‹ Rayons "N"Chapitre 7 sur 16 · SUR UNE NOUVELLE ESPECE DE LUMIERE. I I · texte numérisé non relu

SUR UNE NOUVELLE ESPECE DE LUMIERE. I I

due angulaire. L'étude de cette dispersion reste à faire, ainsi que celle des longueurs d'onde.

En diminuant progressivement l'intensité du courant qui actionne la bobine d'induction, on obtient encore les nouveaux rayons, alors même que le tube ne produit plus aucune fluorescence et est lui-même absolument invisible dans l'obscurité; ils sont toutefois alors plus faibles. On peut aussi les obtenir d'une manière continue, à l'aide d'une machine électrique donnant quelques millimètres d'étincelle.

J'avais attribué précédemment aux rayons de Rontgen la polarisation, laquelle appartient en réalité aux nouveaux rayons; il était impossible d'éviter cette confusion avant d'avoir observé la réfraction, et ce n'est qu'après cette observation que j'ai pu reconnaître avec certitude que je n'avais pas affaire aux rayons de Rontgen, mais bien à une nouvelle espèce de lumière.

Il est intéressant de rapprocher ce qui précède de l'opinion émise par M. Henri Becquerel que, dans certaines de ses expériences, « des apparences identiques à celles qui donnent la réfraction et la réflexion totale de la lumière pourraient avoir été produites par des rayons lumineux ayant traversé l'aluminium (* ) ».

(') Comptes rendus, t. XXXII, 20 mai's 1901, p. 7.39.

Sur l'existence, dans les radiations émises par un bec Auer, de rayons traversant les métaux, le bois, etc.

(11 mai 1903.)

Un tube focus émet, comme je l'ai constaté, certaines radiations analogues à la lumière, et susceptibles de traverser les métaux, le papier noir, le bois, etc. (*). Parmi ces radiations, il en existe pour lesquelles l'indice de réfraction du quartz est voisin de 2. D'autre part, l'indice du quartz pour les rayons restants du sel gemme, découverts par le professeur Rubens, est 2,18. Cette ressemblance des indices m'a conduit à penser que les radiations que j'ai observées dans l'émission d'un tube focus pourraient bien être voisines des rayons de Rubens, et que, par suite, on pourrait peut-être les rencontrer dans l'émission d'un bec Auer, qui est la source de ces rayons. J'ai alors fait l'expérience suivante : un bec Auer est enfermé dans une sorte de lanterne en tôle de fer, close de toutes parts, à l'exception d'ouvertures destinées au passage de Pair et des gaz de la combustion et disposées de manière à ne laisser échapper aucune lumière; une fenêtre rectangulaire large de 4cmj haute de 6cm, 5, pratiquée dans la tôle à la hauteur du manchon incandescent, est fermée par une

(x) Voir p. 6.

sur l'existence de rayons traversant les métaux. j3

feuille d'aluminium épaisse d'environ omm,i. La cheminée du bec Auer est en tôle de fer; une fente large de 2mm et haute de 3cra, 5 y a été pratiquée vis-à-vis le manchon, de façon que le faisceau lumineux qui en sort soit dirigé sur la feuille d'aluminium. Hors de la lanterne, et devant la feuille d'aluminium, on place une lentille biconvexe en quartz ayant i2cm de distance focale pour la lumière jaune, puis, derrière cette lentille, l'excitateur donnant de très petites étincelles, que j'ai décrit dans une Note précédente (*) : l'étincelle est produite par une bobine d'induction extrêmement faible, munie d'un interrupteur tournant fonctionnant avec une très grande régularité.

La distance p de la lentille à la fente étant de 2Ôcm, 5, on constate, à l'aide de la petite étincelle, l'existence d'un foyer d'une grande netteté à une distance p' — 1 3cm, 9 environ : en ce point, en effet, l'étincelle prend un éclat notablement plus grand qu'aux points voisins, situés soit en avant ou en arrière, soit à gauche ou à droite, soit plus haut ou plus bas; la dislance de ce foyer à la lentille peut être déterminée à 3mm ou 4ram près. L'interposition d'une lame de plomb ou de verre épais de 4mm fait disparaître l'action sur l'étincelle. En faisant varier la valeur de />, on obtient d'autres valeurs de //, et en substituant ces valeurs dans l'équation des

(') Voir p. 1.

Lentilles, on obtient pour l'indice la valeur 2,90, moyenne de déterminations aussi concordantes qu'on pouvait l'attendre du degré de précision des observations. Des expériences analogues, exécutées à l'aide d'une autre lentille de quartz ayant une distance focale principale de 33cm pour les ravons jaunes, ont donné pour l'indice la valeur 2,942.

En poursuivant ces expériences, j'ai constaté l'existence de trois autres espèces de radiations, pour lesquelles l'indice du quartz a les valeurs respectives 2,62; 2,436; 2,29. Tous ces indices sont plus grands que 2, ce qui explique le fait suivant : en plaçant sur le trajet des rayons sortant de la lentille un prisme de quartz dont l'angle réfringent est de 3o°, disposé de façon à recevoir ces rayons dans une direction sensiblement normale à l'une des faces réfringentes, on n'obtient pas de faisceau réfracté.

Les radiations émises par un bec Auer à travers une lame d'aluminium sont réfléchies par une lame de verre poli suivant les lois de la réflexion régulière, et sont diffusées par une lame de verre dépoli.

Ces radiations traversent toutes les substances dont j'ai essayé la transparence, à l'exception du sel gemmé, sous une épaisseur de 3mm (4); du plomb, sous une épaisseur de omm, 2 ; du platine, sous une épaisseur de olum,4, et de l'eau. Une

sur l'existence de rayons traversant les métaux. IJ

feuille de papier à cigarettes, qui est complètement transparente quand elle est sèche, devient absolument opaque lorsqu'elle est imbibée d'eau. La figure ci-contre reproduit les impressions faites en 4o secondes sur une plaque sensible, sans appareil photographique, avant et après que la feuille de papier interposée entre la lentille et l'étincelle eût été mouillée : la photogravure, faite d'après un tirage sur papier, montre que dans le premier cas l'étincelle est notablement plus éclatante.

Ces impressions photographiques sont produites par la petite étincelle, modifiée par les rayons, et non par les rayons eux-mêmes : ceux-ci n'ont produit aucun effet photographique appréciable au bout d'une heure de pose.

Parmi les corps traversés, je citerai le papier d'étain, des feuilles de cuivre et de laiton de omm,2 d'épaisseur, une lame d'aluminium de omm,4> ime lame d'acier deomm,o5,une lame d'argent de omm, i , un cahier de papier contenant 21 feuilles d'or, une lame de verre de omm, 1 , une lame de mica de omm,i5, une plaque de spath d'Islande de 4mm? une plaque de paraffine de icm, une planche de hêtre de icm, une lame de caoutchouc noir de imm, etc. La fluorine est peu transparente sous une épaisseur de 5ram, de même le soufre sous une épaisseur de 2mn% et le verre sous celle de imm. Je ne donne tous ces résultats que comme une première indication, car on n'a pas tenu compte, pour les obtenir $

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de la coexistence de quatre espèces de radiations dont les propriétés peuvent être différentes (5).

Il sera d'un haut intérêt de rechercher si d'autres sources, et en particulier le Soleil, n'émettent pas des radiations analogues à celles qui font l'objet de la présente Note, et aussi si celles-ci ne produisent pas d'action calorifique (6).

Maintenant, ces radiations doivent-elles être, en réalité, considérées comme voisines des radiations à très grandes longueurs d'onde découvertes par le professeur Rubens? Leur origine commune dans l'émission d'un bec Auer est favorable à cette opinion; l'opacité du sel gemme et de l'eau l'est aussi. Mais, d'autre part, la transparence pour les rayons du bec Auer des métaux et d'autres substances opaques pour les rayons de Rubens constitue une différence, en apparence radicale, entre les deux espèces de radiations (7).

Sur de nouvelles sources de radiations susceptibles de traverser les métaux, le bois, etc., et sur de nouvelles actions produites par ces radiations.

(25 mai 1903.)

En recherchant si des radiations analogues à celles dont j'ai signalé récemment l'existence dans l'émission d'un bec Auer (' ) ne se rencontreraient

( ' ) Voir p. i2.

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