SCÈNE XIIJ
FÉDÉRIC , sortant du corridor à gauche, pendant ces derniers mots, ASCANIO , GIANINA.
Avancer l'heure!... Ah! ce n'est pas possible!
FÉDÉRIC
Si , mes amis !.. c'est probable, par prudence. (Gaîment et bas à Ascanio.) Et vous voyez que j'ai bien fait de ne pas vous écouler et de me presser...
ASCANIO
Comment ! monsieur.
FÉDÉRIC
Tout est terminé... un bon mariage bien en règle... et tous mes biens et titres assurés, après moi, à la marquise de Palavicini,
ASCANIO, avec désespoir.
Ah ! monsieur... monsieur !...
FÉDÉRIC, lui serrant la main.
Silence I
GIANINA.
Comment , monsieur...
FÉDÉRIC, se retournant vers Gianina, qui a passé de l'autre côté.
Tiens, ma bonne Gianina, garde cette bague... elle te vient d'un ami, et tu la porteras le jour de ton mariage... (S'approchant d'Ascanio, et, à demi-voix, pendant que Gianina a été s'asseoir près de la table, à gauche, en cachant ses yeux dans son mouchoir.) Quant à vous , Ascanio , je ne vous donne rien... je vous laisse tout ce qui peut vous rendre heureux! C'est une digne et noble fille qui vous aime... et, pour la décider à m'épouser... il n'a pas fallu moins que le salut de son père... Vous lui demanderez pardon pour moi de la peur que je lui ai faite et des chagrins que je lui aurai causés en ménage... Grâce au ciel, ils n'auront pas été longs!... (Se retournant.) Eh bien! Gianina, tu pleures!... et vous aussi, Ascanio... Allons , mes amis , du courage , et félicitez-moi , au contraire...
AIR : Ne vois-tu pas , jeune imprudente.
Oui , voyageur impatient ,
Ce départ va bientôt me rendre
Mon père qui , parti devant,
Là-haut, dès long-temps doit m'attendre.
Je vais , loin d'un joug détesté,
Près de vous trouver, ô mon père !
Le bonheur et la liberté
Que je n'ai pu trouver sur terre !
GIANINA et ASCANIO, écoutant.
Le bruit redouble !
REBECCA
©OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOûOOOOOOOOOOJO