SCÈNE V
Les MÊMES , PEPITO, sortant du corridor à gauche.
PEPITO, à Rebecca.
Tout est en ordre... et vous pouvez, signora , vous rendre près de votre père... (Montrant la gauche.) Là... dans ce corridor... Criant près de la porte.) Pielro ! conduisez la signora au n° 17. (Rebecca sort par la porte à gauche, après avoir serré la main de Gianina.) GIANINA.
Pourquoi ne la conduis-tu pas loi-même ?
PEPITO.
Vous me le demandez?... Pour rester un instant avec vous... Vous comprendriez ça , mamselle, si vous m'aimiez seulement un peu... Mais vous ne pouvez pas, ça vous est impossible !
GIANINA.
Qui sait?
PEPITO , avec joie.
Qu'est-ce que vous me dites là?
\ GIANINA.
Que lu es un brave et honnête gaçon... qui n'as qu'un défaut...
PEPITO.
Que ça?...
GIANINA.
C'est d'avoir peur... toujours. ...et de tout.
PEPITO, avec tendresse.
Ça n'est pas un mal , mamselle, si j'ai peur de tout... J'aurai peur de déplaire à ma femme !... GIANINA, désarmée.
C'est mieux, ce que tu dis là ! l't, vrai, Pepilo, si mon oncle voulait...
REBECCA
PEPITO.
Mais vous savez bien qu'il ne veut pas ! attendu que je n'ai rien... et qu'il lui faut, avant tout, un neveu qui ait de la fortune! aussi... pour en trouver une, je me jetterais du haut en bas de la citadelle...
GIANINA.
Bien vrai?...
PEPITO.
Ah ! vrai I vrai ! car je vou s aime , voyez-vous plus que ma vie!
GIANINA.
C'est bien, c'est comme ça qu'il faut aimer
Et s'il ne tenait qu'à toi de m'épouser , en gagnant à l'instant un capital de cinq mille ducats?
PEPITO.
Ah!...
GIANINA.
Chut!...
PEPITO.
Et pour cela que faut-il faire?
Une bonne action! sauver un innocent... un homme d'honneur !...
PEPITO.
C'est dit !
GIANINA.
Le jeune marquis de Palavicini...
PEPITO, à part.
0 ciel ! (Haut et tremblant.) Chut !
GIANINA.
Eh bien?...
PEPITO.
Eh bien!... et si on était découvert.
GIANINA.
On ne te découvrira pas... Tu as les clés de toutes les portes... c'est toi qui surveilles les autres surveillans... C'est toi qui, le soir, faisla dernière ronde...
PEPITO.
Je sais bien... mais c'est égal !... On risque beaucoup, on risque tout...
GIANINA.
Eh bien !... et toi qui voulais mourir pour moi... toi qui m'aimes plus que ta vie... Tu me l'as dît?
PEPITO.
C'est vrai !.. . c'est vrai!... on dit ça !... Mais c'est que de quitter la vie...
Ça t'effraie ?
PEPITO.
Du tout... ça m'est bien égal!... Et si ce n'était que cela... Mais ça m'empêchera de vous épouser.
GIANINA.
Mais si lu réussis... ce quresl certain, songes-y donc Pepilo, une bonne action dont la récompense est là... (Montrant son gousset.) et là... (Montrant son cœur.) Et si un jour le marquis de Pala-
vicini revient au pouvoir... voilà notre fortune assurée... des honneurs... des places... Et puis... et puis... (Avec coquetterie.) je l'aimerai I PEPITO, avec transport.
C'est vrai! c'est vrai... une dot aujourd'hui, vous ensuite... vous surtout...
GIANINA.
Eh bien?...
PEPITO.
Eh bien! mamselle .. eh bien ! ma chère Gianina...
GIANINA , vivement.
Eh bien ?
PEPITO.
Eh bien!... (On entend un son de cloche. — Avec effroi.) Qu'est-ce que c'est que ça?... Le tocsin d'alarme!... Est-ce qu'on aurait déjà découvert quelque chose? ..
GIANINA.
Eh non! c'est le premier coup pour le déjeuner des prisonniers... Je vais m'en occuper... Dépêche-toi... il n'y a pas de temps à perdre !
(Elle sort par la porte à droite.)
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