‹ Réactions abdominales au cours des pneumococciesChapitre 5 sur 34 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La pneumonie est une affection assez fréquente chez les enfants, elle évolue habituellement de la façon la plus simple, aboutissant à la guérison au bout d’une période de huit à neuf jours.

Un enfant est pris subitement en pleine santé d’un frisson violent et prolongé, en même temps que sa température monte à 40°. Cette invasion brutale est le plus souvent accompagnée de vomissements. Peu de temps après, vers la fin du premier jour habituellement, l’enfant se plaint d’un point de côté très douloureux, que rendent encore plus insupportable les mouvements respiratoires et les vomissements. La percussion de la région pulmonaire qui est atteinte donne de la submatité, en même temps que l’auscultation permet de percevoir des râles crépitants fins qui éclatent vers la fin de l'inspiration.

Les jours suivants, les symptômes fonctionnels deviennent plus alarmanis encore. Le point de côté devient peut-être un peu moins violent, mais le petit malade est en proie à une agitation violente. Sa face est brûlante, ses yeux sont brillants et la dyspnée lui cause une cruelle souffrance. Sa température se maintient autour

de 40°. Ses urines sont foncées et rares, riches en urée et en acide urique mais pauvres en chlorures. Dans la région malade, la matité est très accentuée. Il y a de la bronchophonie et la respiration prend un timbre rude qu'on nomme souffle tubaire.

Enfin, au bout de huit à neuf jours, ces symptômes bruyants cèdent tout à coup et en 24 heures parfois la température est revenue à la normale. Cette défervescence brusque est accompagnée de phénomènes de crise : sueurs, diarrhée, épistaxis et surtout abondante émission d'urine contenant une grande quantité de chlorures. Le petit malade entre aussitôt en convalescence. « La guérison complète, dit Barrier, arrive rapidement. »

Telle est l’évolution ordinaire de la pneumonie chez l'enfant. Elle comporte presque toujours un pronostic favorable et l’on peut dire que la guérison est la règle.

« C’est à peine si je pourrais être taxé d’exagération, a dit Cadet de Gassicourt dans ses leçons de clinique sur les maladies de l’enfance, en vous disant que la pneumonie franche guérit presque toujours chez les enfants de 2 à 15 ans. Je n’ai eu qu’un seul cas de mort sur 70 malades. »

Les statistiques de la plupart des auteurs se montrent toutes des plus optimistes (Rilliet et Sanné : 2 0/0; Comby : 30/0 ; Barthez: 6,94 0/0).

Mais, dans certains cas, la pneumonie peut suivre une . marche tout à fait différente. C’est qu’en effet la pneumonie n'est pas une maladie purement locale mais bien la manifestatior locale d’une infection généralisée pneumococcique. Le pneumocoque a de l’affinité pour le

NE EAP

poumon comme le gonocoque se localise plus volontiers

.sur les articulations, le bacille d’'Eberth sur l’appareil de l'intestin grêle. Il peut venir aussi se fixer d’une façon plus ou moins intense sur le péritoine et le tractus digestif. Les symptômes et la marche de la pneumonie se trouvent alors modifiés d’une façon sensible,

Page 1