I. — Pronostic des réactions liquidiennes
a) I ne semble pas dépendre de la date d'apparition. Cependant la précocité de l’épanchement semble prédisposer à une autre localisation bacillaire et à la symphyse précoce.
b) Il varie suivant le mode de début de la pleurésie. S'il est suraigu, l’évolution n’est favorable que si l'épanchement est séro-fibrineux. Dans les pleurésies à début aigu ou insidieux, le pronostic est bon et l’action de la pleurésie peut même être bienfaisante.
c) Le mode d'évolution est aussi un élément du pronostic. Les pleurésies à résorption rapide ont une évolution souvent favorable. Les pleurésies
intarissables ne retentissent pas beaucoup sur l’état général ; mais les ponctions répétées peuvent amener des ensemencements de la paroi particulièrement redoutables.
d) Il faut faire état enfin de la nature de l'épanchement. Un caractère secondaire de purulence ne donne pas à l’épanchement un degré plus élevé de gravité; Nous avons même observé plusieurs ma-. lades où l’état général s’est amélioré du jour où la purulence est survenue. Les pleurésies purulentes d'emblée sont très graves. Les pleurésies hémorragiques sont bénignes.
Il. — Comment expliquer l'influence favorable
de certains épanchements ?
Un rôle mécanique de l’épanchement peut expliquer l’action bienfaisante de certaines pleurésies.
Un facteur Aumoral est aussi à envisager. Il y a, en eflet, possibilité de passage de certaines substances de l’épanchement dans les humeurs de l'organisme. Cette possibilité, que l'anatomie et la physiologie laissaient prévoir, est bien mise en lumière par l'étude de l'absorption pleurale des gaz, du bleu de méthylène, de l'huile de foie de morue et de l’antigène méthylique. Les modalités de cette absorption pleurale sont réglées par l’état anatomique de la plèvre. Un premier stade d'irritation congestive semble favoriser l'absorption qui diminue et se ra-
lentit au fur et à mesure que s'installe la pachy-
pleurite. Les plèvres exercent ce pouvoir d’absorption sur les épanchements du pneumothorax puisque les anticorps sanguins augmentent à l'apparition d’un exsudat et diminuent lors de sa disparition. Il est donc difficile de ne pas admettre la résorption par la plèvre d’un antigène tuberculeux.
D'autre part, les liquides pleuraux contiennent en grand nombre des baciiles de virulence atténuée, que ce soit par le fait de propriétés inhibitrices (Rist) ou par simple vieillissement (Bezançon).
Ces éléments étant réunis, nous risquons l’hypothèse suivante : l'influence de l’épanchement semble dépendre de la résorption plus ou moins importante, à travers une plèvre plus ou moins épaissie, de bacilles plus ou moins vieillis. On peut supposer toute une gamme de sur-infections, ou mieux d’auto-infections, qui, massives, seront néfastes et, légères, renforceront l’immunité. Les scléroses pulmonaires à point de départ pleural (Morelli) viennent peut-être d’une résorption de bacilles atténués, au point de pouvoir provoquer seulement des
réactions sclérosantes.