‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 32 sur 116 · SUR LA TAMISE · texte numérisé non relu

SUR LA TAMISE

Quand la ferveur donnait à l'amitié des ailes, Quand 1» musique aussi nous ravissant lo ccenr, Nuus faisait éprouver sensations nouvelles, Si qu'en l'œil (ia ctiacun souvent tremblait un plcurl Oh ! de par ces beaux yeux rougissant d'être humides, Oh 1 disons que nos cceurs, encor qu'ils soient Suais, Un l'hiver glacial n'ont pas encor les rides,

Qui font du souvenir lu ■rriuiil iiim peut-être, Et lo seul qui survive au tempsl

Nous n'avions pas alors cet air d'indifférence A peine il y s quelques ans !

Le monde n'avait pas sur nous déteint d'avance A peine il y a quelques ans :

Mais l'éclat disparaît de chaque front superbe,

Ët notre verve aussi passe et se réfroidit ;

Nouvelles amitiés a peino a l'état d'herbe,

Ne pouvons certes pas les porter au zénith !

[Wquoi donc égorger et massacrer les vieilles?

Ici de par l'amour et la sincérité,

Cramponnons -no m am iii'in-... du printemps les merveilles, Et dons l'hiver encor sachons trouver l'été :

Ainsi certes il en doit être:

A peine y a-t-il quelques ans Les parfums de ces Heurs étaient si séduisants ! Sachons lo retrouver encor co doux bien-être.

No mourrons pas avant le tompB !

HENHAM (Snt JOHN)-* Sue la Tamise.

Hieh qu'elle ne ressemble 1 ce fleuve sauvage Qui roule dans ses flots l'ambre et dos sables d'or, Si vous voulez savoir oh reluit son trésor, Ne fouillez dans son lit, — regarde! son rivage.

112 F BAGUENT IH" POÈMK DE BM.DER.

DOBELL (8IDNEY).

Fbàoment du Poème de Bàldek.

actsE ii.

(De lu chambre conlipui-, à Ii-:ivits lu |inrte rntr'mirerte, mi entend le balancement d'un berceau et la voii d'Amy.)

Comme de mer en mer h brise dégoisée S'en va trouver le vent dans son antre profond, Par la pluie et par la roséa.

Dem (taules inarii'* vivent [in-s (lu ruisseau Lït-bas; — dodo, l'enfimt, le vent mugit, dodo, —

Il entend du printemps ailleurs eourdir In eèïc. Il entend bourgeonner la feuille qui se lève ;

Sa tête o'iucline écrasée Sous la pluio et sous la rosée.

Sous lo saule s'en va miroitant le ruisseau : — Dodo, l'enfant, doilo, le vent mugit, dodo,—

De l'été" la fcuDIc do rose Glisse sur le ruisseau comme glispe un bateau ;

L'hiver au souffle grandiose

Fait promener sur lo ruisseau La fcuillo qu'il arrache au chêne du liameau ; Uals, malingre, 1q saule il projeté dans l'eau

Sa silhouette tamisée

Sous la pluie et sous la rosée.

Jusqu'au saule le vent fait gonfler le ruisseau Parfois ; — Dodo, l'enfant, lo vont mugit, dodo,—

Puis le ruissoau perfide S'aftaisse «près avoir passé sa lèvre humide

Sur les doigts effilés du pauvre arbre pleureur ; Lors dans ses yeux le pleur succède nu pleur, Et de sa paupière irisée Am rayons du soleil tombe en pluie, en rosée.

Les ans viennent, les ans s'en vont, ITélas I hélas I hélas I c'est le loi de la vie ! Sous mes yeui cependant, d'un éclat qui confond

Miroite un ciel à faire envie ; Hélas 1 hélas I hélas 1 c'est le lot do la vie ! Ls printemps a'éjouit dans le saule joyeux,

Vert, bien portant, et plantureuï ; -Vi saulu toi;t ilii:*if et qui sViit [h-li d'envii;

Il donne à peine et le souffle et la vie ; Faisons doucettement monter jusquea aux cieui Ce doui refrain: "11«I;lsI c'est 1« lot delà via!" C'est ce qui fait que moi, pauvre saule pleureur.

Je m'affaisse sous la douleur.

Et vibre un long sanglot de mon iiuie brisée Sous uu eoleil brillant, la pluie ou la rosée.

DORAN (DE.) Chants paiiui leb Fleceb.

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