout limon, ce qui permet de les distinguer et de les recueillir facilement dans les produits ramenés à bord par le chalut, les fauberts ou la drague. Pour tous les autres animaux, au contraire, il faut s'attendre à des captures nombreuse%. et à des trouvailles du plus haut intérêt, comme on peut s'en convaincre en parcourant l'instructif travail de ;M. J. Bonnier sur les Edriophlhalmes recueillis par le Caudan, au fond du golfe de Gascogne. Seulement, pour arriver à des résultats importants, le naturaliste à bord devra examiner de très près, souvent même à l'aide de la loupe, les matériaux que les engins lui auront apportés. »

CHIMIE ORGANIQUE. — Sur les acides dimêlhYlamido-diéthylamido-orlhohenzoyl et orlho-benzYlbenzoïques, et quelques-uns de leurs dérwés. 'Note de MM. A. Haller et A. Gdyot.

« Sous "le nom d'acide dimélhylanilinephtaloylique, M. H. Limpricht (') vient de publier un Mémoire dans lequel l'auteur, sans paraître avoir pris connaissance de nos recherches antérieures (-), reproduit une partie des résultats obtenus par nous et déjà publiés, ainsi que d'autres qui ont été réalisés depuis.

» Acide dimélhylamidobenzoylbenzoïque. — Dans notre première Communication, nous avons donné comme point de fusion de cet acide 199°. Mais nous avons constaté depuis qu'il cristallise au sein de l'eau avec de l'eau de cristallisation, les cristaux s' ef fleurissant facilement au contact de l'air.

» L'acide anhydre, chauffé à l'étuve à 1 20", fond entre 2o3"^ et 204° (non corrigé). Comme M. Limpricht, nous avons observé qu'au sein de l'alcool éthylique il cristallise avec une molécule d'alcool pour donner des cristaux qui affectent la forme de losange.

» Au sein de l'alcool méthylique, il se dépose aussi avec une molécule d'alcool de cristallisation. Mais, phénomème assez remarquable, il ne forme pas de combinaison bien stable avec les alcools propylique et butylique.

» Le sel de baryum C^H^'O'^Az^Ba + 2H'-0 cristallise en aiguilles prismatiques d'un jaune pâle et légèrement dichroïques.

» Le sel de magnésie C'- H^' O^ Az- Mg + 6H- O se présente sous la forme de gros cristaux jaunâtres et possédant également un léger dichroïsme.

)) Le chtoroplatinate C'=H'''0°AzH-Cl- . PtCl* + 2H2O cristallise en prismes orangés et transparents.

» Action de la chaleur sur le sel de baryum. — Soumis à la distillation sèche, ce sel fournit de la diméthvlparamidobenzophénone fondant à 92°, et identique avec celle obtenue et décrite par Dœbner (') sous le nom de benzo-

(') Liebig's Annalen, t. CGC, p. 228.

(-) Comptes rendus, l. CIX, p. 2o4; Bar. d. deut. chein. Ges., t. XXVIII, p. 664; Bull. Soc, cliim., 3= série, l. XV, p. 55 1, et l. XN'II, p. 582; Chain. Cenlral-Blall., 5" série, t. II, p. 3oo; 1897.

(') Deut. c/iern. Ges., t. XIII, p. 2225; l. XIV, p. iSSy.

( 1^49 ) dimethylaniline

= CO'Ba + C0=+ C'■■H'CO.C''II'Az(CH»)^

» Action de la phenylhydrazine. — Quand on chauffe à i3o", ou au sein de l'alcool, molécules égales d'acide diméthylamidobenzoylbenzoïque et de phénvlhvdrazine, on obtient, après un traitement approprié, de belles aiguilles incolores, fondant à idS", peu solubles dans l'alcool et l'éther, beaucoup plus solubles dans le chloroforme et la benzine. Dans ce dernier dissolvant, le corps cristallise en gros prismes, très brillants, renfermant du benzène de cristallisation et qui s'effleurissent rapidement à l'air. Ce corps résulte de l'union d'une molécule de phénylhydrazine avec une molécule d'acide, avec élimination de deux molécules d'eau. On peut lui assigner une constitution analogue à celle que M. W. Rour (') a attribuée au produit de l'action de la phénvlhvdrazine sur l'acide benzoylbenzoïque. Toutefois, suivant que l'on envisage notre acide comme une lactone ou un acide cétone, le dérivé hydrazinique aura l'une ou l'autre des deux formules suivantes

/C/H*Az(CH')= ,C'W'kz{CWy

CO-Az CO-AzCH'

» Action des réducteurs sur l'acide dimèthylamidohenzoylhenzoïque. Dimêthylamidomonophénylphtalide ou diméihylanilinephtalide

/CH.C«H\\z(CH^)-

co

Ce dernier composé prend naissance quand on ajoute de l'amalgame de sodium à de l'eau tenant en suspension l'acide diméthylamidé. Ce corps se transforme peu à peu en son sel de sodium, tout en subissant une réduction. Celle-ci est terminée quand la liqueur, de jaune qu'elle était au début, est devenue incolore. A ce moment on filtre et l'on acidulé par l'acide acé-

(') Deut. chenu Ges.. l. XMU, p. 8o3.

tique. Il se précipite des feuilles d'un blanc nacré qui, cristallisées dans le chloroforme, fondent à 188°.

» Ce produit est donc du diméthylnmidomonophènylphtalide identique au corps obtenu parÉbert ('), par condensation de l'aldéhyde phtaliqueavec la dimélhylaniline, en présence du chlorure de zinc.

» M. H. Limpricht a obtenu la même phtalide, en réduisant l'acide diméthylamidobenzoylbenzoïque par de la poudre de zinc et de l'ammoniaque.

» Acide dimelhylamidobenzylbenzoK ue C H ( ,,^ ^,, . —

^ ' \COOH

Si l'on prolonge l'action de l'amalgame de sodium, ou mieux si l'on réduit l'acide avec de la potasse et de la poudre de zinc, on obtient, par une réduction plus profonde, l'acide diméthylamidobenzylbenzoïque. Ce composé fond à 174" et cristallise, dans l'acide acétique ou dans l'alcool, en gros prismes, ou en larges feuillets toujours un peu jaunâtres.

T'./ -i /■ j ^^„„,/CH^C''H•Az(CH^)= .

» L e//ier/?2emj7f<7«e correspondant (-H^ nc\r\ru^ , obtenu

en saturant de gaz chlorhydrique une solution de l'acide dans l'alcool mé-

thylique, cristallise en gros prismes, incolores et transparents, fondant à 62°

et dislillables sans décomposition. Ses solutions acétiques, traitées par du

bioxyde de plomb, se colorent en violet intense, réaction qui semble prouver

,., r ,.. , , , .„,/CHOH.C'-H^\z(CH')=

qu il se forme 1 hydroi correspondant C"H^ ( ^^^^tt, •

^ j r \COOCIP

» Acide diéthylamidohenzoylhenzoïqne. — Nous avons déjà décrit cet

acide dans notre première Note. Comme son homologue inférieur, ce

composé possède une saveur sucrée et se dépose, à froid, de ses solutions

dans les alcools méthylique et éthylique, en gros prismes renfermant une

molécule de dissolvant. Exposées à l'air, les deux combinaisons s'efïVitent

facilement et deviennent opaques. Elles ont respectivement la composition

/COC«H^U(C=IP)= (.jj.Qjj ^ ^ \COOH +CHUH

et

/COC'H'Az(C^H0 jj

^ ^ \COOH +CHUH.

» L'acide anhydre fond à 180".

(') Cliem. Zeitung, p. 2o3g;

» Condensé avec delà diéthvlaniiine en présence d'anhvdride acétique ou de protoclilorure de phosphore, cet acide donne naissance à de la diéthylanilinephtaléine, qui se présente sous la forme de beaux feuillets ou d'aiguilles fondant à 128°, assez peu solubles dans l'alcool et dans l'éther, beaucoup plus dans le chloroforme et dans la benzine.

» Action des réducteurs sur F acide diéthylaminobenzoylbenzoïque. — Quand on réduit modérément cet acide, il donne, comme son homologue inférieur, une phtalide qui n'a pas été étudiée. Réduit par du zinc en poudre et de la soude, il se convertit en acide diéthylaminobenzylbenzoïquc ; cristallisé au sein de l'alcool, dans lequel ilest trèssolubleàchaud, cet acide se présente sous la forme de tables épaisses, transparentes, d'un blanc sale. Quand on trouble la cristallisation, on obtient une poudre cristalline blanche fondant à 108°.

» Acide diéthylamidométaoxyorthobenzoylbenzoïque

Signalé dans un brevet pris par la maison Bindschaedler, de Uàle ('), ce corps prend naissance en condensant des molécules égales d'anhydride phtalique et de diéthylaminométaoxyphénol.

M II se présente sous la forme de fines aiguilles blanches, souvent un peu colorées par de la rhodamine qui se produit en même temps. Il tond à 2o3°, en se décomposant, et est très peu soluble dans l'alcool, même à chaud.

» Réduit au moyen de la poussière de zinc et de la potasse, il se convertit en acide diéthylaminométaoxybenzylbenzoïque

qui, après une première purification, est dissous dans l'acide acétique cristallisable, d'où on le précipite en petites aiguilles blanches fondant à 188°. Dans une prochaine Communication, nous donnerons la description des produits de condensation obtenus avec ces acides benzoylés et benzvlés. »

(') Moniteur scientifique. Brevets, p. loi, 1896; p. 67, 1897. G. R., 1898, I" Semestre. (T. CXXVI, N" 18.)

CHIRURGIE. — Des grejf/es auluplasliques obtenues par la Iraiisplanlation de larges lambeaux dermiques. De leur slabdité el des modificalions tardives qu'elles subissent; par M. Ollieu.

« J'ai désigné sous le nom de greffes autoplastiques les greffes cutanées obtenues au moyen de larges lambeaux de peau découpés sur les parties saines, avec le bistouri ou le rasoir, et comprenant la plus grande partie ou la totalité de l'épaisseur du derme.

» Je les ai substituées, dès 187 1, aux petites greffes épidermiques alors en usage et, dans une Communication que j'ai faite à l'Académie, en 1872 ('), j'ai expliqué en quoi elles différaient des opérations analogues pratiquées avant moi.

)> Les greffes épidermiques de M. Reverdin, qui consistaient en un semis de lambeaux minuscules de 2"""'i, 3"""'' ou 4™°"', avaient pour but de bâter la cicatrisation des plaies en nudtipliant les centres d'épidermisation. De chaque îlot d'épiderme transplanté partaient des expansions épidermiques qui rejoignaient bientôt les expansions des îlots voisins. La cicatrisation des plaies était incontestablement avancée par cette pratique, mais le résultat final était le même que dans la cicatrisation naturelle.

» Avec les grandes greffes autoplastiques j'ai poursuivi un but tout différent. J'ai voulu non seulement obtenir rapidement la guérison de la plaie en recouvrant toute sa surface en une ou deux séances, mais remplacer le tissu cicatriciel rétractile, produit inévitable de toute réparation des plaies par granulation, par une peau véritable, souple, non rétractile, ayant dès l'abord et conservant indéfiniment les caractères de la peau normale. J'ai voulu faire, en un mot, une véritable autoplastie et obtenir, au point de vue de l'avenir de la plaie, un résultat analogue à celui qu'on obtient dans les autoplaslies par glissement ou par la méthode italienne.

» Des faits journellement observés ont, depuis longtemps, mis hors de doute la réussite de la greffe et la vitalité des grands lambeaux dermoépidermiques et démontré les avantages de notre méthode au point de vue de la cicatrisation rapide des vastes plaies qui n'ont pas en elles-mêmes des conditions favorables pour leur réparation. Mais ce qu'on ne connaît

(') Comptes rendus, avril 1872

pas suffisamment, ce sont les résiillats éloignés rie ces greffes autoplastiques, soit au point de vue physiologique, c'est-à-dire au point de vue des modifications tardives qu'elles peuvent subir dans leur structure, soit au point de vue chirurgical, c'est-à-dire au point de vue de leur valeur définitive comme organe de protection et de délimitation. J'ai cependant déjà fait connaître des résultats datant de plus de quinze ans, qui m'avaient démontre la persistance et la stabilité de la greffe; mais les faits que j'ai publiés se rapportaient à des plaies peu étendues. Celui que j'apporte aujourd'hui me paraît de nature à compléter cette démonstration. Il fournit, du reste, des données nouvelles sur les modifications de forme et de volume des lambeaux et nous montre que ces lambeaux peuvent subir, dans certaines conditions, un accroissement notable.

» Il s'agit d'une plaie de forme ellipsoïdale, de a**""! environ, que j'ai recouverte au moven de huit lambeaux cutanés, taillés sur la peau des membres sains du même sujet. Ces lambeaux furent appliqués sur la plaie en deux séances, à un mois de distance, pour pouvoir apprécier comparativement la valeur de la greffe, selon qu'on la pratiquait sur une surface fraîchement cruenfée ou bien sur une plaie bourgeonnante déjà recouverte d'une couche régulière de granulations.

» Le sujet auquel se rapportent les dessins que je mets sous les yeux de rAcadémie est âgé de 55 ans aujourd'hui. Je l'ai opéré en iSgS. A l'âge de Iiuit ans il était tombé sur une marmite d'eau bouillante. Le genou gauche s'enfonça dans le liquide qui se répandit sur la cuisse et la jambe. Il en résulta une vaste brûlure qui fut très longue à se cicatriser et ne se cicatrisa même jamais complètement à la face externe du genou. C'est sur cette partie, qui ne pouvait s'épiderniiser, que se développa un cancroïde qui paraissait s'étendre profondément et pour lequel on avait proposé au malade l'amputation de la cuisse.

» Avant d'en venir à cette extrémité je voulus essaver l'ablation de la partie dégénérée et la réparation de la perte de substance par les greffes autoplastiques.

» Le cancroïde ayant été enlevé largement et poursuivi au delà de l'aponévrose dans un interstice musculaire je détachai avec un long bistouri, sur les cuisses du malade, six lambeaux de peau de id™! à 20™"! que j'étalai sur la plaie (en les rapprochant les uns des autres) de manière à en recouvrir les trois cinquièmes environ. Les lambeaux taillés en dédolant, la peau tendue avec les doigts, sont plus épais au centre qu'à la circonférence, à cause de la forme cylindrique du membre. Ils se rétractent immédiatement et diminuent de moitié environ par le fait de cette rétraction.

» Cette première opération fut faite le 27 novembre iSgS. Tous les lambeaux se greffèrent parfaitement; aucune partie ne se mortifia sur les bords. Un mois après, quand la partie de la plaie laissée à nu fut recouverte d'une couche granuleuse, je

détachai sur la face dorsale de Favant-bras deux longs lambeaux de 25'^"<i à 28™i el je les étalai sur cette surface granuleuse. Ils prirent comme les premiers, el vingt jours après la cicatrisation était à peu près complète; les intervalles des lambeaux étaient comblés par des expansions épidermiques provenant des bords de ces lambeaux.

» Peu à peu cette nouvelle peau est devenue plus égale, plus, uniforme. Les intervalles des transplants sont devenus de moins en moins apparents. On peut cependant les reconnaître toujours, comme le montrent les dessins pris à divers intervalles, et aujourd'hui, quatre ans et demi après la transplantation, il faut une grande attention pour déterminer les limites primitives des lambeaux, ce qui rend en certains points leur mensuration difficile.

» La coloration de la peau transplantée est devenue normale ; elle présente encore cependant des nuances en rapport avec les régions sur lesquelles les transplants ont été pris. Ceux qui ont été taillés sûr la face antérieure des cuisses sont plus blancs et plus glabres que ceux qui ont été empruntés à la face dorsale de l'avant-bras. Ces derniers sont plus pigmentés et plus poilus. Les poils ont continué de vivre ainsi que les glandes qui les accompagnent et dont les sécrétions conservent à la peau une douceur el une souplesse que n'ont pas les cicatrices.

« N'ayant pu examiner la structure hislologique de ces lambeaux je puis seulement les apprécier au point de vue de leurs caractères macroscopiques et de leurs fonctions. Ils donnent au toucher la sensation d'une peau souple, douce au toucher, épaisse, glissant sur les tissus profonds, plus souple que la peau ancienne qui les entoure et qui avait été altérée parla brûlure subie quaranle-deux ans auparavant. Au point de vue de la sensibilité, le sujet prétend sentir comme du côté opposé, mais il est difficile d'isoler la sensibilité propre de la peau de celle des tissus sous-jacents.

» Pendant longtemps nous avons fait protéger la partie opérée pour éviter les chocs et les frottements violents qui auraient pu ulcérer les lambeaux, mais aujourd'hui notre opéré ne prend plus de précautions spéciales. Il est vigneron el travaille la terre comme auparavant, mieux même, car ses mouvements sont plus libres, grâce à la suppression d'un tissu cicatriciel inextensible et à son remplacement par un tissu souple non rétractile qui ne limite pas, comme la cicatrice primitive, les contractions des muscles et, par suite, l'extension de l'articulation.

» La souplesse du nouveau revêtement cutané est la même partout, au niveau des dernières greffes comme sous les premières, c'est-à-dire au niveau de celles qui ont été implantées sur une membrane granuleuse et de celles qui ont été appliquées immédiatement sur la plaie fraîchement cruentée. Une fois recouverte par les lambeaux dermo-épidermiques, la couche granuleuse se résorbe ou s'assouplit. Il est donc inutile de l'enlever par le raclage, comme le pratiquait Thiersch, de Leipsig, à moins qu'elle ne soit trop épaisse ou mal organisée, c'est-à-dire qu'elle soit diflluente ou liémorragique, et encore, dans ces derniers cas, vaut-il mieux la modifier par des pansements astringents que de l'enlever par le raclage, qui expose à des hémorragies consécutives.

» En comparant les dessins qui représentent le résultat de l'opération à trois ans el demi de distance, on voit que les dimensions de la partie recouverte par les greffes ne sont pas les mêmes. L'espace comblé par la peau de formation nouvelle est sensi-

blement plus grand. Au lieu de se resserrer comme les pertes de substance réparées par les processus de la cicatrisation secondaire, l'espace qui représente l'ancienne plaie s'est agrandi, et plusieurs lambeaux sont manifestement plus grands qu'au moment de leur implantation. La peau nouvelle s'est surtout étendue dans le sens longitudinal du membre. Le diamètre longitudinal, qui était de igG""" à 200"™, est de 235°"° aujourd'hui. Le diamètre transversal maximum n'a gagné que 5 ou 6°"".

)) C'est là un fait nouveau dans la physiologie des lambeaux transplantés en chirurgie humaine, et il n'est pas sans intérêt d'en rechercher l'explication. Les lambeaux de peau transplantés à distance ou seulement déplacés dans des régions voisines sont soumis à une atrophie progressive et perdent toujours plus ou moins de leurs dimensions premières.

» C'est ce que l'on observe d'une manière saisissante après la rhinoplastie. Les nez refaits avec des lambeaux empruntés aux parties voisines s'atrophient toujours dans une mesure très sensible et, souvent, dans des proportions telles que, au bout de quelques années, un organe primitivement exubérant devient à peine suffisant poiu" boucher l'ouverlure des fosses nasales.

» Si nous constatons un agrandissement de nos lambeaux, ce n'est pas à une hypertrophie propre, à unehyperplasie de leurs éléments anatomiques que nous devc l'attribuer. La transplantation n'augmente pas, surtout chez l'adulte, 1^ vitalité des tissus transplantés; elle ne donne pas une nouvelle énergie à leurs propriétés végétatives. Il va cependant, dans l'histoire de la greffe animale, des fliits qui prouvent que la transplantation de certains tissus peut leur donner une énergie nouvelle; mais nous ne l'avons jamais observé sur l'hoiume, à titre définitif du moins. Et si dans le cas présent nous trouvons des lambeaux plus grands qu'au moment de leur transplantation, c'est à une autre cause que nous l'attribuons. Nous vovons là l'effet d'une cause physique. C'est l'extension de ces lambeaux par les tiraillements exercés sur eux dans les mouvements de la région, qui nous parait expliquer l'agrandissement de leur surface.

» Qu'il y ait, sous l'nifluence de ces mouvements et de l'activité plus grande de la circulation, un peu d'hyperplasie interstitielle, c'est possible ; mais je n'ai jamais vu un agrandissement appréciable des lambeaux cutanés en dehors de la cause que je signale. »

NOMINATIONS

L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nominatioa de Commissions de prix chargées de juger les concours de 1898. Le dépouillement des scrutins donne les résultats suivants :

Prix Delalande-Guérineau. — MM. J. Bertrand, Bcrthelbt. Faye, .Sarrau, Grandidier.

Prix Jérôme-Ponti . — MM. J. Bertrand, Berthelot, Lœwy, Cornu, Darboux.

Prix Leconte. — MM. J. Bertrand, Hermite, Berthelot, Milne-Edwards, Cornu.

Prix Tchihatchef. — MM. Milne-Edwards, Grandidier, Bouquet de la Grye, Guyou, Marcel Bertrand.

Prix Hoidlengue. — MM. J. Bertrand, Fave, Berthelot, Hermite, Milne- Edwards.

Prix Cahours. — MM. Friedel, Moissan, Troost, Berthelot, Ditte.

Prix Saintour. — MM. J. Bertrand, Berthelot, Lœwy, Milne-Edwards, Friedel.

Prix Kastner-Boursault. — MM. Mascart, Cornu, Lippmann, Deprez, Becquerel.

Prix Estrade-Delcros. — MM. J. Bertrand, Berthelot, Cornu, Wolf, Moissan.

MÉMOIRES PRÉSENTÉS

M. José Ruiz-Castizo soumet au jugement de l'Académie un Mémoire ayant pour titre : " Nouvel intégrateur général pour les trois ordres / ydx, 1 y- rix, I y^ dx; intégromètre cartésien à évaluation tangentielle. » (Renvoi aux Sections de Géométrie et de Mécanique.)

M. H. Kleix adresse un Mémoire « Sur la densité des liqueurs hydroalcooliques simples ».

(Renvoi à la Section d'Economie rurale.)

( 1257 ) M. Stei'uax Emme\s adresse une Lettre relative à un projet d'expédition au pôle Antarctique.

(Renvoi à la Section de Géographie et Navigation.)

M. le MiMSTRE DE l'Ixstrcctiox publique prie l'Académie de lui faire connaître son avis au sujet d'une proposition de loi modifiant l'heure nationale.

(Renvoi à la Commission précédemment nommée.)

ASTRONOMIE. — Le retour de la première comète périodique de Tempel (1867 II I en 1898. Note de M. R. Gautier, présentée par j\I. Lœwy.

« La deuxième comète de 1867 a été découverte par Tempel à Marseille, le 3 avril, et observée un grand nombre de fois cette année-là. Sa périodicité a été reconnue en premier lieu par Bruhns. Elle a été revue et observée en 1873 et en 1879. De 1867 ^' 1873, son mouvement a subi, sous l'action de Jupiter, de très fortes perturbations qui ont été calculées séparément par MM. Plummer, Seeliger et von Asten. La comète a été retrouvée en 1873, le 3 avril, par M. Stephan à Marseille. De 1878 à 1879, l'action perturbatrice de Jupiter a été faible, les deux astres ayant été constamment à une grande distance l'un de l'autre. La comète a été retrouvée le 24 avril 1879 P^"' Tempel, à Arcelri (Florence), d'après l'éphéméride que j'avais calculée. Dans la période suivante, de 1879 à i885, l'orbite de la comète a subi de nouvelles transformations sous l'action de Jupiter. Celte action s'est exercée sur les divers éléments toujours dans le même sens et, quoique les variations aient été prises individuellement, moins grandes que durant la période de 1867 a 1873, l'effet total a été tout aussi considérable. C'est ce qui résulte du Tableau suivant :

■que

n 1SU7. 1873. 1879. 1885.

lu.iytii — — —

erliii. Avril i5,o. Avril 24,0. Avril 12,0.

' 1867103123,7710 1873111319,83096 1879111317,15493 1 885 sept. 23,765

627", io5o 592", 9765465 593', 1200165 545", 0196

} ICI. 12. i3, 4 1867,0 78.43.48,42 1873,0 78.45.55,66 [ 1879,0 72.28.27,4

» Les éléments pour 18G7 sont ceux qui, d'après un premier calcul, répondent le mieux à l'ensemble des observations de cette année-là. Ils n'ont pas encore été reliés, par un calcul définitif des pertiu'bations, à ceux de 1873 et de 1879.

» Ceux-ci sont définitifs et je les ai obtenus comme conclusion à mon travail : La première comète périodique de Tempel 1 867 II ; Genève, 1 888 (' ). Les éléments pour i885 sont ceux qui résultent du calcul des perturbations exercées par Jupiter sur le mouvement de la comète, de 1879 à i885 (-).

» Les transformations des éléments de l'orbite qui sont ici les plus importantes sont celles du demi-grand axe et de l'excentricité. Le premier a constamment augmenté, tandis que la deuxième diminuait. Il en est résulté un accroissement graduel de la distance périhélie, circonstance très fâcheuse pour l'observation. Les chiffres suivants le montrent clairement :

Année. Demi-grand axe. Excentricilo. Dist. périhélie. Dist. aphélie.

1878-1879. 3,295 0,4626 ii77' 4)82o

» La comète n'a pas été retrouvée en i885. Peut-être son éclat intrinsèque avait-il diminué, comme il semble avoir diminué de 1878 à 1879. En tous cas, la distance à la Terre avait jiresque doublé depuis 1867 et, de plus, l'opposition de i885 se présentait mal. Elle avait lieu en mars, six mois environ avant l'époque du passage au périhélie, à une distance i,5i de la Terre. L'opposition suivante de 1892 se présentait mieux, en ce sens qu'elle a eu lieu peu de temps après que la comète eut passé à son périhélie. L'éphéméride que j'ai publiée pour ce retour était assez approchée, ainsi que je m'en suis assuré depuis. Plusieurs observateurs ont cependant cherché la comète dans la région où les calculs fixaient sa position, mais elle n'a pas été retrouvée en 1892.

» Pour préparer une éphéméride en 1898, le temps me manquait pour faire un calcul complet des perturbations subies par la comète depuis 1879. J'ai dû me borner aux calculs suivants qui représentent cependant une approximation suffisante pour le but poursuivi :

>) t° Revision du calcul des perturbations durant la période de i'6']^ à i885. — Je suis parti cette fois des éléments définitifs pour 1879 qui avaient été obtenus postérieurement à l'époque du premier calcul. Il en est résulté

(') Mémoires de la Société de Physique et d'Histoire naturelle de Genèix', t. XXIX, n» 12, p. 110.

(^) Astr: Nachrichten, Vol. CXI, p. 241-

( 1259 ) une légère diminution dans l'effet de l'action perturbatrice de Jupiter. Le retard amené par cette action dans l'époque du passage au périhélie, par exemple, a été raccourci de deux jours ; il se chiffre encore par le nombre respectable de 146,5 jours.

» 2" Calcul des perturbations durant la période de i885 à 1892. — J'ai employé, comme précédemment, la méthode de la variation des éléments et j'ai fait ce calcul à des intervalles de quatre-vingts jours. Cet intervalle est un peu grand, mais il se justifie par le fait que, Jupiter et la comète avant été, durant toute la période, à grande distance l'un de l'autre, l'action perturbatrice de la planète a été peu accusée. Son effet principal a été un retard de cinq jours dans l'époque du passage au périhélie en 1892.

» ?)° Calcul des perturbations durant la période de 1892 à 1898. — La durée moyenne de la révolution de la comète était de six ans, de 1873 à 1879. Elle a été portée depuis £i six années et demie.ll en résulte qu'en 1892 Jupiter avait une assez grande avance en longitude sur la comète. La distance entre les deux astres n'est pas tombée au-dessous de trois fois la distance moyenne de la Terre au Soleil, tandis que, de 1867 à 1873, cette distance était descendue à 0,359, et à o,546 de 1879 à i885. Les modifications aux éléments durant cette période-ci n'ont donc pas été comparables à ce qu'elles avaient été durant les deux autres périodes. Le retard amené dans l'époque du passage au périhélie n'a été que de deux jours environ. Voici le Tableau des éléments les plus probables pour les trois oppositions de i885, 1892 et 1898 :

Époque

en 1885. 1892. 1S98.

temps moyen — — —

de Berlin. Octobre 9,0. Mai 5,o. Septembre 11,0.

M . -t- 2»i6'5o",96 -t- S^aâ'j", 86 — 3°28'8",oi

T Septembre 28,9562 Mars 80,22677 Octobre 4, oii6

( 10. 48. 17', 7 1 io*.48! 4,4 \ io!47-i4',oi

» Au point de vue de l'observation, le retour de la comète en 1898 se présente presque dans les mêmes conditions que celui de i88j. L'opoosition a déjà eu lieu le 12 mars dernier, lorsque la distance de la comète ii la Terre était i,5G, tandis que le passage au périhélie aura lieu vers le 4 octobre.

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