‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 408 sur 425 · C''CP(OH · texte numérisé non relu

C''CP(OH

'I L'action de l'alcali sur le dérivé potassique de la cyanamide et de la tétrachloroquinone forme donc du chloranilate de potassium

0 = C''Cl-(OR)-=0.

» Il en résulte que ce dérivé ne peut dilTérer du sel précédent que par la substitution de deux fois le radical (Az"C) " aux deux atomes d'oxygène quinoniques. Si l'on admet avec Rehrmann ( ') que la constitution de l'acide chloranilique est représentée par le schéma

OH Cl

Or=:C( ^C=:0,

(*]! OH on sera amené à attribuer aux dérivés que j'ai obtenus les formules :

Cl OK Br OK

Il II

CAz= = c/^^^')C=rAz^C et CAz'-=c/^~^^C = Az'C.

OK Cl OK Br

(') Kehrmann, Bull. Soc. chim., 3" série, t. IV, p. Gg, et Jour. f. prakt. Cfiem., 2" série, t. XLIX, p. 365-375.

» En faisant agir un acide sur le dérivé potassique du chloranile en dissolution dans l'eau, on obtient un liquide bleu d'abord, puis violet, se décolorant sous l'influence de l'anhvdride sulfureux. Je ne suis point encore arrivé à isoler dans un état de pureté convenable le corps

CAz- = r.TI-( OH^■- = Az'C,

agent de la coloration violelte. Il se présente sous la forme de petits cristaux bleu noirâtre, mais toujours mélangés de cristaux rhombiques ronges. Ceux-ci se produisent pour les raisons que je vais indiquer.

» Dans certaines conditions encore mal définies, l'addition d'acide chlorhydrique concentré donne, avec le dérivé potassique, un abondant précipité avec dégagement gazeux. Ce précipité, bien lavé à l'eau distillée, séché et épuisé par l'éther acétique, se dissout en partie en colorant en rouge le dissolvant. Il reste un produit brun verdàtre, insoluble dans l'eau, l'alcool, léther, le benzène et la ligroïne. La solution élhéro-acétique évaporée donne un résidu brun très peu soluble dans l'eau qui, séché à io5°, m'a donné

C 3.3,75 H 1,2 Az 12,56 CI.... 29,91 pour 100.

11 Si ion admet que l'un des radicaux de la cyanamide, dans la formule CAz-= C''Cl-(OH )- "^ Az-C. a été remplacé par un atome d'oxvgène quinonique. on aura CAz- = C'Cl'(OH)- = O, cpii exigerait théoriquement

C 36, o H o,85 Az 1-2,01 Cl 30,4 pour 100.

» Ce composé en dissolution dans l'eau ne donne plus, par la potasse, la coloration verte que l'on obtient avec le soluté violet.

» D'autre part, le corps vert insoluble dans l'eau fournit à l'analvse

C 37,35 H 0)9' -^z 19190 CI.... 28,80 pour 100.

» Or si l'on suppose une combinaison avec élimination d'une molécule d'eau entre la fonction quinonique du corps rouge et deux fonctions phénoliques de deux molécules de l'acide C.\z-= C'Cl*(OH)- = Az-C, on arrive à la formule d'un acétal de la forme

Cl OH

CAz2=:C( :C~\z^C

OH Cl

CAz=rT=Cr' /C<

^^ = c/ \o Cl

Cl OH Nc = (':

CAz2=:C/ '.G=Az2C

c == c/ il 6h

pour lequel la théorie indique :

C 37,80 H 0,.5/i Az 19,20 Cl 29,2.

» Le produit se dissout d'ailleurs dans l'acide clilorhydrique et la solution rouge violacé, traitée par une quantité ménagée de potasse ou par l'ammoniaque, prend line coloration verte. »

CHIMIE BIOLOGIQUE. — Con/ribiilion à la recherche du manganèse dans 1rs minéraux, les végétaux et les animaux. Note de M. P. Pichard (Extrait).

(( Nous avons appliqué la méthode de recherche du manganèse que nous avons décrite dans une Communication précédente (t4 février 1B98) à un certain nombre de terres, de plantes et de produits du règne animal.

» Les terres ont été séchées, pulvérisées et incinérées.

» Les matières végétales ont été lavées, séchées, puis débarrassées des particules terreuses par secousse, frottement et tamisage, coupées en menus fragments et incinérées.

» Les produits animaux ont été lavés, débarrassés des matières végétales et minérales, coupés en menus fragments et incinérés.

» On a fait l'essai pour la recherche du manganèse sur o^'',5 environ de matière incinérée.

<> Lorsque l'incinération est lente et pénible, soit par l'abondance de sels fusibles (graines, fleurs, plantes marines), soit par la production d'un charbon brillant et poreux (matières albuminoïdes, chair, sang), on ilétruit la matière charbonneuse en chauffiuit à siccité la cendre, à plu-

sieurs reprises, dans une petite capsule de platine ou de porcelaine avec quelques gouttes d'acide azotique pur.

» Cette opération est absolument nécessaire chaque tois qu'on opère sur des matières riches en chlorures; sinon, dans l'essai avec le minium, le chlore dégagé par l'ébuUition avec l'acide azotique empêcherait la coloration rose de se manifester ou l'atténuerait plus ou moins.

1) Quand on se borne à l'essai qualitatif dans les produits d'origine végétale et animale, on peut se dispenser de calciner la cendre avec le carbonate alcalin, et la traiter directement par l'acide azotique et le minium.

» Résumé. — Le manganèse parait universellement répandu dans les sels végétaux, dans le règne végétal et dans le règne animal.

1) Les sables marins provenant de roches silicatées en renferment notablement. Les Algues de mer, Fucus vésiculenx, Laminaires, en contiennent beaucoup. Nous l'avons rencontré dans un grand nombre de familles végétales terrestres :

Cliampignoiis. — Ilyméiiomycètes à chapeau, Gastéromjcètes, Ascomycètes, Lichens.

Mousses. — Mousses sur sol, sur arbres, sur murailles.

Filiciiiées. -— Fougères des bois.

Conifères. — Pin maritime, Sapin puisapo, If, Cyprès.

<ji aminées. — Herbe de prairie, Froment, Orge, Avoine, Maïs.

lAliacées. — Poireau, \ucca, Asperge.

tJrlicacées. — Ortie, Houblon, Chanvre, l'iguier. Orme.

■Salicinées. - Peuplier, Tremble, Peuplier argenté.

Polygonées. - Sarrasin.

Chénopodées. — Alriplex.

CupuUfères. — Chêne, Châtaignier, Charme.

Benonciilacées. — Anémone des prés.

Laiiracées. — Laurier noble, Laurier palme. ,

Euphorbiacées. — Euphorbe vulgaire, i Buxacées. — Buis des jardins. [

Tumariscinées. — Taniarix.

Crucifères. — Na\el, Sauve, Chou. i

Papatréracées. - Coquelicot.

Oxalidées. — Oxalide des murailles.

C rassit lacées. - Joubarbe des murs et des sables.

Légumineuses. — Genêt, Ajonc, Haricot, Lentille, Luzerne, Sainfoin.

Rosacées. — Ronce, Fraisier, l^runier, Pommier.

llicinées. — Houx vulgaire.

[nipélidées. — Raisins, pousses de \ ignés.

Rhamnées. — l'usain commun.

Ombellifères. — Carotte.

Araliées. — Lierre de terre et d'arbre, Lierre à feuilles très découpées.

Cornées. — Aucuba du Japon.

Tricacées. — Bruyère.

Solanées. — Tabac, Pomme de terre.

Otéacées. — Lilas.

Labiées. — Menthe des jardins.

Ptanlaginées. — Plantain vulgaire.

Campanulacées. — Liseron des champs.

Rubiacées. — Aspérule, Café.

Composées. — Pâquerette, Bleuet, Séneçon.

» Parmi les plantes terrestres, les Champignons hyménomycètes à chapeau viennent au premier rang pour leur richesse en manganèse. D'autres Cham])ignons, Gastéromycètes, Ascomycètes, Lichens, en sont aussi très chargés. Les Mousses en sont largement pourvues.

» Parmi les plantes vasculaires cryptogames, les Fougères en renferment beaucoup. Parmi les Gymnospermes, les Conifères sont riches en manganèse. Parmi les Angiospermes, nous voyons que les Graminées, les Légumineuses, les Rosacées, les Crucifères, les Ombellifères, les Ampélidées, les Solanées, les Liliacées, les Polygonées, les Urticacées sont riches en manganèse. Les arbres de nos forêts, Chêne, Orme, Charme, Châtaignier, Peuplier, en sont abondamment pourvus.

» Le manganèse paraît se concentrer dans les parties de la plante en activité végétative, dans les feuilles, les jeunes pousses. Nous l'avons trouvé en très faible quantité dans l'écorce du Pin maritime et dans celle de l'Orme, tandis qu'il abonde dans les feuilles et les jeunes pousses de ces arbres.

M Mais ce sont surtout les graines des plantes phanérogames qui en sont très chargées : Froment, Orge, Avoine, Maïs, Haricot, Sarrasin, Chènevis, Café, Figue, Prune, Raisin, Pomme, graines de Peuplier, ou encore, des bourgeons charnus, comme la Pomme de terre.

» Ce fait, rapproché de la présence en quantité considérable du manganèse dans les Hyménomycètes, à développement si rapide, nous porte à signaler le rôle physiologique que peut remplir le manganèse, surtout au début de la vie de la plante, germination et premier développement.

» Dans les animaux, le manganèse est en proportion bien moindre que dans les végétaux.

» Nous l'avons cherché et rencontré dans :

Méduse {Zj00i)\\\les). ' goiisle (Cruil-acéa).

Coquilles blanches (Acéphales) ma- Sardine fraîche (Poissons),

rines. Os, œufs, viande de bœuf, sang de

Escargots nia ri/is (Gaslévopoàes). porc, cheveux et poils de bat be {\lAva-

Os de seiche {VléropoAes). mifères).

Carapace de crabe, chair de lan- \ CroUin de cheval, Iioiise de vache.

» Nous remarquons que, dans l'œuf, le jaune en renfeime beaucoup plus que le blanc, et que l'œuf en contient plus que la chair et le squelette, analogie qui rappelle ce que nous avons signalé à propos des graines.

') Les parties cornées et, d'une manière générale, les téguments et leurs

dépendances (valve, coquille, carapace, écailles, poils) en renferment notablement.

» Sans préjuger le rO)le du manganèse dans la végétation de nos plantes cultivées, nous rappellerons que le fumier est très riche en man£;anèse et que le principal engrais employé sur le littoral de la Manche et de l'océan se compose de varechs abondamment pourvus de cette substance. »

PHYSIOLOGIE COMPARÉE. — De la digestion gastrique chez les Squales. Note de M. Emile Yrvc, présentée par y\. de Lacaze-Duthiers.

« La classe des Poissons nous offre tous les degrés de différenciation du tractus intestinal, depuis l'inleslin simple et dépourvu de glandes digestives localisées des Cyclostomes et de quelques Téléostéens, jusqu'à celui des Sélaciens, relativement compliqué et toujours muni d'uu estomac, au sens histologique du mol.

» Chez les Squales, la muqueuse de l'estomac renferme des glandes profondes dont les cellules se rapprochent du type des cellules dites de revêtement i^Belegzellen de Heidenhain) de l'estomac des iNIammifères. Je n'ai rien à ajouter à la description qu'en ont donnée les auteurs (Pilliet, Cattaneo), sinon que leur volume diminue et que leurs granulations augmentent après un jeûne prolongé.

» Ces cellules sécrètent un suc épais et visqueux au début de la digestion, mais qui s'éclaircit plus tard et augmente progressivement d'acidité, jusqu'à un certain maximum, variable selon l'état de santé de l'animal et la nature des aliments qu'il digère. M. Ch. Richet (') a insisté sur la forte acidité du suc gastrique de Raja, Scylhum et Acanlhias, acidité qui se retrouve chez tous les Sélaciens examinés et qui s'explique par la nécessité de décalcifier les proies ingérées (carapaces de Crustacés, os de Seiche, etc.).

» Les excellentes installations du laboratoire de Zoologie expérimentale de Roscoff, mises libéralement à ma disposition par AL de Lacaze- Duthiers, et le fait que les pécheurs roscovites capturent souvent des

(') Ch. Richet, Sur l'acidité du suc gastrique {Comptes rendus, t. LXXXVI, p. 676; 1878). — Ch. Richet et Mocrrlt, De quelques faits relatifs à la digestion des Poissons {Comptes rendus, t. XC, p. 879; 1880). — Ch. Richet, Ibid. {Arc/iives de Physiologie, p. 536; 1882).

G. R., 1898, I" Semestre. (T. CXXVI, N° 26.) 2^^.^

Squales pour alimenter les Homartls du vivier établi clans cette localité, m'ont permis, deux étés durant, de me procurer un nombre considérable de ces Poissons et de les observer vivants dans les bassins du laboratoire. Mes recherches ont porté sur les cinq espèces suivantes : Scylliiim catulus, Acanlhias vulgaris, Lamna cormihica, Galeiis canis et Carcharias glaucus. En voici les principaux résultats :

» Les Squales pris en été ont toujours l'estomac plein de nourriture (' ). Us digèrent rapidement. Après trois jours de diète au maximum, leur estomac s'est complètement vidé, mais sa muqueuse est encore acide, tandis que plus tard elle devient neutre, si le jeûne se prolonge. Cette muqueuse se détache facilement de la paroi musculaire, elle contient de fortes doses d'enzyme qu'on peut encore utiliser pour des digestions artificielles après que la muqueuse a été bien lavée, puis desséchée ou conservée dans la glycérine. L'enzyme agit à basse température, toutefois son action est plus énergique entre -+- 20" et So" qu'entre 0° et -1- 10°. A partir de 3o°, son action diminue et cesse vers 5o°, température qui le détruit. J'ai constaté, en outre, qu'il agit mieux au-dessous de 10° dans un milieu très acide, et mieux au-dessus de 20°, dans un milieu moins acide. Préparé par le procédé de Brûcke, il présente le même aspect que la pepsine des Mammifères et n'agit d'ailleurs, comme elle, qu'en milieu acide.

11 De nombreux essais m'ont conduit à fixer aux environs de 7 pour 1 000 la proportion de H Cl la plus favorable pour la dissolution des substances albuminoïdes parla pepsine des Squales, à la température de 4- i5°. Ce chiffre, très supérieur à celui qui exprime la dose de H Cl, la plus favorable chez l'homme et le chien, correspond à la dose moyenne d'acide contenu dans le suc gastrique des cinq espèces étudiées. Le maximum de 1 1 pour 1 000 trouvé par moi chez Lamna cornubica est inférieur à celui indiqué par M. Richet (1 5«' de H Cl par litre).

)) Le liquide contenu dans l'estomac en digestion est fort complexe. Outre du suc gastrique encore inutilisé, il renferme des graisses et des produits de la digestion des substances albuminoïdes. Parmi ces derniers, j'ai toujours rencontré une grande quantité de syntonine (précipitée par la neutralisation), des protéoses (précipitées par le sulfate d'ammoniaque en excès) et quelquefois, mais pas toujours, de la peptone, indiquée par la réaction du biuret. En faisant agir, in vitro, le suc stomacal mixte sur la

(') Consistant surtout, à Roscofl", en Lançons (Aiii/iiudyU's tobiamis), en Calmars (Lotiffo) et (Ml F'oiilpes {Octopi/s).

( i887 ) fibrine ou l'albumine pendant vingt-quatre heures, j'ai obtenu des doses notables de vraie peptone. En revanche, le suc gastrique fabriqué avec la muqueuse triturée dans HCl cà 7 pour 1000 transforme la fibrine en syntonine et en diverses protéoses, mais non en peptone.

» Quant à la dissolution de la chitine par le suc gastrique des Squales, admise par M. Richet, je n'ai pas réussi à la constater en digestion artificielle, même à chaud et en milieu très acide. Il est vrai qu'on ne trouve pas de chitine dans les fèces de ces Poissons et que l'étroitessede leur tube pylorique s'oppose au passage de dépouilles chilineuses un peu considérables. Cependant, j'ai trouvé dans leur estomac des plumes de Calmar et des carapaces de Crustacés, non digérées, et, d'autre part, j'ai ramassé dans les bassins du laboratoire des résidus chitineux qui avaient été rejetés par les Squales. Peut-être ceux-ci se débarrassent-ils normalement par une sorte de vomition de la chitine non digérée. En tous cas, il est notoire que, chez nombre d'autres Poissons qui se nourrissent de Mysis, ou d'Entomostracés, les carapaces chitineuses sont rendues nettoyées et intactes et que, chez les Scyllium, de nombreux Nématodes habitent l'estomac sans en souffrir.

i> Je ne puis que confirmer les conclusions de M. Richet, relatives à l'absence de diaslase dans l'estomac des Squales. »

ZOOLOGIE. — Sur le développement de / Acmœa Virginea. Note de ^M. Louis BocTAN, présentée par M. de Lacaze-Duthiers.

« Entre la Patelle, tvpe des Docoglosses cyclobranches, et les Rhipidoglosses (Pleurotomaire, Fissurelle, Haliotis, Troque, etc.), il existe des formes intermédiaires qui n'ont attiré l'attention des naturalistes que dans ces dernières années,

» L'une des plus curieuses est V Acmée, qui rappelle par sa forme extérieure la Patelle. Malgré sa parenté évidente avec cette dernière, elle n'est pas cyclobranche, car elle n'a pas de branchie circulaire et présente, au contraire, une branchie cervicale comme les Rhipidoglosses.

M Le développement de cet animal était totalement inconnu; j'ai pu l'étudier cette année au laboratoire de Roscoff et suivre l'évolution de Y Acmœa Virginea depuis l'œuf jusqu'à l'adulle.

» La pente de l'Acraée a lieu en avril et en mai. Il n'y a pas d'accou-

pleineiit; les mâles et les femelles émettent à l'extérieur les produits sexuels par l'intermédiaire de la cavité branchiale.

» Les oeufs ne sont pas agglutinés dans une glaire épaisse et se dispersent presque immédiatement dans le courant d'eau. Il n'y a donc pas de ponte de forme s^jéciale.

» Si l'on place les œufs dans des cuvettes, les larves qui en dérivent ne tardent pas à prendre une forme anormale et l'évolution complète ne paraît s'effectuer que dans l'eau courante.

» Grâce aux ressources de la station de Roscoff, j'ai pu installer dans les grands aquariums à courant continu des bacs-filtres, où le liquide fortement aéré ne peut s'échapper qu'après avoir fdtré à travers une couche de sable. De cette manière, les embryons peuvent se nourrir aux dépens des algues qui se développent sur les parois; ils nagent dans l'eau courante, tout en restant emprisonnés dans un espace relativement restreint, où ils parcourent le cycle complet de leur évolution.

» Je ne puis songer à décrire ici le développement complet de VAcmœa Virginea; je me contenterai de signaler deux faits importants, sur lesquels je désire appeler l'attention.

» Chez les Gastéropodes chiasloneures on explique généralement la torsion de la masse viscérale et d'une partie du système nerveux par la torsion de la coquille; or l'Acmée, chiastoneure, aussi bien à l'état larvaire qu'à l'étal adulte, présente une coquille sans enroulement et tout à fait symétrique.

)) On peut en conclure que la lorsion de la coquille n'est pas la cause nécessaire de r enroulement de la masse viscérale et de la partie correspondante du système nerveux.

» Il faut chercher une autre explication; l'étude du développement de l'Acmée le permet.

» La cause de l'enroulement de la masse viscérale et de la partie correspondante du système nerveux réside dans le développement du pied.

» En effet, à un stade très jeune chez l'Acmée, à la fin du deuxième jour de développement, au moment où la coquille commence à s'étendre, le pied est situé sur la face ventrale entre le voile et l'anus^ qui vient de s'ouvrir. Il ne peut s'étaler vers le bas par suite du développement du bourrelet pailcal et est redressé contre le voile.

» Quand la croissance de la coquille s'accentue, cette position anormale du pied devient encore plus sensible, mais elle ne larde pas à se corriger.

( '889 ) Bientôt une rotation de toute la partie inférieure de l'animal se produit qui change les rapports précédents.

» Cette rotation est de i8o°. Elle est facile à constater chez l'Acmée où la face primitivement ventrale de la coquille, mais qui va devenir dorsale, est bombée, tandis que la face primitivement dorsale, mais qui va devenir ventrale, est aplatie.

» Ceci démon tre que la torsion de la masse viscérale et de la partie correspondante du système nerveux peut se produire à un stade larvaire très jeune sans que la symétrie de la coquille en soit affectée.

» Le second fait que je désire signaler se produit au moment où la larve de l'Acmée se transforme en adulte :

» Les Mollusques à coquille patelliforme présentent presque tous un crochet terminal; mais ce crochet est tantôt tourné en arrière, comme dans l'Emarginule par exemple, tantôt tourné en avant, comme dans l'Acmée : si bien que, si l'on considère deux animaux présentant cette position inverse du crochet, on est tenté de croire qu'ils occupent une situation inverse par rapport à leur coquille, ou que, en d'autres termes, l'un d'eux est à l'envers dans sa coquille par rapport à l'autre.

» L'élude du développement de l'Acmée montre qu'il n'en est rien et que, quelle que soit la position du crochet, les Mollusques ont toujours la même position relative par rapport à leur coquille.

» En effet, en étudiant les larves qui se transforment en adulte, j'ai constaté que la coquille de l'Acmée constitue, comme d'habitude, d'abord le crochet terminal de la coquille de l'adulte.

M Le crochet est alors tourné en arrière, comme dans le cas de l'Emarginule; mais bientôt la coquille larvaire se désagrège, laissant une sorte de cavité en partie comblée par la sécrétion de la nacre. En avant de cette cavité subsiste une sorte de promontoire qui donne naissance au crochet tourné en avant.

» Cette observation démontre que la différence de position du crochet terminal dans les coquilles patelliforrnes ne constitue qu'une anomalie apparente sans retentissement sur l'organisation générale du Mollusque. »

( iSgo )

GÉOLOGIE. — Sur les lacs de la Roche-de-Rame (^Hantes- Alpes), du Lauzel (liasses- Alpes), de la Roquehrussanne et de Tourves (Var). Note de M. André Delebecque, présentée par M. Michel Lévy.

« Poursuivant la mission qui m'a été confiée par M. le Ministre des Travaux publics, j'ai exploré, en mai 1898, une série de lacs peu connus et au sujet desquels je n'ai donné, dans mon \ À\re Sur les lacs français , que des renseignements incomplets. Ce sont :

» i" Le lac de la Roche-de-Rame, dans les Hautes-Alpes, à une vingtaine de kilomètres au sud de Briançon. Ce lac, dont la superficie est d'environ '3''\ se trouve dans une petite vallée parallèle à celle de la Durance, dont elle est séparée par une crête rocheuse étroite; il s'écoule au nord dans la Durance et est limité au sud par une moraine, à laquelle il paraît devoir son existence. Je lui ai trouvé, le 16 mai 1898, une profondeur de 16™, 90.

» 2" Le lac du Lauzet, près du village de ce nom, dans les Basses-Alpes. Ce lac, dont la superficie est d'environ 3''^, se trouve, par rapport à la rivière de l'Ubaye, à peu près dans la même situation que le lac de la Rochede-Rame par rapport à la Durance; mais, autant que l'on peut en juger par les affleurements visibles, il paraît être entièrement dans la roche en place. Il s'écoule souterrainement dans l'Ubaye par un canal artificiel, exécuté il y a plusieurs siècles. Je lui ai trouvé, le i5 mai 1898, une profondeur de 6'°, 80; mais, le point le plus bas de la crête qui limite le bassin du lac 'étant à 16'" environ au-dessus du niveau de l'eau ( '), la profondeur naturelle serait d'environ 23".

» 3° I>es lacs de la Roquebrussanne et de Tourves, non loin de Brignoles, dans le Var.

» Les lacs de la Roquebrussanne, appelés encore lacs du Grand et du Petit Lautien, se trouvent à environ 3'^'" à l'est du village de la Roquebrussanne et consistent en deux entonnoirs de forme grossièrement circulaire, qui s'ouvrent comme des cratères au milieu d'une plaine sensiblement horizontale constituée par le muschelkaik et les marnes irisées (' ). Ils n'ont

(') D'après un nivellement de M. Escavy, conducteur principal des Ponts et Chaussées, au Lauzet.

(^) Voir la feuille Draguignaii de la Carte géologique au j^^, par AI. Zurcher.

( >89' ) ni affluent, ni écoulement apparent. Le Grand Lautien a une surface d'environ i*"", et je lui ai trouvé, le i3 mai 1898, une profondeur de 29™, 70, la profondeur totale de l'entonnoir étant de 43™, 5o ( ' ); en hautes eaux, cet entonnoir parait être à peu près plein et contient ainsi une masse liquide d'environ 43™ d'épaisseur. Le Petit Lautien, dont la surface est d'environ 67*, avait, le même jour, une profondeur de 7™, 20, la profondeur totale de l'entonnoir étant de 3o™, 70 (^); le niveau de ce dernier lac est loin d'ailleurs de s'élever comme celui du Grand Lautien; le lac est même quelquefois à sec. J'ajouterai que, malgré ses dimensions horizontales très restreintes et ses variations considérables de niveau, le Grand Lautien a, au point de vue thermique, les allures d'un véritable lac; car je lui ai trouvé, le i3 mai 1898, à la surface une température de iG°,8 et an fond 7°, 5 seulement.

» Le lac de Tourves, dont la surface est de 3''", 70 d'après le cadastre, se compose de trois bassins ayant pour profondeurs respectives g'",4o, 6'",4o et i2'",3o; cette dernière profondeur n'existe que dans un trou, qui s'ouvre au milieu de fonds d'environ 5™. Il s'écoule à ciel ouvert dans la rivière le Caramy, qui passe à Brignoles.

» Comme je le dis dans mon Livre Les lacs français (^\y. 3 18), les lacs de la Roquebrussanne et de Tourves sont dans des entonnoirs qui paraissent dus à des efTondrements provoqués par des dissolutions souterraines, très fréquentes dans les marnes irisées. Dans la même région et dans les mêmes terrains, des bassins d'effondrement se sont produits, il y a vingt ans, aux environs de Draguignan, au lieu dit les Clapes.

» Je dois en terminant adresser tous mes remercîments à ^DL Escavy, conducteur principal des Ponts et Chaussées au Lauzet, Revnaud, conducteur à Brignoles, et Tissot, conducteur à Briancon, pour le concours qu'ils m'ont apporté pendant mes explorations. »

(') D'après un nivellement de M. Re3naud, conducteur des Ponts et Chaussées à Brignoles, qui a mesuré i3™,8o entre le niveau de l'eau et le bord de l'entonnoir.

(-) D'après un nivellement de M. Revnaud, qui a mesuré aS^jOS entre le niveau de l'eau et le bord de l'entonnoir.

RADIOGRAPHIE. — Une méthode de mensuration de l'aire du cœur par la Badiographie. Note de MM. G. Variot et G. Chicotot, présentée par M. Mnrey.

« Il est rlifficile, on !e sait, de mesurer l'aire du cœur sur la paroi antérieure du thorax par la percussion ou par la plionendoscopie.

» La Radiographie peut être utilisée très simplement dans ce but.

» L'ombre radioscopique due à l'opacité relative du cœur dans le thorax a des contours assez nets limités par les rayons X tangents aux bords du cœur et venant tomber sur l'écran fluorescent.

» Il est aisé de tracer, avec un crayon, l'image radioscopique sur un papier calque superposé à l'écran; mais cette image ne représente pas la grandeur réelle de l'aire du cœur : elle est plus ou moins agrandie suivant la distance de la source lumineuse à l'écran et suivant la distance du cœur à l'écran récepteur.

» Voici par quel dispositif et par quel procédé nous obtenons l'aire réelle du cœur en corrigeant l'ombre radioscopiqne enregistrée sur le papier calque.

. » Nos recherches faites à l'hôpital Trousseau ont porté jusqu'à présent sur les enfants :

» 1° L'enfant étant debout, nous appliquons la région antérieure du thorax contre l'écran placé à poste fixe; le tube de Crookes est disposé à distance convenable pour avoir une image aussi nette que possible; puis nous traçons au crayon sur le papier-calque les contours de l'image ;

» 2° Nous mesurons avec une règle graduée la distance qui sépare l'anode, c'est-à-dire la source lumineuse, de l'écran;

» 3° Nous déterminons, d'après une Table dressée d'avance, la distance qui sépare les points les plus saillants des bords du cœur, tangents aux rayons X, de la peau du thorax en avant, c'est-à-dire de l'écran contre lequel elle est appuyée.

» Celle Table de correction a été établie empiriquement par des mesures faites sur les cadavres d'enfants de divers âges.

» Les bords les plus saillants du cœur en place dans le thorax sont constitués à gauche par la partie la plus antérieure du ventricule gauche, à droite par le contour de l'oreillette droite, en bas par le bord du ventricule droit.

» La distance qui sépare les bords droit et gauche du cœur de la surface de la peau

varie suivant l'âge : elle est de 2'="', 5 environ à dix-huit mois, de Z"" à deux ans et demi, de 4'^"' à cinq ans, de 5"^™ environ à dix et douze ans.

» Connaissant cette distance des bords du cœur à la surface du lliorax, nous pouvons corriger l'image radioscopique obtenue.

» Soient H la distance de la source lumineuse à l'écran, /; la distance de la source lumineuse aux bords tangents du cœur ( on aura h en défalquant de H la dislance connue empiriquement des bords du cœur à la peau du thorax en avant); soit T l'un des diamètres de l'image radioscopique : nous aurons le diamètre réel du canir en établissant

If , H T

la lormule ^ ^ — • Il .f

» Pour contrôler les expériences faites sur le vivant nous avons opéré sur des enfants morts, et nous avons constaté que la grandeiu- du cœur donnée par le calcul équivalait à celle mesurée au compas sur le cadavre, à -j""" ou 3°"" près.

» Il est possible de faire mécaniquement les corrections avec un instrument imaginé par l'un de nous (M. Chicotot). Il consiste dans une règle H graduée en millimètres, sur laquelle glissent à angle droit deux autres règles parallèles également graduées T, ./•.

» Pour l'aire une correction, on mesurera avec la règle parallèle inférieure T sur la règle axiale H une distance égale à celle de la source lumineuse à l'écran, puis on amènera l'autre règle parallèle .v au-dessus de la première, à la dislance même du cœur à la surface du thorax. En rabattant de l'extrémité de la règle H un ruban R, on marque sur la règle parallèle inférieure T une longueur égale au diamètre de l'image radioscopique apparente; du même coup, on lira sur la règle parallèle a: la correction et le diamètre réel du cœur.

)) Il sera aisé de corriger ainsi un nombre indéfini de diamètres de l'image radioscopique apparente et de trouver une série de points permettant de tracer le contour réel du cœur, en agissant comme pour le tracé d'une ellipse.

» Nous devons ajouter que, toutes choses égales d'ailleurs, les images radioscopiques du cœur, chez un même sujet, obtenues dans la station debout et dans le décubitns dorsal sont exactement superposables. »

RADIOGRAPHIE. — Perfeclionnement aiix tubes employés en Radiographie. Note de M. L. Bo.vetti.

« En faisant varier l'état du gaz raréfié à l'intérieur de l'ampoule, je suis parvenu à obtenir une moindre résistance et par conséquent à utiliser dans de bonnes conditions un tube qui était dur et de ce fait hors de service. C. R., 1898, 1" Semestre, (t. CXXVI, N° 26.) -44

» I,e moyen que j'emploie consiste à maintenir incandescent, pendant un temps plus ou moins long, un fil de platine plongé dans l'atmosphère de l'ampoule.

» J'emploie pour cela le courant électrique et je crée ainsi à l'intérieur du tube une véritable lampe à incandescence à filament de platine.

» Le tube sur lequel j'ai essayé cette modification était un tube bianodique fonctionnant avec un courant donnant de i5'''" à 20'^'" d'étincelles. L'incandescence du filament de platine exigeait 2 à 3 ampères sous 4 volts, et j'ai dans ces conditions obtenu d'excellents résultats. »

M. J.-J. Andeeu adresse une Note ayant pour titre : « Recherches sur les ostioles du système cérébro-spinal ».

M. A. Chamereau adresse une Note « Sur un fossile trouvé dans le jurassique oxfordien ».

A 4 heures un quart l'Académie se forme en Comité secret.

La séance est levée à 4 heures et demie. M. B.

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE

Ouvrages reçus dans la séance du 27 juin 1898.

Annales agronomiques, publiées sous les auspices du Ministère de l'Agriculture, par M. P. -P. Dehkr.vin, Membre de l'Institut, Professeur de Physiologie végétale au Muséum d'Histoire naturelle, etc. Tome XXIV, n° 6. 2j juin i8g8. Paris, Masson et C'^, iHc)8; i fasc. in-8°.

Revue générale de Botanique, dirigée par M. Gaston Bonnier, Membre de l'Institut, Professeur de Botanique à la Sorbonne. Tome dixième, livraison du i5 juin i8g8, n" 114. Paris, Paul Dupont, 1898; i fasc. iu-8°.

Recueil de données numériques, publié par la Société française de Physique : Optique, par H. Dufet, Maître de Conférences à l'École Normale supé-

rieure. Premier fascicule : Longueurs d'onde. Indices des gaz et des liquides. Paris, Gauthier-Vil lars et fils, 1898; i vol. in-8°. (Présenté par M. Wolf.)

Leçons sur la théorie des fonctions, par Emile Borel, Maître de Conférences à l'École Normale supérieure. Paris, Gauthier-Villars etiils, 1898; I vol. in-S". (Présenté par M. Darboux.)

Les cancers èpithéliaux. Histologie, Histogenèse, Étiologie, Applications thérapeutiques, par Fabre-Domergue, Chef de laboratoire à la Faculté de Médecine de Paris. Paris, G. Carré et C. Naud, 1898; t vol. in-8°. (Présenté par M. Guyon.)

L' intermédiaire des Biologistes, organe international de Zoologie, Botanique, Physiologie et Psychologie. Directeur : Alfred Bixet. Directeur-adjoint •. Victor He>ri. i""*^ année, 20 juin 1898, n° 16. Paris, Schleicher frères; I fasc. in-8°.

La Nature, Revue des Sciences et de leurs applications aux Arts et à l'Industrie. Directeur : Henri de Parville. 26* année, n° 1308, 25 juin 1898. Paris, Masson et G'*; i fasc. in-8°.

Eclogœ geologicœ Helvetiœ. Recueil périodique de la Société géologique suisse. Vol. V, n° 2, juillet 1897. Lausanne, G. Bridel et G*; i fasc. in-8°. (Hommage des auteurs.)

Théorie der kleinen Planeten, von Marti>' Bre>del. Berlin, 1898; in-4°.

Yearhook of the United States Department of Agriculture. 1897. Washington, 1898; I vol. in-8°. '

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