‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 22 sur 116 · BOWRING (SIR JOHN · texte numérisé non relu

BOWRING (SIR JOHN

Le Gemme du Bien.

Qui n'est jamais cuti froment aride,

Oi> germe et lève le bon grain, Où fleurit la vertu solide ; Bien planter, bien soigner ce généreux terrain Doit êtru chaque jour le devoir qui noua guide.

Avez-vous jamais vu ces parca majestueux,

' Ce» beaux jardiuB tout pimpants de verdure, Ou ces valions délicieux Qui do l'Eden ont In parure ?

Ces plaines, ces odteaux aayles ténébreux Où de l'onuo qui fuit on entend le murmure ?

Ces pares majestueux, cea voilons, ces jardins,

Cea beau* coteaux, cea magnifique? plainea.

Où le merle a des chants divins, Du désert c'étaient les domaines . . .

Ij» main de la culture a semé des chemina Où foisonnaient l'ivraie et les folles aveines.

Tel est l'homme pourtant ! un sol qui produit tout, Do belles fleurs ou de mauvaises herbes,

Do beaui fruits et du plus haut goflt, Ou les poisons les plus acerbes ; Et tout juste selon que son cœur, après tout, Sera semé d'ivraie, ou bien d'dpifl superbes.

Le crime lo plus noir du félon, hora la loi,

Peut bien là haut aux yeux de Notre Père Etre moindre, en dépit de toi, Qu'une Tante journalière; Homme I toi qui commets le péché sans émoi, Et dont la vie enfin n'est quo fange et poussière 1

BRADDON (MISS M. E.)

L'Attïnte.

Deux femmes bo tenaient sur le sable il Vient, La vague sur leurs pieds ondulait de la dune, L'une d'une nain brune ombrageait son regard Contre la chaleur importune.

Je demandai : " Pourquoi veiller près l'océan

D'un soloil ni bruliirf l j n 3 (luulilc cm:iir le» flammes?"

— " l'our revivre attendons je no saie qnel élan,

Toutes deux attendons Dca finies," —"Vos âmes! . . ," m'é«rlai-jc, "elles ont leur étui En vous."— Un rire amer fit tressaillir la plage. — "Mon âme, elle partit," dît l'une, "avec- celui

Qui mourut au lointain rivage.

"Et depuis ce j.mr 1;l .le ci' qu'Ouïs, liélaal

Jo ne suis plus que l'ombre, oui que l'ombre inutile.

En l'ayant je pleurai : " Votre eceur oit brise'," l.i:-. i;' : '■ ic o iiii:i c:n!^ ili.ui jr.;. ili- irri' m it.--'' — " Non," dit-elle, " hkii creur n'est r j i s 11 pulvérisé,

Maintenant je ne suis que morte.

" Quoiqu'il y «ut pourtant tout un monde entre nous. Je le sentis mourir; ,\ son heure dernière.

Un funèbre frisson Et trembler mes genoux.

C'était son adieu, sa prière.

" Ses amis épiant lo retour du vaisseau 8'cn venaient lanterner bien souvent sur la plage, Sans crainte et sans etqjoir je leur disais : 'Tout beau I* Ne la reverrez a l'ancrage.

" Et l'on m'appela folle,— on passa son chemin ; Moi je guettai lo flot se déferler en lame, Mais jamais uo le vis revenir mon marin ....

El jo perdis ainsi mon fime."

L'autre femme ne fit pae un seul mouvement.

—"Et celle-là?" lui dis-je, "elle vous fait escorte?" — Ne la connais, mais sais qu'elle pleure un amant . . Elle paraît comme moi mort*."

" L'araour," dis-je, "n'a pas qu'un jour,— vite ielipsi: Les plus noirs hivers font les plus fraidu'a pensées;

Ilirll !:i kl.' :LL-:- ! (ill pSSSO " . . .

Nus espuir- ont ,-omlirr \\ Iras de pur les bruines, NV ipi./t'jtis l.i pitié— pourquoi tous désoler?

Nous n'avons pleuré,— nous uiourfimes 1 " L'autre ne disant mot, les quittai toutes deui, Et sur elles ne pus en savoir davantage, Mais toujours ma mémoire ont un culte picui

Pour ces doux mortes do la plage.

OWNE (FKAJNCE3).

Les Ruisseaux.

tint éviiillé les édios et les bois, Diles pourquoi nuis évoquez encore

Songes houreui des jouvenceaux, rar nos sombres jours jetez nouvelle auroro Dites pourquoi, dites cliarmauts ruisseaux ?

st devenu gris, il a vieilli le monde,

A lui mallieur ! malheur 1 Mais vons ruisseaux, votre oni

A tout jamais votre fraîche musique

A pour nous des accorda nouveaux, Du monde primitif vous chanter le cantique,

Joyeui ruisseaux, admirables ruisseaux I

Vous savez rappeler par vos .tendis m Des voilons les ér Toujours vos ondes pures Savent causer et des monts et des bois :

Vous égayez le cœur de la vieillesse, De l'éill voua calmez les m&ui, De bien doux souvenirs vous réchauffes l'ivresse

Elles changent trop tût en fontaines amèrea

Et ect ondes légères Un beau jour luit qui les boit sans retour; Mais do l'Été les rayons de lumière

Seraient-ils longtemps vifs et chauds, Ils se ]m'h?scnt mieux, sur vos lits de fougère, Gentils ruisseaux, immuables ruisseaux I

Bardes et ménestrels dans le lointain des âges Auteurs dn gai savoir, A vos doux gaaouîllagca Sans doule ont pris leur magique pouvoir?

Car il mo semble en leur simple harmonie En leurs hymnes, en leurs rondeaux Retrouver la fraîcheur et la grftce infinie

De vos doux chants mes Étemels ruisseaux 1

Au bruit des eaux qu'eu la suprême voix !

Car de nos jours où le fleuve sonore

Et le torrent roulent leu" eaux, La grande voix do Dieu, n<

LA MÈBE QUI PLETJBB BON EHFAHT AVEUGLE. 81

BROWNING (MES. ELIZABETH BARRETT).' La Mèbe qvi pleuhe bon Eut ait aveugle.

PleuR£b-tu, mite désolée Pour ton enfant aveugle a présent au tombeau?

Parce que ton ame isolée, Ne peut plus a la sienne allumer son flambeau ?

Que tu ne peux plus, toi sa mère, Mener le pauvre aveugle il la nuit condamné

Par les (Jour sentiers que naguère Tu choisissais pour lui,- le clicr prédestiné'/

Parce que tu ne peux encore Lui prouver le soleil par sa vive chaleur,

Ni lu cours du ruisseau sonore Par le bruit de ?cs eaux qui chante le bonheur?

Parce qu'il ne t'est plu.; possible Lui faire deviiit'r les buis par leur fraîcheur,

La fleur par ton parfum . . . visible . . .

Pleures-tu more désolée De ne pouvoir revoir ses deux pauvres yeux clos,

Cette porto dn jour scelles Aux beautés du soleil r.e mirant dans les flots I

Et sous laquelle, aourianto, La bouche de l'enfant cependant te montrait,

Comme l'homme qui dans l'attente Près le seuil d'un ami patient fait le guet.

Pleures tu cette douce étreinte De aa gentille main s'enlayant à ta main.

Ne su dégageant pas par iustiiu I ■ in I. i n.iin V

Sa voix, sa douce voix chuchotant h ton cœur

Ces gentils mots d'amour si tendre,

Plus doux encor, parlés dans sa nuit sans lueur 1 Mais puisque, mère désolée,

Tu fus pour cot enfant la lune et le soleil,

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