III. — Pleurésies septiques
C’est encore une pleurésie purulente d’emblée,
mais où l’ensemencement massif de la plèvre n’est
plus dû uniquement au bacille de Koch, mais aussi, et surtout, à des microbes, tels que pneumocoques, streptocoques ou staphylocoques (obs. XXII). Aux symptômes fonctionnels habituels d’une pleurésie tuberculeuse, à début suraigu, s'ajoutent, comme dit Scholler (151) : « les symptômes d’une maladie infectieuse aiguë.» Dans l’observation XXI, le point de côté violent et l'extrême dyspnée des premières heures passés, nous avons même eu l'impression d’une véritable septicémie (facies terreux, poussée thermique à 40° avec frissons, collapsus cardiaque).
C’est ainsi que Burnand (44) a pu trouver un streptocoque dans le sang d’une de ses malades.
Le diagnostic sera à faire avec la pleurésie tuberculeuse purulente d'emblée, mais nous aurons en faveur de la pleurésie septique :
a) Des antécédents immédiats d'infection (angine, grippe, thyphoïde) ou plus souvent de perforation pulmonaire ;
b) Le tableau classique d'une infection aiguë, voire mème d'une septicémie, se superposant aux symptômes d’origine pleurale ;
c) La présence d’un autre germe que le bacille de Koch dans le pus de l’épanchement.
La pleurésie abandonnée à elle-même, le pronostic est fatal. M. Al. Pissavy déclarait (425), en 1995, que toutes les pleurésies septiques qu’il avait observées, s'étaient terminées par la mort et il concluait : « la crainte de la pleurésie septique reste toujours, pour le médecin chargé de conduire un pneumo-