‹ Rebecca, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 18 sur 43 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

GIANINA, REBECCA, FÉDÉRIC.

FÉDÉRIC

Allons, et quoi qu'il en dise !...

REBECCA , causant avec Gianina.

Il sera sauvé, tu me le promets?...

GIANINA.

Pepito s'en charge... et dès ce soir...

REBECCA

Ah ! c'est tout ce que ie demande au ciel ! Taistoi... c'est lui !... (Avec joie et le lui montrant.) C'est lui!...

FÉDÉRIC

Mademoiselle!... j'aurais à vous parler...

REBECCA

A moi?...

FÉDÉRIC

D'une importante affaire... qui peut-être va vous rendre bien malheureuse... Mais le malheur, je l'espère, sera de peu de durée...

Je m'y résignerai sans me plaindre, monsieur, s'il ne doit pas atteindre ceux que j'aime... s'il épargne mon père.

FÉDÉmc.

C'est un moyen de le sauver... de le rendre à la liberté....

REBECCA

On m'avait assuré qu'aucun danger ne le menaçait... Il y en a donc que j'ignorais?... et de plus grands encore !... Parlez, monsieur, parlez ! que faut-il faire?... J'ai de la force... du courage... rien ne m'effraiera... Tous les sacrifices, tous les lourmens qui me seront imposés, je m'y soumets... j'y consens d'avance...

FÉDÉRIC

Eh bien! donc !... Mais, quelque inattendue... quelque terrible que soit ma proposition, promettez-moi de ne pas m'en demander les motifs... Vous ne pouvez les connaître aujourd'hui... demain... peut-être... et d'ici-là, croyez seulement qu'il faut des raisons bien graves pour que je vienne ainsi, contre toutes les convenances, vous faire une offre pareille.

REBECCA

Vous m'effrayez beaucoup, monsieur... Qu'est-ce donc?...

FÉDÉRIC

C'est de m'épouser...

REBECCA , pousse un cri et tombe à moitié évanouie dans les bras de Gianina.

Ah!

Mamselle!... mamselle..,. revenez à vous !...

FÉDÉRIC , à part, la regardant.

J'en étais sûr'... Ascanio a raison... il est aimé !... et l'idée seule d'une autre union... REBECCA.

Vous, monseigneur!... vous... le marquis de Palavicini... Ce n'est pas possible... je ne suis, qu'une fille du peuple...

FÉDÉRIC

Peu m'importe !...

REBECCA

La fille d'un orfèvre... el, plus encore, songez-y bien, monseigneur... la fille d'un juif... Issachar, mon père, est un juif.

FÉDÉRIC , à part et la regardant.

Ali]! si Ascanio était là... il serait content!... La pauvre fille fait tout ce qu'elle peut pour se défendre... (Haut, avec bonté.) Je sais tout cela, mon enfant, et cela ne m'empêche pas de vous dire... voulez-vous m'épouser... à l'instant?

REBECCA

A l'instant I...

FÉDÉRIC

Oui , vraiment.

REBECCA

Moi?...

FÉDÉRIC

Oui, sans doute... A moins... que, de votre part, un obstacle invincible...

REBECCA , vivement.

Non, monseigneur, non!... Mon père avant tout!... et dès qu'il s'agit de le sauver...

REBECCA

FEDER1C, lui prenant la main.

Ah l... c'est bien, mon enfant, c'est bien! vous avez là un noble et généreux sentiment dont vous serez récompensée...

REBECCA , avec émotion.

Ali ! je le suis déjà... Gomment, monsieur...

FÉdÉRIC.

Adieu!... Pendant près d'une heure encore les prisonniers peuvent communiquer entre eux. Je vais parler à votre père... (Il la salue et sort.) Adieu !

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