‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 93 sur 425 · C. R. i8ç)S, ," Semestre (T. CXWI, N · texte numérisé non relu

C. R. i8ç)S, ," Semestre (T. CXWI, N

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Ion voit un anneau Jjrillant de sodium métallique venir se condenser audessus de la partie chaufTée.

M Par une élévation de température, qui atteint à peine le point de ramollissement du verre de Bohême, le carbure de sodium, dans le vide, est donc décomposé en charbon cl: en sodium. Ce fait nous explique l'insuccès de nos expériences sur la réduction de la soude ou du carbonate de sodium par le charbon. La température du four électrique est beaucoup trop élevée pour que le carbure de sodium puisse exister dans ces conditions.

M Les expériences précédentes peuvent être représentées par les deux équations suivantes :

2C=NaII = C-IF-+-C-Na^ C2Na-r= C- -!-Na-.

» Carbure de lithium. — JNous avons déjà fait remarquer, à propos de la préparation du carbure de lithium, que, même avec un courant de 35o ampères et :)0 volts, il ne fallait pas chauffer plus de dix minutes, sans quoi il ne restait cjue du graphite au fond du tube de charbon dans lequel se fait l'expérience. La température de cette préparation présente une grande importance au jjoint de vue du rendement en carbure. Le composé du lithium se dissocie, en effet, plus facilement par la chaleur que le carbure de calcium. La température de décomposition du carbure de lithium est intermédiaire entre celle du carbure de sodium et celle des carbures alcabno-terreux.

» Carbure de caicmm. — Un certain nombre d'expériences nous ont démontré que, dans le four électrique, le carbure de calcium peut être décomposé lorsque l'on emploie des courants d'une grande intensité :

» 1° Lorsque nous avons préparé de petites quantités de carbure de calcium avec des courants de 1200 ampères et 60 volts, il nous est arrivé, si l'expérience dure dix minutes, d'obtenir un résidu formé de graphite pulvérulent, ne contenant plus que des traces de carbure de calcium.

» Il n'y a pas eu volatilisation du composé, car le carbone en poudre est resté dans le creuset. Il est plus vraisemblable de penser que l'on se trouve en présence d'une dissociation du carbure, le calcium distillant avec facilité et le carbone pulvérulent restant comme résidu.

» 2° Dans des expériences faites au moven du tube froid de Deville, et qui avaient pour but d'étudier la condensation de la vapeur de carbone, nous n'avons jamais obtenu de condensation de carbure de calcium. Si l'on chauffe en effet, dans le four électrique, du carbure de calcium fondu, on

ne retrouve sur le tube f!e cuivre, traversé par un courant d'eau froide, que de la poussière de graphite, de la cliaux pidvérulcnte et du calcium; ce dernier, au contact de l'eau, dégage de 1 hvdrogène dont la pureté a élé vérifiée par une analyse eudiométrique.

» Comme les carbures de sodium et de lithium, mais à une température beaucoup plus élevée, le carbure de calcium peut donc se décomposer en métal et en carbone.

» Carbure de magnésium. — En chauffant avec précaution de la poudre de magnésium dans un courant de gaz acétvlène (réaction indiquée par M. Berthclot), on obtient un carbure de magnésium impur, mélangé de charbon, mais fournissant nettement, au contact de l'eau froide, du gaz acétylène.

» Ce carbure de magnésium a élé disposé dans un double creuset de graphite pur et chaufTé dans un tube de charbon fermé à lune de ses extrémités (600 ampères, 60 volts). Durée de l'expérience, six minutes. Après refroidissement, la matière noire retirée du creuset ne donnait aucun dégagement gazeux au contact de l'eau, l.e carbure de magnésium avait été totalement décomposé sous l'action de cette lempérature élevée. Cette expérience nous explique pourcjuoi nous avons pu fondre la magnésie et l'amener à l'état liquide dans des creusets de charbon sans qu'il y ait réduction de cet oxvde. A la température de fusion de la magnésie, le carbure de magnésium ne peut plus exister.

» Conclusions. — En résumé, par l'action du gaz acétylène froid ou par l'action de l'acélvlène liquide, avec ou sans pression, on peut obtenir les composés intermédiaires ou acétvlènes sodés et potassés à l'état de pureté C-KII et C-NaH.

» Par une élévation de température, ces corps peuvent se décomposer : ils produisent un dégagement d'acétvlène et ils laissent, comme résidus, les carbures C='K=' et C=Na-,

)) Par une élévation plus grande de température, ces carbures sont dissociés en métal et en carbone. Le phénomène est identique, bien qu'il se produise à une température plus élevée pour les carbures alcalino-terreux. Il en est de même pour le carbure de magnésium.

» La stabilité de ces carbures, pour des variations de plus eu plus grandes de température, ira donc en croissant des métaux alcalins aux métaux alcalino-terreux.

» Ces expériences établissent que les carbures de potassium, de sodium

el (le magiiésuuii ne peuvent |)as êlre produits à la température du four électrique. »

AXATOMIE GÉNÉRALE. — Mécanisme hlstologique de la cicatrisation; de la réiiniufi immédiate vraie; par INI. L. Ranvier.

« La réunion immédiate ortlinaire, celle qui se produit par l'intermédiaire des fibres svnaptiques, n'est pas la plus simple. Il faut distinsfuer une réunion immédiate synaptique et une réunion immédiate vraie. Cela ressort des expériences que je vais exposer aujouid'hui.

)> On pratique sur la cornée d'un lapin a ixant, au moyen d'un couteau à cataracte, une séiie d'incisions parallèles, les unes superficielles, les autres profondes. Ces incisions doivent être voisines les unes des autres. Il convient qu'aucune ne soit pénétrante. La cornée reste transparente. Presque toutes les jîlaies consécutives aux incisions se remplissent de cellules épilhéliales provenant du glissement et de l'éboulemenl de l'épithélium circonvoisiii. Les cellules épithéliales qui s'avancent en masse sur chacune des lèvres de la plaie arrivent au contact et se soudent. Au bout de •vingtquatre heures, quelle que soit la profondeur de la plaie, celle-ci possède un revêtement épilhélial continu, dans lequel il est impossible de distinguer les lieux de la soudure. Toutes les cellules sont séparées et unies l)ar le même ciment, le ciment interceiluhiire |)hysiologique, qui, comme je l'ai dit dans une Communication récente, se colore en bleu verdàtre par la tliionine.

» Ce phénomène de soudure épitliéliale parait correspondre à la réunion immédiate la plus simple qui se puisse voir. Il n'y est pas employé d'autres matériaux que ceux du tissu lui-même. On ne doit y faire intervenir ni lymplie plastique, ni prolifération.

» Peut-on observer, dans la partie conjonctive de la cornée, des phéno-, mènes du môme ordre ou plus simples encore? Tant que j'ai fait dans cette membrane une ou deux incisions seulement, comprenant le tiers ou la moitié de son épaisseur, il m'a été impossible de le savoir, parce que toujours les lèvres de la plaie étaient écartées l'une de l'autre par la masse épithéliale éboulée. Dans ces conditions, la réunion immédiate vraie ne saurait se produire.

» Il paraissait difficile d'éviter la |)énélration des cellules épilhéliales entre les lèvres de la plaie. Enlever l'épithélium par raclage sur une partie

( 3o9 ) de la surface de la cornée et faire ensuite une incision dans lu partie dénudée semblait fort logique. J'ai tenté l'expérience. Probablement à cause de la violence du traumatisnne ou de l'action du liquide lacrymal, la réunion immédiate vraie ne s'est pas produite. L'épithéliuni s'est avancé à partir des régions oii il avait été ménagé, il est arrivé à la plaie et l'a remplie.

» J'ai des préparations dans lesquelles on voit qu'une des lèvres de la plaie a acquis un revêtement cpithélial, tandis que l'autre en est encore dépourvue. Si l'on avait attendu quelques heures de plus, l'épithéliura aurait, sans doute, envahi la plaie tout entière. Après être descendu sur l'une de ses lèvres, il aurait remonté l'autre pour s'étemlre ensuite sur toute la surface dénudée.

» Cette ex])érience n'avant pas réussi, il a fallu en imaginer uiie autre. Il m'a semblé que si l'on pratiquait un grand nombre d'incisions parallèles, les unes profondes, les autres superficielles, comme il est dit plus haut, il faudrait, pour les remplir toutes, une si grande quantité de cellules que le revêtement épilhélial deviendrait impuissant à les fournir et que quelques-unes des incisions superficielles pourraient ainsi échapper à l'invasion.

» L'expérience a confirmé celte hypothèse. Parmi les petites incisions, surtout celles qui sont entre deux incisions un peu profondes, comprenant par exemple le tiers de l'épaisseur de la cornée, il y en a dont les deux lèvres sont en contact; il ne s'y est pas insinué de cellules épithéliales. X leur niveau, répithéliura de revêtement a été divisé par l'instrument tranchant et cependant on n'y voit plus rien de la solution de continuité. Il s'est réparé suivant le mécanisme de la réunion immédiate vraie, que j'ai indiqué précédemment.

» Tout cela peut être constaté, au bout de vingt-quatre heures, par l'examen de coupes faites, perpendiculairement ii la plaie, sur la cornée convenablement fixée et colorée. Mais c'est seulement vingt-quatre heures plus tard, c'est-à-dire dans des plaies de quarante-huit heures, que l'on peut bien observer les détails de la réunion.

» J'ai déjà montré qu'à ce moment, dans les plaies comblées d'épithélium, les prolongements sectionnés des cellules conjonctives bourgeonnent, végèteni, s'anastomosent les uns avec les autres et forment ainsi, au-dessous de l'épithélium, une membrane protoplasmiquefenêtrée. Il semble évident que si ces prolongements ne s'étendent pas plus loin c'est que l'épithélium les en empêche, et l'on conçoit aisément que ceux qui occupent une des

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lèvres de la plaie s'aiiastomoseraienL avec ceux de l'autre lèvre, si elles étaient en contact.

M Tel est, en effet, le mécanisme rie la réunion immédialc vraie du tissu conjonctif de la cornée dans la plaie de quarante-huit heures, où l'épithélium n'a pas pénétré et dont les lèvres se touchent; on peut voir les cellules conjonctives hvpei'trophiées émettre des prolongements qui s'insinuent dans la solution de continuité, s'anastomosent et forment ainsi une cicatrice protoplasmique résistante.

)) Là pas de ciment, comme dans la cicatrice épiihéliale, mais seulement accroissement du |>rotoj)lasma cellulaire et fusion des |)rolongements protoplasniiques. On pourrait se laisser entraîner à voir dans ce dernier processus un mécanisme plus compliqué parce qu'il est d'ohservation moins facile; mais si l'on va au fond des choses, il est plus simple. Il est dans la nature des cellules du tissu conjonctif de s'unir les unes aux autres par leurs prolongements. Si donc ces cellules déterminent la formation d'une cicatrice en s'anastomosant entre elles, elles ne font qu'obéir à une de leurs propriétés fondamentales.

1) Il peut se faire que quelques cellules épithéliales seulement aient pénétré entre les lèvres de la plaie. Elles forment alors un lobule, une sorte de globe, complètement isolé au sein du tissu conjonctif. On dirait un lobe d'épithéliome lobule. Au-dessus et au-dessous de ce lobe, la plaie est fermée par une cicatrice protoplasmique. Ces préparations sont fort démonstratives. Elles permettent de bien juger de la direction et de la forme de la cicatrice, et de voir comment les prolongements des cellules conjonctives se sont agencés pour l'établir. Certains prolongements cellulaires semblent la traverser simplement. Les deux lèvres de la plaie sont alors unies, à ce niveau, par un simple pont protoplasmique.

)) Quelques expériences que j'ai déjà faites sur la cicatrisation de di\ers tissus m'autorisent à penser que les faits exposés dans cette Note ont une si2;nification très générale. »

PHYSIOLOGIE. — L'ampUation dcl'oreilletle droite du cœui pendant l'inspiration, démontrée par la radioscopie. Note de M. Ch. Boucii.iRD.

« En examinant, par le dos, le thorax d'une jeune fille atteinte d'infiltration tuberculeuse légère du sommet du poumon droit, j'ai remarqué une saillie convexe qui, à certains moments, élargissait à droite l'ombre por-

lée par la colonne tlans une partie correspondant à elle où l'ombre du cœur se montrait à gauche de la colonne.

)) En suivant les mouvements de saillie et de retrait de cette onde noire qui n'était pas due aux mouvements propres du cœur, et en les comparant avec les mouvements alternatifs d'abaissement et d'élévation du foie, j'ai constaté et fait constater que l'ombre faisait saillie à droite du sternum quand le foie s'abaissait et que le retrait vers le bord du sternum s'efTectuait quand le foie remontait.

» En faisant pivoter légèrement le corps sur lui-même, de manière à porter l'épaule gauche un peu en arrière, je vis plus distinctement la masse des oreillettes et arrivai à v reconnaître, ce qu'il n'est pas rare de constater, les battements propres des oreillettes. Je rendis aussi plus évident le gonflement de la masse auriculaire pendant l'abaissement du foie, c'est-à-dire pendant l'inspiration.

» Chez deux autres malades, affectées, l'une d'infiltration légère du sommet droit, l'autre d'induration étendue du sommet gauche, je ne pus pas réussir à faire la même détermination. Je procédai alors à l'examen de deux femmes atteintes d'asthme : chez l'une des deux, seulement, je pus faire la démonstration de l'ampliation que provoque, dans l'oreillette droite. la légère diminution de pression qui se produit dans le thorax pendant l'inspiration et qui fait un appel à la fois sur le sang et sur l'air. J'ai fait la même constatation chez une troisième femme qui n'était affectée d'aucune maladie des organes de la circuhition ou de la respiration. »

PHYSIQUE DU GLOBE. — Sur la qualriéme campagne de la Princes&e-kVice: par S. A. S. Albert Ï*'', Prince de Monaco.

« La Princesse-Alice a quitté Monaco celte année, le 2 juin, dans les conditions habituelles : M3I. le capitaine Carr, le D"" Jules Richard et M. Xeuville secondant mes recherches scientifiques; M. Boutet de Monvel, artiste peintre, pour jjrendre les notes de couleur nécessaires au laboratoire.

» Sauf quelques opérations devant -Monaco, le travail s'est effectué sur la cote occidentale du Maroc, autour de Madère, aux Açores jusqu'n 4oo milles dans le sud de ces îles et dans l'ouest du Portugal.

» Océanographie. — L'Océanographie proprement dite comprend : 5o sondages jusqu'à 553o™ sans compter ceux qui ont été exécutés pour l'hydrographie d'im banc: 21 prises île températures du fond et autant de

la surface; 20 prises d'échantillons d'eau depuis !'^f)Ç)"' jusqu'à .'")44<J"' ^^ autant à la surface.

)) J'ai continué l'élude du banc Princesse-Alire, que j'avais découvert l'an passé; une sui'face importante doit lui être ajoutée dans le sud et le sud-ouest. (Voir la Carte qui accompagne cette Note.)

ion^t/m/e Occzd^ntajie. cLu^ mÀ^i^cUe^v oU. Pojt

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